Anne Hébert sous un nouvel angle

Deux des artisans du documentaire Anne Hébert et... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Deux des artisans du documentaire Anne Hébert et le régime seigneurial : la réalisatrice Stéphanie Lanthier et le professeur au département d'histoire Benoît Grenier.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Un tout nouveau documentaire sur Anne Hébert explore un angle jusqu'ici inexploré de l'écrivaine et de son oeuvre, cette fois en s'intéressant à son univers seigneurial.

Anne Hébert provient de « deux éminentes familles seigneuriales », soit les Taché et les Juchereau-Duchesnay. Elle séjourne régulièrement, au cours de sa vie, au manoir familial à Sainte-Catherine de Fossambault.

Professeur au département d'histoire de l'Université de Sherbrooke, Benoît Grenier est un historien du régime seigneurial. Il mène actuellement une étude sur les persistances du régime seigneurial après 1854.

« Quand j'ai fini ma thèse, j'ai réalisé qu'au Québec, la fin du régime seigneurial est établie en 1854, mais ça faisait longtemps que je m'apercevais que la fin ne voulait pas dire grand-chose, car à bien des égards le mode de vie seigneurial continuait. J'avais l'intention de creuser cela depuis longtemps », raconte d'entrée de jeu M. Grenier.

C'est à la suite d'un colloque organisé en 2016 pour souligner le centenaire de cette figure marquante du Québec qu'est née l'idée de produire un documentaire en lien avec cette question et la célèbre écrivaine.

Le film permet d'aller à la rencontre de plusieurs témoins liés à l'univers seigneurial d'Anne Hébert.

« Le bonheur, c'est que les gens ont une fierté à se raconter, à rendre compte de ce qu'ils savent par rapport aux persistances seigneuriales, à la mémoire d'un lieu. Systématiquement, chacune des personnes que l'on a interviewées autour de la famille Juchereau-Duchesnay nous a parlé d'Anne Hébert », indique la réalisatrice Stéphanie Lanthier, également historienne et chargée de cours.

La professeure Nathalie Watteyne apporte aussi son éclairage sur le sujet.

Le moyen métrage présente « un dialogue entre l'histoire et la littérature », souligne Stéphanie Lanthier. « On allie l'histoire orale filmée à cela », renchérit-elle.

La voie du documentaire permettait aussi aux responsables du projet une plus large diffusion.

« C'est un mode de diffusion privilégié, qui s'inscrit à travers un mouvement qui s'appelle les humanités numériques. » Ce mode de diffusion à plus large échelle permet de donner un élan aux travaux scientifiques, note la réalisatrice.

« Comme historien, j'ai un grand bonheur à aller donner des conférences publiques, à droite ou à gauche, et je ne veux certainement pas travailler qu'exclusivement pour mes pairs. Mon bonheur comme historien, c'est de diffuser le plus largement possible les travaux que je mène », ajoute M. Grenier.

L'Université de Sherbrooke recense les plus importantes archives de l'écrivaine. Le Centre Anne-Hébert et le service des bibliothèques et des archives cumulent quelque 6000 documents relatifs à l'auteure.

Le documentaire sera présenté ce mardi, dans le cadre des Journées des sciences humaines, qui se déroulent à l'UdeS jusqu'à jeudi. L'événement est prévu à midi, au foyer Bellevue du Centre culturel. Une discussion suivra la projection.




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