Financement des cégeps : les régions désavantagées

La formule de financement actuelle des cégeps ne permet plus aux établissements... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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(Sherbrooke) La formule de financement actuelle des cégeps ne permet plus aux établissements collégiaux de s'adapter aux changements sociodémographiques que vit le Québec et désavantage les cégeps de petite taille, qui se situent généralement à l'extérieur des grands centres. Ainsi, il devient difficile pour les étudiants en région d'accéder à une formation de qualité, ce qui les pousse souvent à quitter leur patelin et à déménager dans une grande ville comme Montréal.

Voilà le constat principal que tire le rapport de recherche sur le financement du réseau collégial québécois que vient de publier l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), à la demande de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

« La formule de financement du réseau collégial s'adresse à tous les cégeps, peu importe leur taille. (...) Ultimement, ça désavantage les cégeps de petite taille et empêche le réseau d'assurer des services de qualité partout en province », explique la présidente de la FECQ, Rose Crevier-Dagenais.

« Si on améliorait le financement du réseau et qu'il y avait des services de base de qualité dans tous les cégeps, ça convaincrait les étudiants de rester dans les régions, affirme-t-elle. Le rapport Demers [sur l'offre de formation collégiale] disait que les trois quarts des étudiants souhaitent rester dans leur région, et qu'ils préfèrent même changer de programme pour éviter de partir dans les grands centres. Donc les jeunes sont attachés à leur région, mais c'est certain que s'il n'y a pas de services adaptés, d'aide aux devoirs, d'accompagnement aux étudiants ou même d'équipes sportives, les jeunes vont partir ailleurs. »

Afin de « stabiliser le réseau collégial québécois » et de « rétablir une offre de service convenable », la FECQ propose de modifier la formule de financement des cégeps en adoptant trois scénarios en bloc, ce qui représente un réinvestissement de 83,5 M$.

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Pour le moment, le financement des cégeps dépend presque entièrement des subventions du gouvernement du Québec, réparties selon la formule FABES. Chaque lettre de cet acronyme représente un volet d'allocations : les allocations fixes, liées aux activités pédagogiques, liées aux bâtiments, liées aux enseignants ainsi que les allocations spécifiques.

« Nous, ce qu'on demande, c'est des modifications dans trois enveloppes, soit la F, la A et la S, indique Rose Crevier-Dagenais. Il faudrait que ce soit fait en bloc pour qu'il y ait un réel impact sur le réseau. Comme ça, ça permettrait, d'une part, d'assurer la qualité de la formation, mais aussi, d'autre part, d'assurer un partage équitable des ressources à travers tout le réseau, pour qu'enfin, les grands et les petits cégeps aient suffisamment de services. »

Au Cégep de Sherbrooke par exemple, qui est considéré comme un cégep de grande taille, la modification au volet A demandée par la FECQ représenterait, à elle seule, un réinvestissement de 1 199 611 $, soit une hausse de 24,36 % par rapport à l'allocation de l'année dernière.

« La formule qu'on souhaite voir adopter influencerait donc positivement tous les cégeps, même ceux de grande taille », note Mme Crevier-Dagenais.

Cette nouvelle formule permettrait aussi, toujours selon la FECQ, d'améliorer le taux de scolarisation dans les régions desservies uniquement par des cégeps de petite taille ou aux prises avec des difficultés financières importantes. Par exemple, en Estrie, la proportion des personnes âgées entre 25 et 64 ans ayant atteint le niveau collégial est de 43,5 %, ce qui est en deçà de la moyenne provinciale de 49,8 %. Au Centre-du-Québec, ce taux chute à 33,8 %.

La FECQ rencontrera Hélène David, ministre responsable de l'Enseignement supérieur, d'ici la fin du mois pour lui présenter le rapport de l'IRÉC.

« On a quand même confiance que le gouvernement va nous porter une oreille attentive, parce que ça fait longtemps que tous les acteurs du réseau collégial attendent une solution à la problématique de démographie dans les régions et au sous-financement des cégeps », mentionne la présidente de la FECQ.

Selon le classement de l'IRÉC, l'Estrie compte un cégep de grande taille, le Cégep de Sherbrooke, alors que le Centre-du-Québec compte un cégep de petite taille, celui de Victoriaville, et un de moyenne taille, celui de Drummondville. Le Collège Champlain n'a pas été classé.




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