Une première cohorte de diplômés pour Accès 5

La directrice de la Maison Jeunes-Est, Chantale Charron,... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La directrice de la Maison Jeunes-Est, Chantale Charron, Esther Renaud, intervenante pivot et entraîneuse,  Ismaël Bemane et Mehdi Hamdi, deux élèves d'Accès 5, et Maxime Fredette, bénévole et entraîneur.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) En juin prochain, des élèves qui présentaient un haut risque de décrochage scolaire obtiendront un diplôme, à la suite de leur passage au sein du programme Accès 5. Il s'agira de la toute première cohorte qui gradue sous cette initiative chapeautée par la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) et la Maison Jeunes-Est.

Sur les quelque 177 jeunes qui sont passés par le programme de réussite éducative, seulement un ou deux jeunes ont fini par abandonner leurs études. Accès 5 connaît un tel succès qu'il compte une liste d'attente.

« Certains demandent s'ils peuvent s'inscrire à la vocation Accès 5 », raconte la directrice générale de la Maison Jeunes-Est, Chantale Charron, précisant du même coup qu'il ne s'agit pas d'une vocation.

Accès 5 s'adresse à des jeunes de certains secteurs de l'Est provenant de milieux défavorisés. Il offre un suivi individualisé à des jeunes à risque de décrochage scolaire de même qu'une variété de projets afin de faire naître des passions auprès d'eux. « Cette passion-là, c'est le moyen pour qu'ils ne décrochent pas et qu'ils réussissent. »

En plus de viser la diplomation des jeunes, il cherche à changer la culture de la réussite. Dans l'une des communautés concernées, environ le tiers des parents n'a pas de diplomation. Il peut aussi mettre à la disposition des participants une aide financière et matérielle, variant de l'achat de lunettes à un coup de pouce pour la pratique d'une activité sportive.

« C'est une approche territoriale, combinée à des outils de dépistage (...) De toutes les demandes qu'on a, on peut en prendre seulement 35 (par année). Les jeunes sont ciblés dès le primaire, du passage du primaire au secondaire. On les suit pendant cinq ans, l'objectif est de les emmener jusqu'à la diplomation », précise Mme Charron. Par diplomation, on ne vise pas absolument un diplôme d'études secondaires (DES), cela peut aussi être un DEP (diplôme d'études professionnelles). Les intervenants pivots accompagnent aussi les familles de l'élève.

« Ce qui est extraordinaire, c'est que lorsqu'on a commencé le projet, les jeunes qui avaient été ciblés ont commencé avec dix points de moins que les jeunes de la commission scolaire de façon générale. En deux ans, les jeunes d'Accès 5 ont rattrapé l'écart. »

En plus des jeunes inscrits, Accès 5 offre aussi une aide spécifique. « Il y a 365 jeunes qui ont été aidés en quatre ans. Si ça ne va pas dans un petit moment de sa vie, on donne une intensité de service pour ne pas qu'ils décrochent. »

La CSRS vient tout juste de renouveler pour cinq ans l'aide financière de 50 000 $ qu'elle accorde annuellement au programme. L'initiative supportée par quelque 16 bailleurs de fonds nécessite un budget de l'ordre de 400 000 $ annuellement. L'équipe planche toujours pour attacher le financement pour les cinq prochaines années. Accès 5 peut aussi compter sur d'autres partenaires qui offrent différents types de soutien et environ 139 bénévoles. « Ce programme-là est très envié à travers le Québec. C'est extraordinaire ce qu'on a pu bâtir ensemble. C'est une solution différente : on ne prétend pas que c'est la solution à tout, il s'ajoute à tout ce qui existe actuellement pour contrer le décrochage. »

Un programme qui mène à l'or

Quand Esther Renaud a lancé l'athlétisme au sein du programme Accès 5, l'entraîneuse et intervenante-pivot se souvient qu'elle avait peur que les jeunes ne se présentent pas aux entraînements. « J'étais toute seule au parc et je me disais que j'allais être toute seule », lance-t-elle en riant. Récemment, deux de ses protégés, Ismaël Bemane et Mehdi Hamdi, deux élèves d'Accès 5, sont revenus d'une compétition Québec-Ontario avec une médaille d'or au cou. Ils étaient les seuls représentants estriens.

« Mon premier objectif, c'était de travailler l'engagement, parce que je savais qu'ils allaient aimer ça. Mais est-ce qu'ils allaient être là et s'engager pour être là tout le temps, à l'heure et se donner à 100 %? Au début c'était difficile et je dirais que maintenant, je peux leur faire confiance dans n'importe quoi. Ils vont être là à l'heure... La capacité d'engagement, ils ont acquis ça. Au début, on se connaissait moins, parfois c'était plus difficile côté comportement; ils écoutaient moins... Maintenant, je n'ai plus un mot à dire », raconte l'intervenante lorsqu'on lui demande de nous brosser le portrait du chemin parcouru par les élèves.

Qu'a changé le fait d'être inscrit à Accès 5? « Je me force plus à l'école. Si je veux continuer l'athlétisme, je dois me forcer à l'école, sinon je ne peux plus en faire », observe Ismaël, qui aura 15 ans cet été. « À la limite, c'est eux qui font la discipline avec les autres qui arrivent », renchérit Maxime Fredette, entraîneur bénévole en athlétisme. L'ancien du Vert & Or de l'UdeS passe beaucoup de temps par semaine à entraîner les jeunes, sans compter les compétitions qui s'ajoutent. « Il faut que tu aimes ça. J'ai eu la chance d'avoir un entraîneur vraiment dévoué, je pense qu'on a le goût de redonner après avoir reçu autant. »

Lorsque les deux entraîneurs font remarquer qu'ils sont tous les deux passés par le Vert & Or, l'un des deux adolescents fait remarquer qu'ils sont les prochains.

« Ils sont à l'école, mais ils ont aussi l'objectif de faire le Vert & Or, donc de poursuivre les études pour faire de l'athlétisme. Ça parle beaucoup », commente Esther.




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