Carpe asiatique: une réelle menace en Estrie

L'intrus est entré. Ce cancer a commencé à se répandre dans la moelle épinière... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) L'intrus est entré. Ce cancer a commencé à se répandre dans la moelle épinière de notre bassin hydrographique et sa vitesse de propagation menacerait les espèces populaires (truites, dorés et autres) assurant la qualité de pêche au Québec.

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Y compris en Estrie. Dans l'avis scientifique confirmant la présence de carpes asiatiques dans le fleuve Saint-Laurent, émis il y a deux jours, l'un des 16 points d'échantillonnage positifs se trouve à l'embouchure de la rivière Saint-François.

Ce poisson est redouté parce que ravageur. Non pas en raison de son appétit vorace, car c'est un herbivore et non prédateur. Sa vitesse exponentielle de reproduction fait cependant en sorte qu'il s'impose rapidement, empiétant royalement sur l'habitat des autres.

Là où ces carpes sont devenues une plaie, leur représentation aurait grimpé à 90 % du volume total de poissons en seulement quelques décennies.

Il y a un aspect rassurant à se savoir en amont plutôt qu'en aval de la « bête ». Comme ses oeufs flottants, les pouponnières à la dérive suivent le sens du courant. Mais c'est aussi pour cela que la présence de cinq autres zones d'alerte se trouvant pas tellement loin en amont, dans le secteur de Sorel, pourrait pousser vers nous des alevins de l'espèce maudite.

« Comme plusieurs autres grands cours d'eau, la rivière Saint-François est vulnérable. En fait, c'est tout le Québec qui est en situation d'urgence si nous voulons éviter les mêmes bouleversements des écosystèmes que ceux qui se sont produits dans le Mississippi ou dans la rivière Illinois, aux États-Unis. En Estrie, les nombreux barrages sur la Saint-Francois forment des obstacles que nous tenterons d'exploiter au maximum avec une approche proactive », rapporte Véronik de la Chenelière, qui dirige le Service de la gestion des habitats fauniques à Québec.

Cette dernière ne cache pas que c'est de façon délibérée que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a dévoilé ce portrait alarmant en même temps qu'il a effectué le rappel du règlement qui bannira définitivement l'utilisation de poissons appâts durant la saison de pêche estivale à compter du 1er avril sur l'ensemble du territoire québécois.

« Nous voulions que l'information soit transparente, que le lien soit très clair : ces restrictions découlent directement de la menace. Nous reconnaissons que les pêcheurs perdront un outil efficace, mais il faut absolument limiter les risques de contamination des espèces indigènes représentant le capital de nos ressources fauniques, car ce sont elles qui assurent la qualité de la pêche sportive. La carpeasiatique n'a aucun intérêt auprès des pêcheurs. Elle a plutôt tué cette industrie là où elle s'est emparée des habitats », plaide Mme de la Chenelière.

Le compromis intervenu en 2013 avec la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (Fédé CP) avait été d'abolir les appâts vivants partout. Le risque de contamination avec des appâts morts avait alors été jugé tolérable, tant et si bien cet usage avait été maintenu. C'est une technique qui demeurait très productive au printemps comme en été dans les lacs Memphrémagog et Massawippi avec des éperlans

« Aucune information scientifique sur le calcul de risque ne supporte formellement la prétention que de nouvelles restrictions protègeront davantage les écosystèmes contre la propagation des maladies. On se sert de la détection de la présence de la carpe de roseau dans le fleuve Saint-Laurent pour justifier ce que le ministère cherchait à mettre en place depuis des années », a protesté la FédéCP par voie de communiqué.

Qui dit vrai?

Quoiqu'il en soit, les zones 4,5 6 de l'Estrie sont parmi celles où l'utilisation de poissons appâts morts demeurera toutefois permise durant la saison hivernale.




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