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Deux ans d'attente pour une angiographie au CHUS

Le Dr Andrew Benko, radiologiste interventionnel au CIUSSS... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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Le Dr Andrew Benko, radiologiste interventionnel au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, aimerait que le CHUS se dote d'une troisième salle d'angiographie afin de pouvoir intervenir auprès de davantage de patients.

Archives La Tribune, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Des malades doivent patienter pendant deux ans avant de subir une angiographie au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). Bien que les choses soient en train de s'améliorer, ces délais sont inacceptables, croit le Dr Andrew Benko, radiologiste interventionnel et responsable du secteur de la radiologie interventionnelle au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

L'angioplastie est une technique qui permet de rouvrir des artères rétrécies ou obstruées sans avoir recours à une intervention chirurgicale importante.

« Ça m'attriste vraiment de savoir que des patients attendent depuis deux ans pour avoir cette intervention, parce que je sais que leur qualité de vie est grandement diminuée. Je vois l'impact de l'angiographie : il est instantané chez mes patients. Ils subissent l'intervention et souvent, ils ressortent en marchant sur leurs jambes le soir même et peuvent retourner travailler très rapidement », explique le Dr Benko.

Annuellement, les radiologistes interventionnels du CIUSSS de l'Estrie-CHUS pratiquent environ 1000 interventions.

Quelle serait la solution pour réussir à passer plus de patients? « C'est clair que ça nous prend une troisième salle d'angiographie au CHUS. Nous avons une équipe de cinq très bons médecins, nous pouvons faire plus d'interventions. Ce sont les salles qui nous manquent », soutient le Dr Benko.

La situation est cependant en train de s'améliorer, fait savoir Rémi Brassard, directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS de l'Estrie-CHUS : « Il y avait près de 500 patients sur la liste d'attente en mai 2016, et nous en avons maintenant 186. »

L'angiographie est aussi une spécialité qui reçoit de très nombreux patients en urgence ou hospitalisés, qui représentent 56 % de la clientèle. « Bien sûr, ça cause un impact considérable sur la liste d'attente », précise M. Brassard.

Le CHUS a-t-il besoin d'une troisième salle en angiographie? « Avant d'envisager la construction d'une troisième salle, on essaie de standardiser et d'améliorer les pratiques dans le service », ajoute Rémi Brassard.

En effet, le service a été considéré comme non performant au CHUS pendant longtemps. Toutes sortes de détails ont été ajustés au cours des derniers mois. « On a injecté 300 heures de travail seulement au cours de cette période, et nous avons déjà considérablement diminué la liste d'attente », plaide Rémi Brassard.

Le directeur a pour objectif que la cinquantaine de patients qui se trouvent sur la liste d'attente depuis 2015 subissent leur opération d'ici le 31 mars.

D'autres améliorations pourront être apportées ces prochains mois pour rendre le service plus performant encore.

« On doit regarder le volet préopératoire par exemple. On pourrait sortir certains actes des salles d'angioplastie pour gagner du temps d'intervention. Quand on trouve des minutes ici et là dans une journée, ça nous permet parfois de faire un patient de plus à la fin d'une journée », cite-t-il en exemple.

20 000 $ par patient

L'angiographie est considérée comme une pratique très onéreuse dans l'univers hospitalier. « Le budget de fonctionnement du département est de 5 M$ par année. De ce montant, seulement 10 % sont consacrés aux heures travaillées. On utilise environ 20 000 $ d'équipement par patient », explique Rémi Brassard.

« Mais l'angiographie est une intervention moins invasive que les chirurgies vasculaires. Le patient reste moins longtemps à l'hôpital, il n'a pas besoin de beaucoup de réadaptation. Quand on regarde la trajectoire du patient dans son ensemble, ça nous coûte moins cher en fin de compte », se réjouit Rémi Brassard.

Cela dit, bonne nouvelle : des travaux importants sont en cours dans le département de radiologie du CHUS. « Un scanner avait besoin d'être remplacé, alors on refait toute cette aile pour la moderniser. Les deux salles d'angiographie et leur équipement seront modernisés. Une salle multifonction sera aussi ajoutée. Dans notre vision du futur, cette salle pourra servir de troisième salle d'angiographie, un jour, quand nous en aurons vraiment besoin et que les deux premières fonctionneront à pleine capacité », explique Rémi Brassard.

Le SoundBite suscite l'engouement

Le Dr Andrew Benko est l'un des trois médecins dans le monde participant au projet de recherche clinique qui met en oeuvre le SoundBite, un nouveau fil-guide développé à l'Université de Sherbrooke. Sa première angiographie avec le SoundBite, couronnée de succès et médiatisée à souhait, a créé un véritable engouement chez des médecins et des patients. Depuis janvier, les demandes d'information fusent de partout.

« Des médecins et des patients nous écrivent. Des patients se sont fait dire que tout avait été tenté et que, éventuellement, ils allaient même perdre une jambe. Ils voient maintenant une possibilité qu'une intervention puisse leur venir en aide et veulent plus d'information », se réjouit le Dr Andrew Benko.

Ce fil-guide, par le biais d'ondes de choc, permet de pratiquer des interventions en angioplastie impossibles à réaliser par le biais des angioplasties traditionnelles.

L'essai clinique compte 30 patients qui seront opérés dans trois hôpitaux, soit le CHUS, le CHUM de Montréal et un autre en Autriche. Jusqu'à présent, huit patients ont été opérés avec succès.

Étant donné qu'il s'agit toujours d'un essai clinique et que de nouveaux patients ne sont pas admis, il n'y a pas encore d'impact sur la liste d'attente dans cette spécialité au CHUS. « Au Québec, nous avons encore la chance de choisir où nous voulons nous faire soigner. Si SoundBite est éventuellement rendu disponible, des gens voudront venir se faire soigner ici », prévoit le Dr Benko.




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