La gestion des stationnements du CIUSSS en impartition

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Les droits d'entrée dans les 115 stationnements du CIUSSS de l'Estrie-CHUS rapportent environ 8 millions de dollars par année.

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(Sherbrooke) Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS souhaite impartir la gestion de son parc de 115 stationnements. Un appel d'offres a d'ailleurs été publié en ce sens et prendra fin vendredi. « La CSN veut à tout prix contrer cette nouvelle forme de privatisation qui fera non seulement perdre d'importants revenus aux établissements de santé publics, mais également des emplois », a martelé Denis Beaudin, président de la CSN en Estrie.

Lors du précédent exercice financier, les stationnements des 100 établissements ont rapporté des revenus d'un peu plus de 8 M$ au CIUSSS de l'Estrie-CHUS grâce aux droits d'entrée des usagers et des employés. Des profits de 4,5 M$ ont été générés une fois l'entretien payé.

Cette année, les droits d'entrée permettront de mettre de côté quelque 6 M$ qui permettront de payer une partie du stationnement sous-terrain du futur centre femme-jeunesse-famille dont la première pelletée de terre devrait avoir lieu en 2018.

« Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS prétend ne pas détenir l'expertise pour assurer la gestion des stationnements bien que plusieurs d'entre eux sont sous sa gouverne depuis plusieurs années et génèrent d'importants surplus. Rappelons que la gestion publique des stationnements a permis d'engranger 66 millions de dollars de profits net au Québec en 2014-2015 et que le CIUSS-CHUS de l'Estrie est l'un des plus performants au Québec en matière de gestion des parcs de stationnements », ont lancé hier les représentants de la CSN en conférence de presse.

« Cette annonce de privatisation est insensée. Les stationnements des établissements de santé de la région permettent de générer des revenus pour financer les soins. Pourquoi vouloir donner ces revenus au privé? Dans un contexte où les compressions budgétaires imposées par le gouvernement font mal, c'est encore moins le temps de privatiser la gestion des stationnements », lance Laurent-Paul Maheux, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Estrie.

La CSN fera une demande de rencontre d'urgence avec le CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour présenter les orientations qui soutiendront l'alternative publique du projet de la CSN en ce qui a trait à la privatisation des stationnements des établissements de santé et de services sociaux de la région.

« Nous n'en resterons pas là. Par le passé, nous avons fait reculer plusieurs projets de privatisation. C'est ce que nous entendons faire une fois de plus par différents moyens. Il y a là une occasion rêvée de garder des revenus pour les soins à la population », a rajouté Denis Beaudin.

Au moins trois employés pourraient perdre leur emploi si la gestion du parc de stationnement quitte les soins du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Difficile à exporter

Du côté du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, on explique que la gestion des parcs de stationnement se faisait à l'interne pour les deux hôpitaux du CHUS et dans les établissements de l'ancien CSSS-IUGS. Ailleurs, toutefois, la gestion se fait par des firmes externes.

« Dans le souci d'harmoniser les services à la clientèle, malheureusement, on ne croyait pas pouvoir faire ce travail à partir de l'interne », a expliqué en entrevue Jean Ferland, directeur des services techniques au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Exporter l'expertise des employés du CHUS ou du CSSS-IUGS se serait avéré compliqué en ce sens que le territoire du CIUSSS est très vaste. « Il aurait fallu embaucher, acheter des véhicules pour les déplacements, donc investir », a-t-il ajouté.

La firme qui aura le mandat d'impartition devra également fournir une technologie de paiement qui assurera la transférabilité des droits de stationnement à travers tous les établissements.

« Nous voulons des bornes dans le style que celles que la Ville de Sherbrooke utilise pour que le billet de stationnement soit valide dans tous les établissements », a-t-il imagé.

Ces nouvelles bornes commenceront à apparaître au cours de l'été dans un objectif qu'elles soient complètement déployées à l'automne.

Personne ne perdra son emploi dans la manoeuvre, a expliqué Jean Ferland : « Personne ne va aller chez eux quand nous allons impartir les sites, ce sera par attrition. On a aussi des grands projets d'agrandissements, et nous aurons besoin de personnel. »

En effet, trois grands projets d'agrandissement sont dans l'air, tous les trois dans la région de Sherbrooke.

Le directeur des services techniques est tout disposé à rencontrer les représentants syndicaux de la CSN, tel que le prévoit une clause de la convention collective. Deux rencontres ont déjà eu lieu. Au moment de l'entrevue mardi après-midi, il n'avait cependant pas reçu de demande de rencontre cependant.

« Si les représentants de la CSN veulent nous déposer un projet, on a le devoir de l'étudier. Mais notre devoir sera aussi de perdre l'option qui sera la plus avantageuse pour l'organisation », a-t-il nuancé.




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