Vague de solidarité pour Yassine Aber

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Quelques dizaines de personnes, principalement des étudiants de l'Université de Sherbrooke, se sont rassemblées au Marché de la gare en soutien à Yassine Aber, cet athlète du Vert & Or aux parents d'origine marocaine qui s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis jeudi dernier.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Malgré la neige qui s'abattait sur Sherbrooke dimanche soir, quelques dizaines de personnes, principalement des étudiants de l'Université de Sherbrooke, se sont rassemblées au Marché de la gare en soutien à Yassine Aber, cet athlète du Vert & Or aux parents d'origine marocaine qui s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis jeudi dernier.

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Yassine Aber et son frère, Samir Aber.

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Le groupe a ensuite entamé une marche autour du lac des Nations. 

Organisé par le frère de Yassine, Samir Aber, ce rassemblement se voulait un geste de solidarité envers l'athlète de 20 ans, mais pas uniquement.

« C'est très touchant, pour moi et ma famille, de voir que les gens nous offrent autant de soutien et de solidarité. Mais la marche, ce n'est pas juste au niveau personnel. On espère surtout sensibiliser les gens et profiter de l'occasion pour montrer que la diversité, c'est une bonne chose », précise Yassine Aber.

« J'avais partagé une entrevue avec mon frère sur Facebook, et j'ai vu que beaucoup de gens réagissaient à cette histoire-là, raconte Samir Aber. Je me suis rendu compte que plusieurs personnes étaient conscientisées et n'étaient pas contentes de ce qui se passait. Alors je me suis dit : qu'est-ce qu'on pourrait faire comme action concrète ? Parce que c'est beau d'en parler, mais il faut faire des choses concrètes aussi. »

Samir Aber n'était pas avec son frère quand celui-ci a été refoulé à la frontière américaine, en route pour participer à une compétition d'athlétisme universitaire à Boston. Lorsqu'il a appris la nouvelle, il était sous le choc.

« Yassine m'a appelé à 19 h 30, et il m'a dit : viens me chercher à Magog, se souvient-il. C'est une fois là-bas que l'entraîneur-chef du Vert & Or, Luc Lafrance, m'a expliqué la situation. [...] Quand j'ai appris ça, c'est sûr que je suis devenu émotif. On ne s'attend pas à ce que quelque chose comme ça nous arrive ici. »

Faisant elle aussi partie du Vert & Or, Andréanne Beaudry était présente dimanche parce qu'elle considère comme « injuste » ce qu'a vécu son ami.

« Quand j'ai su la nouvelle, j'ai trouvé ça vraiment triste, dit-elle. C'était important pour moi d'être à la marche aujourd'hui parce que Yassine, je m'entraîne avec lui, et je suis une athlète moi aussi, donc je sais que de se voir privé d'une compétition comme celle-là, ça fait de la peine. Et je sais que ce n'est pas le seul athlète à qui ça peut arriver. »

Interrogé sur Samir Halilovic

Pendant les quelques heures d'interrogatoire qu'a passé Yassine Aber au poste frontalier de Stanstead, l'étudiant en kinésiologie de confession musulmane a été questionné sur le fait qu'il connaissait Samir Halilovic, un ancien étudiant de l'Université de Sherbrooke parti combattre en Syrie en 2014 avec deux autres Sherbrookois.

« C'est une connaissance vraiment éloignée, affirme Yassine Aber. On avait organisé un mariage à l'ancien restaurant de mes parents, et il était là. Je l'ai croisé une ou deux fois, dont à ce moment-là, mais c'est tout. »

Dans la ligne de mire de la GRC, Halilovic apparaît sur une photo, publiée sur Facebook, en compagnie de Yassine Aber et de six autres jeunes hommes.

« [Les douaniers] ne m'ont pas montré de photo, ils m'ont juste demandé si je connaissais [Samir Halilovic] et d'où je le connaissais, dit l'athlète du Vert & Or. Je n'ai aucune idée de comment ils ont su que je le connaissais, mais tout ce que je sais, c'est qu'ils ont eu mon téléphone pendant cinq heures. »

« Ils m'ont posé des questions sur d'autres personnes, certaines que je connaissais et d'autres non », ajoute-t-il.

Lorsque les douaniers ont annoncé à Yassine qu'il ne pourrait entrer aux États-Unis afin d'aller disputer sa compétition, son lien avec Samir Halilovic n'a pas été évoqué.

« Ils ne m'ont pas donné de raison, et ils n'ont pas précisé que c'était à cause de lui ou à cause d'un autre. Je n'ai pas reçu de raison officielle », indique Yassine.

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