Une paire patrouilleur-travailleur social efficace

Le policier Mario Raymond, la conseillère municipale Nicole... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le policier Mario Raymond, la conseillère municipale Nicole A. Gagnon, le directeur du SPS, Danny McConnell, la directrice des services généraux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Lyne Cardinal, et la travailleuse sociale Sylvie Desautels ont fait le bilan de l'ÉMIP.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) L'Équipe mobile d'intervention psychosociale (ÉMIP) poursuivra ses activités au moins pour la prochaine année à Sherbrooke.

Lors du premier bilan après six mois d'opération, le Service de police de Sherbrooke et le CIUSSS de l'Estrie-CHUS ont confirmé l'utilité de cette équipe hybride d'intervention composée d'un patrouilleur et d'un travailleur social lors de situations de crise en lien avec les problématiques de santé mentale.

« Nous constatons la pertinence de cette équipe sur le territoire de Sherbrooke. Nous poursuivons cette collaboration dans un objectif de la pérenniser », soutient la directrice des services généraux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Lyne Cardinal.

Depuis la mise en place de l'ÉMIP en mai 2016, l'équipe a accompagné 115 personnes.

Lors des 52 quarts de travail où l'ÉMIP était présente, environ 75 pour cent des interventions ciblaient une clientèle qui n'était pas connue des services d'intervention.

« Nous avons pu aider rapidement la clientèle visée. L'un des objectifs était d'identifier les personnes qui ne connaissent pas le réseau et de les intégrer à la première ligne. Environ 25 pour cent de la clientèle était connue du réseau de la santé et des services sociaux. C'est important pour le rétablissement et éviter la récurrence » explique Mme Cardinal.

Lyne Cardinal estime que l'ÉMIP contribue à la compréhension des réalités entre chacune de ces organisations.

« Un besoin réel »

« Le but ultime serait d'avoir cette équipe 24 heures par jour sept jours par semaine. Nous y allons cependant étape par étape. Pour l'instant, l'ÉMIP est présente les mercredis et les vendredis soir. Nous constatons un besoin réel. Est-ce que la solution serait d'abord d'y aller à quatre soirs par semaine? C'est ce que nous analysons. Nous travaillons en partenariat, alors nous regardons les disponibilités en ressources humaines et financières pour aller plus loin », soutient le directeur du SPS, Danny McConnell.

L'ÉMIP est intervenue auprès de personnes âgées de 18 à 64 ans, autant des hommes que des femmes.

« C'est une problématique de santé avec des enjeux de sécurité publique. Elle permet une approche en résolution de problème en matière de santé mentale. L'ÉMIP nous permet de prendre en main la situation sur le terrain. Elle évite les temps d'attente en urgence, à l'urgence psychiatrique ou de faire appel aux ambulances » indique le directeur du SPS.

Les interventions de l'ÉMIP ont permis d'éviter 21 transports aux urgences au cours des six premiers mois d'opération. Le SPS estime à sept heures par jour le temps consacré aux dossiers de santé mentale.

« Nos policiers en première ligne vont intervenir en situation de crise avec deux policiers. Par la suite, la situation peut être transférée à l'ÉMIP avec un seul policier et un travailleur social qui sont en mesure d'intervenir plus adéquatement. Le véhicule double peut être libéré pour intervenir sur d'autres appels. Nos policiers travaillent davantage en relation d'aide, alors il faut s'adapter.

L'ÉMIP est une réponse optimale en ce sens », mentionne le directeur du SPS.

Pour le moment, la participation des ambulanciers paramédicaux n'a pu commencer comme annoncé au départ.

« Nous espérons que les interventions avec eux pourront être mises en place », explique Lyne Cardinal.

Le projet-pilote est soutenu par une équipe de recherche de quatre universités. Un bilan préliminaire sera rendu public à la fin février avant de remettre son rapport final à la fin mai 2017.

« Être sur le terrain fait toute la différence »

Crise familiale, menaces de suicide, état de confusion les interventions de l'Équipe mobile d'intervention psychosociale (ÉMIP) sont multiples.

Au cours des six derniers mois, les douze patrouilleurs du Service de police de Sherbrooke et quatre travailleurs sociaux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS s'alternent pour intervenir lors de situations de crise. Ce sont 115 personnes qui ont été rejointes lors de 92 interventions de l'ÉMIP.

« Je ne retire que du positif de cette expérience. Nous avons dû nous ajuster au travail de l'autre notamment sur la gestion du risque. Nous arrivons à mettre nos forces en commun pour une intervention qui est plus adaptée aux besoins des personnes », explique la travailleuse sociale du CIUSSS de l'Estrie-CHUS qui est membre de l'ÉMIP, Sylvie Desautels.

Les policiers rencontrent de plus en plus de cas de santé mentale lors de leur quart de travail.

« Les gens en crise ou avec des problèmes de santé mentale sont une clientèle en hausse. C'est un besoin d'avoir sur le terrain des travailleurs sociaux qui peuvent aider les policiers à la prise en charge de ces gens. On faisait du mieux ce que l'on pouvait avec ce que l'on avait. Faute de pouvoir intervenir adéquatement, nous devions amener les gens en crise vers les centres hospitaliers. Ce n'était pas toujours justifié. Maintenant, on répond aux besoins des gens lors des situations de crise », explique l'un des policiers du SPS, membre de l'ÉMIP, Mario Raymond.

Ce dernier constate que lors des soirées où l'ÉMIP n'est pas en service, elle est réclamée par les patrouilleurs lors de situations de crise.

« Si c'était juste des policiers, l'ÉMIP serait présente à temps plein. Nous avons beaucoup d'appels de gens en détresse jumelés à des problèmes de drogue, d'alcool ou qui traversent des moments difficiles. Les policiers sécurisent les lieux rapidement et par la suite, ils font appel à nous pour la prise en charge. Nous pouvons aller beaucoup plus loin avec la personne. Je me suis fait dire plus souvent merci en six mois à l'ÉMIP qu'en 15 ans comme patrouilleur. Le travail est différent. Les patrouilleurs de l'ÉMIP deviennent aussi des références pour les autres patrouilleurs », explique Mario Raymond.

Il croit que les grands gagnants de l'ÉMIP restent les patients qui vont recevoir de l'aide adaptée à leurs besoins dans l'immédiat

« Il n'y a que des avantages à être auprès des gens en crise le plus rapidement possible. Créer un lien avec la personne est à la base de notre intervention. Nous pouvons l'amener à voir les choses différemment et à accepter l'aide. C'est ce que nous voulons arriver à faire. Être sur place fait toute la différence par rapport aux interventions au téléphone », estime Sylvie Desautels du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

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