Un décès qui sème la consternation à l'UdeS

Le professeur Nicolas Abatzoglou a appris avec consternation... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le professeur Nicolas Abatzoglou a appris avec consternation le décès de son collègue et ami Khaled Belkacemi.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Le décès tragique du professeur Khaled Belkacemi survenu dans l'attentat dimanche soir a semé la consternation auprès d'employés de l'Université de Sherbrooke, où l'homme avait fait ses études de maîtrise et de doctorat.

La première chose à laquelle a pensé le professeur Nicolas Abatzoglou lorsqu'il a appris la triste nouvelle, c'est que son ami et collègue de l'Université Laval a quitté l'Algérie au cours de sa carrière, où il était retourné travailler, pour fuir le terrorisme.

« Ce que je vais vous dire, c'est vraiment l'ironie du sort, mais c'est une histoire réelle. Il était devenu professeur à Alger. C'était à l'époque où il y avait du terrorisme interne en Algérie. Il y avait des terroristes qui visaient la classe supérieure du pays. Il y a eu beaucoup d'assassinats, parmi le corps professoral aussi. Khaled a abandonné son poste, il est revenu au Québec et quand on s'est rencontré, il m'a dit : ''J'ai vu devant mes yeux quelqu'un de haut placé de l'université tomber pratiquement sous les balles des terroristes. Je me suis dit que ça allait peut-être m'arriver. J'ai pris ma famille et je suis revenu au Québec. '' C'est vraiment quelque chose d'incroyable. La première chose qui m'est venue en tête quand j'ai appris sa mort, c'est exactement ça. »

Le professeur précise ne pas connaître toutes les circonstances entourant le départ de M. Belkacemi de l'Algérie, mais note que le terrorisme a influencé cette décision.

M. Abatzoglou a appris la nouvelle au lendemain de l'attentat. « Ça a été un choc. On ne s'imagine jamais que cette chose-là va arriver si près de nous. Quand ça arrive, les émotions sont très fortes. »

Les deux hommes se sont connus pendant leurs études à l'UdeS et ont tissé des liens qui sont demeurés solides au fil des ans. Ils ont eu le même superviseur à l'UdeS, le professeur Esteban Chornet.

« On avait deux projets complètement différents. Vers la fin du processus on s'est rejoint (...) J'étais au postdoctorat, lui il était en train de finir. On a collaboré pour la fin de son doctorat; on a même écrit deux articles scientifiques. On a fini vers la fin des années 1990. »

Les deux hommes sont devenus pères dans la même période. « On a échangé des visites. Je suis d'origine grecque. Mon épouse préparait des mets grecs, la sienne faisait des mets algériens... »

Khaled Belkacemi et son épouse étaient collègues au sein de la même faculté.

L'Université Laval perd non seulement un homme apprécié par ses pairs, mais un aussi un professeur et chercheur « très actif », qui avait développé une grande expertise en bioprocédé. Il menait plusieurs projets de recherche de front.

Au fil des ans, les deux hommes se sont revus.

« C'était une personne extrêmement calme, posée. Il avait un respect pour les gens, les collègues, tout le monde... Il respectait la vie humaine. C'est vraiment en contradiction complète avec ce qui lui est arrivé. C'est un gentleman, il était très aimé des étudiants, c'était un homme de famille... C'est vraiment désolant. »

« Quand je pense à ce que Khaled a dit, qu'il a fui son pays pour éviter le terrorisme, (je me dis qu') il lui est arrivé ce qu'il craignait à l'endroit le moins probable... Je trouve - et je le pense encore - que peut-être l'endroit le moins probable sur Terre pour que ceci arrive, c'est le Québec et le Canada. Ici les gens ont développé quelque chose qui est très rarement trouvé (...) : une tolérance incroyable, une entente sociale de travailler pour le bien de tout le monde tout en respectant les us et les coutumes des gens. On a réussi et c'est à l'honneur des gens qui ont promu cette idée et ont accepté de l'appliquer. »

Le professeur titulaire de la Chaire Pfizer sur les technologies d'analyse de procédés en génie pharmaceutique a espoir que le geste commis ne soit pas imité par d'autres.

« J'espère qu'on va continuer à défendre les libertés et le mode de vie canadien tel qu'il a été accepté par tout le monde. J'espère que ce sera la dernière fois qu'on a un cas comme ça, surtout dans un endroit comme le Québec où c'est le dernier endroit au monde où on pense que ça peut arriver. »

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