Trop de liberté d'expression?

On assiste, dans les sociétés occidentales, à la... (Le Soleil, Éric Labbé)

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On assiste, dans les sociétés occidentales, à la montée de deux discours qui s'alimentent l'un et l'autre, l'extrême droite et le radicalisme islamique, constate Mohamed Ourya, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et membre de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM.

Le Soleil, Éric Labbé

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(Sherbrooke) Le Québec assiste à une montée de l'extrémisme. « Cet acte d'horreur survient dans la montée des discours populistes de l'extrême droite, indique Mohamed Ourya, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, à propos de l'attentat survenu dimanche soir dans une mosquée de Québec.

Ces discours se font de plus en plus entendre.

Le chercheur estime que ce discours prend sa place alors qu'il y a une certaine ambiguïté dans la législation.

« On jouit d'une liberté d'expression assez énorme », répond M. Ourya, membre de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, lorsqu'on lui demande de préciser sa pensée.

« La liberté d'expression est tellement large qu'on peut aller jusqu'aux discours qui frôlent le radicalisme, qui frôlent le discours haineux. C'est pourquoi on se retrouve avec un discours de l'extrême droite qui ne serait pas accepté en France ou ailleurs... »

Il cite aussi en exemple des appels à la radicalisation, par exemple, qui ont pu être lancés par des imams.

Renforcer les lois?

Doit-on absolument renforcer les lois pour mieux encadrer la liberté d'expression? Peut-être, répond M. Ourya, qui estime que tout dépend de la vision des partis politiques.

« Jusqu'où peut-on aller pour mettre fin à cette débâcle? » demande-t-il.

Chose certaine, à ses yeux, « pour le vivre ensemble », ce discours devra un jour cesser.

Certains se sont questionnés, lundi, sur le rôle des « radios poubelles ». « Ce sont des radios alimentées par un tel discours, c'est là leur raison de vivre », lance M. Ourya.

On assiste, dans les sociétés occidentales, à la montée de deux discours qui s'alimentent l'un et l'autre, l'extrême droite et le radicalisme islamique, constate-t-il.

On devrait aussi ressentir les effets de l'arrivée du président américain Donald Trump, qui vient d'adopter un décret anti-immigration déjà contesté en cour aux États-Unis.

« M. Trump est le président de la plus grande nation occidentale. Ça ne peut que fortifier et consolider les discours de l'extrême droite », dit-il en soulignant qu'on peut s'attendre à d'autres décrets contestés. Le décret anti-immigration prévoit notamment que les réfugiés syriens ne peuvent plus entrer sur le territoire américain pour une période indéterminée. Il limite l'entrée de ressortissants provenant de sept pays, dont la Syrie, l'Iran et l'Irak.

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