Vigile à Sherbrooke : «Ce n'est pas le Québec qu'on est»

Plus de 300 personnes se sont réunies dans... (Spectre Média, René Marquis)

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Plus de 300 personnes se sont réunies dans la cour de la mosquée A'Rahmane, lundi soir à Sherbrooke, pour condamner l'attentat de Québec et se réconforter dans un grand élan de solidarité humaine.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Ils sont venus seuls ou par petits groupes, jeunes et vieux, de toutes les confessions, pour montrer leur solidarité à la communauté musulmane qui a été frappée en plein coeur dimanche soir à Québec.

Pendant de longues minutes lundi soir à Sherbrooke, dans la cour de la mosquée A'Rahmane du Centre culturel islamique de l'Estrie, ils ont été plus de 300 à tenir des lampions et à discuter à voix basse pour condamner cet attentat « abominable », se recueillir à la mémoire des victimes et prier pour ne plus jamais que ça arrive.

« Je suis là en premier lieu en soutien aux familles des victimes et à toute la communauté musulmane de Québec et du Québec en entier, a expliqué Julie Côté Gravel, une étudiante de l'Université de Sherbrooke. Quand j'ai vu ça dimanche soir, j'ai eu de la misère à aller me coucher, tellement ça m'a mis tout à l'envers. Ce soir (lundi), j'ai voulu sortir un peu de mon isolement. Ça me fait du bien de me sentir proche de la communauté sherbrookoise, tous ensemble, en appui à la communauté musulmane. »

« Je suis profondément consterné et tellement attristé, a confié Ahmed Aounzou, un Marocain d'origine établi à Sherbrooke depuis 2003. Je condamne les attentats et la violence. Je pense à l'humanité et c'est important de l'exprimer. Je souhaite la paix sur terre et je veux dire que la diversité, c'est la richesse de toute une nation. »

« Quand on a appris la nouvelle, dimanche soir, on a pleuré. C'est important d'être ici ce soir (à la vigile) parce que ce n'est pas le Québec qu'on est. Il faut montrer à tous les imbéciles de la terre qu'on n'est pas comme ça », ont lancé Judith Laflamme et Guy Ouellet.

On n'a entendu aucun grand discours à cette veillée sherbrookoise, qui se tenait en simultané avec des dizaines de villes au pays, au Québec et dans la région, à Drummondville et à Thetford Mines entre autres.

Silencieux, apolitique et respectueux

Le président du Centre culturel islamique de l'Estrie, Mohamed Golli, explique qu'il voulait que cela reste un temps de recueillement silencieux, apolitique et respectueux de l'autre. « On a eu beaucoup de messages et de lettres d'appui. C'est malheureux qu'il faille qu'arrivent des choses comme celle-là pour voir qu'on a autant de choses en commun », a-t-il ajouté.

Dans la foule qui a affronté le froid pendant un bon moment, se trouvaient le député de Sherbrooke et ministre responsable de l'Estrie Luc Fortin, ses collègues députés de Richmond et de Saint-François Karine Vallières et Guy Hardy, le maire Bernard Sévigny ainsi que les porte-parole de plusieurs associations culturelles.

« C'est important d'exprimer notre colère face aux événements barbares qui sont survenus à Québec. Il faut dénoncer ça haut et fort, a dit M. Fortin. C'est important de commémorer la mémoire des victimes et il faut maintenir le dialogue entre les différentes communautés au Québec parce que cette diversité est une source d'enrichissement. »

« Le vivre ensemble, on en parle depuis plusieurs années au Québec et voilà la démonstration très choquante de ce qui peut arriver dans les extrêmes. On ne veut pas vivre ça chez nous au Québec, on ne veut pas le vivre nulle part sur la planète », a renchéri Karine Vallières. 

À l'hôtel de ville de Sherbrooke, les drapeaux étaient en berne depuis le matin.

Au diocèse de Sherbrooke, l'archevêque Mgr Luc Cyr a tenu à dire sa « profonde tristesse face aux événements déplorables survenus » à Québec. Dans un petit mot mis en ligne sur la page internet du diocèse, l'homme d'Église, qui était retenu à l'extérieur de la région lundi, a écrit qu'il pensait aux victimes innocentes et qu'il manifestait sa solidarité à l'égard des familles et des personnes directement touchées par ce drame. « Comme l'Évangile nous le rappelait ce dimanche, il nous faut inlassablement travailler à construire la paix. Oui, heureux les artisans de paix. Dans tout et partout, il convient de favoriser le dialogue. »

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