La prévention par l'éducation

Nous continuons de croire à ces valeurs québécoises,... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Nous continuons de croire à ces valeurs québécoises, canadiennes et nord-américaines, assure le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Golli.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) La seule prévention pour éviter les actes terroristes comme celui de Québec demeure l'éducation.

Le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Golli, estime que la seule prévention efficace demeure d'éduquer les humains à être ouverts les uns envers les autres.

« Nous avons une très belle qualité de vie à Sherbrooke. On se sent chez soi. Nous n'allons pas céder à la peur. Nous n'allons pas jouer le jeu de cette injustice et de cette haine qui ne va créer que de la haine. Il faut travailler à être beaucoup plus ouverts et apprendre à se connaître », estime M. Golli qui rappelle que l'Association islamique de l'Estrie a déjà organisé des journées portes ouvertes et des activités pour favoriser ces échanges avec la communauté.

Mohamed Golli indique que certains membres de la communauté possèdent des liens avec les victimes de Québec.

« On leur offre notre appui et notre sympathie. Nous allons voir comment nous allons pouvoir contribuer à ce qu'ils puissent regagner cette paix et leur quotidien de manière efficace. Rien ne sera facile. Nous leur envoyons tout notre appui. Nous n'avons pas besoin de les connaître personnellement pour les appuyer. Nous sommes tous concernés », soutient le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie.

Les événements de Québec prouvent que personne n'est à l'abri de tels gestes.

« Nous sommes très touchés et bouleversés de ce qui est arrivé à cette communauté. Ce sont des Québécois comme nous, comme tous ceux qui continuent de développer et bâtir. Nous continuons de croire à ces valeurs québécoises, canadiennes et nord-américaines », indique Mohamed Golli.

Il rappelle que ces événements se sont déroulés au moment de la prière, alors que tout le monde prend une direction vers l'avant.

« On ne peut savoir qui prend place derrière nous. Une personne peut entrer. C'est difficile à gérer. Je ne crois pas à un outil technologique qui sera fiable aujourd'hui. Tous les actes qui ont eu lieu au Canada, aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, on ne peut pas les accepter, ni les endosser, ni les appuyer. Ça sort de l'islam. L'islam ne peut pas appuyer de tels actes. On se met dans la peau de ceux qui sont touchés. Nous sommes dans un pays de droit où la sécurité est quasi assurée. La justice prend une place considérable et c'est ce que l'on vient chercher ici. On trouve ici au Québec et au Canada, avec ses valeurs universelles, une justice que l'on ne trouve pas ailleurs », rappelle Mohamed Golli.

Il souhaite que les événements de Québec ne changent pas le quotidien.

« Quels que soient les événements comme Paris ou Istanbul. Je ne m'empêcherai pas d'y voyager. Les gens peuvent être affectés, mais ça ne doit pas avoir un impact sur le quotidien. Nous avons mis en place une cellule de gestion de crise. Nous travaillons avec le Service de police de Sherbrooke qui nous a offert l'appui nécessaire pour le suivi post-traumatique pour ceux qui en auront besoin. Il faut s'assurer que la paix reste présente », indique M. Golli.

Le SPS accentue la surveillance autour des lieux de culte

Le Service de police de Sherbrooke a accentué sa surveillance près des lieux de culte islamique depuis l'attentat de Québec.

Un attentat perpétré dans une mosquée vers l'heure de la prière, dimanche soir, a fait six morts et une vingtaine de blessés, dont certains se trouvent toujours dans un état critique.

« Nous n'avons reçu aucune menace particulière pour Sherbrooke, mais nous avons tout de même réagi à la suite de ces événements. Nous suivons la situation de très près », explique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Des véhicules de patrouille effectuent des tournées régulières près des mosquées comme celle de l'Association culturelle islamique de l'Estrie sur la rue Massé dans le secteur ouest, du Centre islamique de Sherbrooke sur la rue Richard dans le secteur nord, près d'un lieu de rassemblement islamique dans l'est de Sherbrooke et près des locaux de l'Association des Musulmans de l'Université de Sherbrooke.

« Nos policiers sont beaucoup plus visibles près des différents lieux de culte. La direction du SPS ainsi que notre division du renseignement suivent de très près la situation. Nos agents de la division de sécurité des milieux sont aussi sur le terrain », mentionne le porte-parole du SPS.

Sherbrooke a vécu certains événements islamophobes, mais de moins grande ampleur que ceux de Québec, au cours des dernières années.

En août 2016, le SPS avait ouvert une enquête entourant la distribution d'un tract relatif à la mosquée A' Rahmane de la rue Massé. Le tract avait été déposé dans plusieurs boîtes aux lettres du quartier ouest, là où se trouve la mosquée qu'occupe l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE).

Des gestes de méfait à caractère islamophobe avaient été commis en février 2014 à Sherbrooke.

Une arme artisanale se résumant à un plomb attaché à un fil de pêche a servi à briser la vitre de l'épicerie-boucherie Tiba érigée à l'époque sur la rue Denault.

De nombreuses petites croix avaient été éparpillées devant le commerce et un écriteau portant la mention « Non à l'islam » avait été posé sur un poteau à proximité de l'épicerie-boucherie halal, dont la vitrine a été cassée, ainsi qu'à la mosquée de la rue Massé.

Guy Cardinal a plaidé coupable à des accusations en lien avec cette affaire à l'automne. Il a été condamné à une amende et une probation.

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