Un système de santé privé d'oxygène inquiète la CSN

Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats... (Spectre Média, René Marquis)

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Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie - CSN, ainsi que Jacques Létourneau, président de la CSN, pressent le ministre de la Santé de réinvestir massivement dans le réseau de la santé.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Le poste de neuf préposées aux bénéficiaires et de sept infirmières auxiliaires ne seront pas comblés samedi sur les étages du Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog. Il y aura encore davantage de postes libres dimanche. Et la fin de semaine suivante sera encore pire alors que jusqu'à 15 postes de préposées aux bénéficiaires ne seront pas pourvus le samedi par exemple.

Voilà le genre d'exemples concrets qui font bondir les représentants syndicaux de la CSN, réunis en point de presse vendredi matin au CHUS Fleurimont afin de dénoncer le manque de personnel flagrant dans le système de santé.

« Considérant des surplus de 5 milliards du gouvernement du Québec pour 2015-2016, la CSN réclame la fin de l'érosion du réseau public et un réinvestissement massif pour redonner l'oxygène nécessaire à son bon fonctionnement », a martelé le présent de la CSN Jacques Létourneau.

Celui-ci fait présentement une tournée québécoise des établissements de santé et visite tous les jours des travailleurs essoufflés, fatigués, découragés.

« Des préposées aux bénéficiaires m'ont raconté qu'elles rentraient au travail à 6 h le matin sans être payées plus pour pouvoir préparer leur journée et pour pouvoir faire la toilette de jusqu'à 15 ou 16 bénéficiaires dans une journée! Ça n'a pas de sens! » s'exclame-t-il.

Autre exemple concret, cette fois à l'hôpital de Magog. « Normalement, on y ajoute 30 préposées aux bénéficiaires sur la liste de rappel pour la période estivale. Cette année, ce nombre est passé à huit! Il est donc difficile de remplir tous les quarts de travail », ajoute Denis Beaudin, président du conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie.

Difficile pour les syndicats de savoir ce qui se passe exactement chez l'employeur et pour quelles raisons ces quarts de travail ne sont pas comblés. Listes de rappel trop courtes? Certainement. Manque de personnel disponible? Dans certains métiers, comme les infirmières, c'est une cause indéniable. Par souci d'économie? Parfois peut-être.

En effet, l'inquiétude demeure que la direction ne remplace pas ou n'embauche pas afin d'économiser. La direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a déclaré plus tôt cette semaine qu'elle aurait un déficit anticipé de 5 M$ sur un budget de 1,2 milliard $ pour l'année financière en cours. Outre les contraintes administratives, les principaux points ayant mené à ce déficit anticipé sont les absences de longue durée du personnel pour des congés de maladie ainsi que les accidents de travail. « À ce chapitre, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a dû verser près de 15 millions de plus qu'il y a deux ans (2014-2015) », a fait valoir le directeur des finances Pierre-Albert Coubat, en entrevue à

La Voix de l'Est. Appelé à préciser ce qui a engendré cette hausse, M. Coubat a soutenu que « la majeure partie des causes sont externes au travail », sans toutefois être en mesure de les chiffrer.

« Ici en Estrie, on demande un réinvestissement massif par l'embauche de personnel pour venir aider ceux qui sont en place. La direction du CIUSSS dit qu'elle paie beaucoup de congés maladie et de cas de santé et sécurité au travail, mais c'est loin d'être fini si elle n'investit pas dans l'embauche. Les employés tiennent le réseau à bout de bras, mais là, ils commencent à avoir les bras fatigués », image Denis Beaudin.

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