Matière à plainte, selon le CAAP-Estrie

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Évincé de l'hôpital en pleine nuit samedi, Roger Rhéaume se portait mieux lundi.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Selon le Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes de l'Estrie, Roger Rhéaume aurait eu raison de s'opposer à son congé de l'hôpital en pleine nuit.

En invoquant le fait qu'il a de la difficulté à se déplacer et qu'il souffrait encore, l'homme de 78 ans avait tous les arguments pour dormir sur son lit d'hôpital jusqu'au matin et ainsi être mieux en mesure d'organiser son retour à la maison.

C'est ce que fait valoir Serge Arel, directeur général du CAAP-Estrie, l'organisme mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour aider les citoyens dans leurs démarches de plainte pour les services reçus dans tous les établissements du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« Ma réponse est hypothétique en fonction des éléments qui ont été racontés, mais peut-être que dans ce cas-là, une autre personne aurait été plus apte à céder son lit que M. Rhéaume », ajoute M. Arel.

Les centres d'assistance et d'accompagnement aux plaintes sont en place dans toutes les régions administratives de la province. Ils sont financés par le MSSS et leurs services sont gratuits et confidentiels.

Même s'il sait que le cas de M. Rhéaume n'est pas unique, Serge Arel n'est pas en mesure de dire si les plaintes pour des événements semblables sont nombreuses. Son organisme aide les usagers, mais il n'est pas un canal unique vers le commissaire aux plaintes, le protecteur du citoyen ou le conseil des médecins.

« On voit des cas où des patients ont été transférés dans des CHSLD sans que leur famille ait été avisée, par exemple. Il y en a. Mais le commissaire aux plaintes peut recevoir des plaintes sans que nous soyons dans le portrait », précise Serge Arel.

Roger Rhéaume, pour sa part, se portait mieux lundi. Dès dimanche, en fait, alors que la cortisone qu'on lui avait administrée faisait enfin effet, il prenait du mieux, et « ç'aurait été déjà plus facile pour lui de sortir », relate Pascal Cyr, un proche qui a raccompagné le septuagénaire chez lui dans la nuit de samedi à dimanche.

M. Cyr entend néanmoins adresser une plainte, mardi, au protecteur du citoyen, au conseil des médecins et à toutes les instances en cause. « Je vais mettre ça dans la machine et ça va spinner, assure-t-il. Ce n'est pas pour demander de l'argent mais pour créer un précédent pour ne pas que ça se reproduise.

« M. Rhéaume a été chanceux dans sa malchance, ajoute M. Cyr, parce qu'il a pu compter sur notre aide pour le raccompagner, mais qu'est-ce que ça aurait été s'il avait été seul? On l'aurait mis dans un taxi et le chauffeur l'aurait aidé à monter les deux étages pour rentrer chez lui?

« Si le médecin l'avait maintenu quelques heures de plus sur son lit d'hôpital, le temps que la cortisone fasse effet, est-ce que ça aurait mis les finances du CHUS en péril? »

Le commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSS de l'Estrie-CHUS Denis Beaulieu n'a pas voulu commenter le dossier, lundi, référant La Tribune à la direction des communications de l'institution.

Au cabinet du ministre de la Santé Gaétan Barrette, une attachée de presse a précisé qu'il ne commentait pas les cas particuliers. « La personne peut faire appel au commissaire local aux plaintes et à la qualité des services si elle s'estime lésée », écrit Julie White.




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