Un HLM de cinq étages privé d'ascenseur

L'immeuble des Habitations Léonidas compte 40 logements répartis... (Spectre Média, René Marquis)

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L'immeuble des Habitations Léonidas compte 40 logements répartis sur cinq étages.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Les résidents des Habitations Léonidas, un HLM situé dans le quartier Centre-Sud de Sherbrooke, n'ont plus accès à leur ascenseur depuis deux semaines, ce qui n'est pas sans causer des inconvénients aux personnes âgées ou à mobilité réduite qui habitent cet immeuble de 40 logements répartis sur cinq étages.

Après avoir connu divers problèmes mécaniques au cours des derniers mois, l'ascenseur a été mis en arrêt complet le 5 janvier dernier. Depuis cette date, les locataires des étages supérieurs doivent utiliser les escaliers de service pour sortir de l'immeuble puisque l'édifice ne compte qu'un seul ascenseur.

Le porte-parole des résidents des Habitations Léonidas, Benoît Lessard, reconnaît que la situation entraîne son lot d'inconvénients pour une partie des résidents de cette Habitation à loyer modique (HLM), propriété de l'Office municipal d'habitation.

«C'est surtout pour les personnes à mobilité réduite que c'est le plus difficile, dit-il. On a une dame de 83 ans qui a des problèmes cardiaques et qui soigne un cancer. Elle doit aller à ses traitements de radiothérapie tous les jours. On a aussi une dame qui se déplace en marchette. Elle doit monter et descendre 48 marches à chaque fois qu'elle doit sortir de son logement. C'est surtout ça qui est difficile. On essaie de les aider du mieux qu'on peut, mais...»

Mesures d'aide

M. Lessard dit avoir été informé que des mesures d'aide aux personnes à mobilité réduite allaient être mises en place sous peu par l'Office municipal d'habitation.

«On nous a assuré qu'il y aurait des bénévoles qui vont venir aider les gens, par exemple vider leurs poubelles, monter leurs sacs d'épicerie, etc. On nous a confirmé que ça allait se faire la semaine prochaine.»

Locataire des Habitations Léonidas depuis 28 ans, M. Lessard indique que l'ascenseur n'en était pas à ses premières pannes lorsqu'il a été mis en arrêt le 5 janvier dernier.

«Au mois de juillet, le moteur de l'ascenseur a manqué. À ce moment-là, on nous a dit qu'on allait faire fonctionner l'ascenseur une couple d'heures, le matin et l'après-midi, pour nous accommoder, mais qu'on allait remplacer l'ascenseur par un ascenseur neuf. L'Office nous a dit que le budget avait été accepté.»

Selon M. Lessard, le remplacement de l'ascenseur se ferait en deux phases: «Il y aura une première phase au printemps et une autre à l'automne. Entre-temps, on nous a dit qu'on pourrait avoir accès à l'ascenseur temporairement...»

Malgré les inconvénients que doivent vivre les locataires à mobilité réduite, M. Lessard dit ne pas craindre pour la sécurité des résidents. «On a un bon plan d'évacuation. Le Service de protection des incendies connaît aussi très bien notre immeuble. Je ne suis pas vraiment inquiet. S'il le faut, je vais moi-même m'occuper d'évacuer l'immeuble», affirme le porte-parole des résidents.

L'OMH réfute toute négligence

L'Office municipal d'habitation de Sherbrooke se défend d'avoir fait preuve de négligence concernant l'entretien de l'ascenseur des Habitations Léonidas.

«Il est normal dans la vie d'un immeuble où il y a un ascenseur que ce genre de situation survienne, estime le président de l'OMH et conseiller municipal Robert Pouliot. Malgré le fait qu'on effectue deux inspections préventives chaque année, ce genre de bris mécanique peut quand même se produire.»

Selon M. Pouliot, les délais entourant la réparation de l'ascenseur s'expliquent par le fait que la compagnie Otis n'était pas en mesure de trouver les pièces défectueuses parmi son réseau de distribution canadien.

«La plupart du temps, un bris comme celui-là prend en moyenne deux à trois jours avant d'être réparé lorsqu'il s'agit de pièces usuelles. Mais dans le cas de Léonidas, Otis n'avait pas les pièces dans ses ateliers de réparation du Québec, ni du Canada. Actuellement, ils essaient d'en trouver une ailleurs dans tout leur réseau, sinon ils vont devoir envisager la fabrication.»

La situation vécue aux Habitations Léonidas n'est pas la première du genre parmi tous les HLM que gère l'Office municipal d'habitation, précise M. Pouliot. «En novembre, l'ascenseur du 250 rue Laurier a été en rodage pendant sept ou huit jours. Même chose pour les Habitations Sainte-Marie près de Youville.»

M. Pouliot affirme qu'en pareille situation, l'Office municipal d'habitation possède un plan d'intervention afin d'amoindrir les impacts sur ses locataires.

«Lorsqu'une situation comme celle-là se présente, on a des techniciens communautaires qui se rendent dans les HLM pour venir en aide aux gens qui ont besoin d'aide, que ce soit pour monter leurs sacs d'épicerie ou descendre leur lessive à la salle de lavage, etc.»

En outre une indemnité de loyer pouvant atteindre 100 $ par mois est prévue dans les statuts et règlements de l'Office municipal d'habitation. Une telle indemnité a été versée le mois dernier aux Habitations Léonidas.

«On aime beaucoup nos résidents et on essaie de les dorloter du mieux qu'on peut, indique Robert Pouliot. Dans le cas des habitations Léonidas, on sait que c'est une situation difficile pour certains résidents. Ils ont hâte que ça se règle. Et nous aussi.»

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