Trudeau échange avec 600 citoyens

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Pas moins de 600 personnes ont répondu à l'invitation de venir discuter avec le premier ministre du Canada Justin Trudeau, mardi soir à Sherbrooke, dans le cadre de sa tournée nationale amorcée jeudi dernier en Ontario, pour entretenir ses liens avec les citoyens.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Pas moins de 600 personnes ont répondu à l'invitation de venir discuter avec le premier ministre du Canada Justin Trudeau, mardi soir à Sherbrooke, dans le cadre de sa tournée nationale amorcée jeudi dernier en Ontario, pour entretenir ses liens avec les citoyens.

Accompagnée de ses trois enfants et de la... (Spectre Média, René Marquis) - image 1.0

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Accompagnée de ses trois enfants et de la coordonnatrice sherbrookoise d'Amnistie internationale Mireille Elchacar, l'épouse du blogueur saoudien Raïf Badawi, Ensaf Haïdar (à droite sur la photo), a obtenu un court entretien privé avec le premier ministre Justin Trudeau avant la rencontre publique.

Spectre Média, René Marquis

Pendant une heure et quart, sur un ton qui se voulait amical et ouvert, M. Trudeau a donné la parole à une douzaine d'entre eux, profitant de leurs questions pour rappeler notamment la politique d'immigration du pays, le programme économique de son gouvernement, et ses engagements à réduire les gaz effet de serre, à défendre les intérêts des agriculteurs canadiens et à investir dans les soins à domicile et les soins de santé mentale.

La soirée a bien commencé pour la Sherbrookoise Ensaf Haïdar, l'épouse du blogueur saoudien Raïf Badawi, qui a eu droit à un court entretien privé avec le premier ministre avant la rencontre publique. Accompagnée des trois enfants du couple et de la coordonnatrice sherbrookoise d'Amnistie internationale Mireille Elchacar, Mme Haidar s'était inscrite et avait fait la file à l'extérieur pour ne pas rater cette occasion d'interpeller Justin Trudeau sur le sort de son mari emprisonné en Arabie Saoudite.

«C'est un miracle d'avoir pu lui parler», a raconté Mme Haidar en se disant encouragée et rassurée par cette rencontre.

«Il travaille beaucoup, mais ça se passe en coulisses. C'est diplomatique et ça se passe à l'abri des médias. Ça nous donne de l'espoir.»

«On espérait simplement avoir une chance de lui poser une question, renchérit Mme Elchacar, alors de le rencontrer, on aurait pas pu rêver d'un meilleur scénario.»

«Maintenant on voudrait que personnellement il y ait des gestes qui accompagnent cette sincérité qu'on sent bien.»

«Nous sommes tous préoccupés par la situation de Raif Badawi, a glissé dans son mot d'ouverture le premier ministre. C'est son cinquième anniversaire de naissance qu'il célèbre en prison et on continue de travailler, d'intervenir à toutes les fois qu'on le peut, pour essayer de l'amener auprès de sa famille. Ça fait partie de l'engagement du Canada à défendre les droits humains dans le monde.»

Les questions se sont ensuite enchaînées, moitié en français, moitié en anglais, amenant toutefois des réponses en français du premier ministre, «parce qu'on est au Québec et que pour que tout le monde comprenne bien», a-t-il justifié.

À une militante anti-pipeline, il a expliqué qu'on ne pouvait plus séparer ce qui est bon pour l'économie de ce qui est bon pour l'environnement, qu'on se devait de bâtir en protégeant l'environnement. «On est en train de réduire les gaz à effet de serre, on est en train de gérer la transition qui va nous permettre de réduire et d'éventuellement éliminer notre dépendance au pétrole, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain.»

À une dame qui dénonçait les délais trop longs pour des familles qui attendent d'immigrer au Canada, il a expliqué sa préoccupation de maintenir un système juste et efficace mais qui permet en même temps de rassurer les Canadiens sur leur sécurité et sur les chances de réussite des immigrants qui arrivent au pays.

À une autre citoyenne qui l'interrogeait sur la menace que Donald Trump laisse planer sur les accords commerciaux avec les États-Unis, il a fait valoir que les deux économies étaient étroitement liées et que si des milliers d'emplois au Canada dépendent du commerce avec nos voisins du Sud, des millions d'emplois aux États-Unis dépendent des mêmes relations commerciales. «Si le président pensait imposer des barrières aux frontières, il va voir que beaucoup d'États, de compagnies et de syndicats vont lui dire que ce n'est pas dans l'intérêt de la croissance économique des États-Unis et surtout de la classe moyenne qui a en grande partie aidé M. Trump à gagner.»

Le premier ministre Trudeau doit rencontrer le maire de Lac-Mégantic en privé tôt mercredi matin, avant de s'adresser aux médias à 10h. Il poursuit ensuite sa tournée à Granby.

Plusieurs questions laissées sans réponses

Une poignée de citoyens de Lac-Mégantic avaient fait la route jusqu'à Sherbrooke, mardi soir, pour tenter d'obtenir du premier ministre Justin Trudeau un engagement ferme quant à la construction d'une voie de contournement ferroviaire.

«C'est une tragédie abominable qui s'est passée ici, a convenu M. Trudeau. Je suis allé visiter la ville à quelques reprises et on sent encore l'état de choc. Je comprends que c'est important une voie de contournement et je suis d'accord que ça doit se faire. J'entends clairement à quel point les gens réclament une voie de contournement. Maintenant on va continuer le processus d'évaluation avec la province et avec la municipalité et on espère pouvoir l'accélérer.»

Le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic Robert Bellefleur s'est dit encouragé mais pas pleinement satisfait de cette réponse. «C'est la première fois qu'on pouvait s'adresser au premier ministre, c'est un pas en avant, mais il n'a pas répondu à ma question à savoir quand la voie de contournement allait être annoncée», a-t-il confié à La Tribune à l'issue de la rencontre.

Même si la rencontre avait lieu au manège militaire de la rue Belvédère et que l'avion du premier ministre s'était posé à l'aéroport de Sherbrooke en fin d'après-midi, il n'a pas été question ni de la réfection des deux manèges militaires de Sherbrooke ni de la désignation tant attendue pour l'aéroport par l'Administration canadienne de la sûreté aéroportuaire.

«C'était une belle soirée. Il y avait beaucoup de monde, mais j'aurais aimé avoir des réponses à des enjeux plus locaux», a d'ailleurs soulevé une participante, Micheline Dupuis, lorsque interrogée par La Tribune.

Un petit groupe d'étudiants de l'Université Bishop's venus s'immerger «dans l'actualité canadienne», relate la Parisienne Juliette Castelot, ont pour leur part été bien servis.

Tandis que le néo-Sherbrookois Mohamed El-Khayati, qui voulait voir de près le premier ministre, il a trouvé que «les bonnes questions avaient été posées», même s'il n'a pu poser la sienne.

Même constat pour Lisa Robert Goulet, une Lennoxvilloise qui voulait prendre le pouls des Sherbrookois à cette rencontre. «Je lis beaucoup de choses sur les réseaux sociaux et M. Trudeau a répondu à la plupart de mes questions sur l'immigration, sur Lac-Mégantic, sur le bilinguisme, commente la dame. Je voulais ressentir son énergie et je constate qu'effectivement c'est un excellent orateur. Mais je n'ai pas pu prendre de photo avec lui, par exemple. Une prochaine fois peut-être!»

Le Sherbrookois Réjean Beaudoin avait préparé, quant à lui, une question sur les paradis fiscaux, mais sa main tendue à plusieurs reprises pour avoir droit de parole n'a pas été retenue par le premier ministre. Le citoyen ne s'en trouvait pas plus malheureux. «J'ai passé une soirée intéressante. Je lui ai trouvé une grande facilité de communication.»

À l'extérieur du manège militaire, enfin, une vingtaine de citoyens ont manifesté pour réclamer notamment plus de logements sociaux, mais le dossier n'a pas trouvé écho à l'intérieur.

Plusieurs questions laissées sans réponses

Une poignée de citoyens de Lac-Mégantic avaient fait la route jusqu'à Sherbrooke, mardi soir, pour tenter d'obtenir du premier ministre Justin Trudeau un engagement ferme quant à la construction d'une voie de contournement ferroviaire.

« C'est une tragédie abominable qui s'est passée ici, a convenu M. Trudeau. Je suis allé visiter la ville à quelques reprises et on sent encore l'état de choc. Je comprends que c'est important une voie de contournement et je suis d'accord que ça doit se faire. J'entends clairement à quel point les gens réclament une voie de contournement. Maintenant on va continuer le processus d'évaluation avec la province et avec la municipalité et on espère pouvoir l'accélérer. »

Le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic Robert Bellefleur s'est dit encouragé mais pas pleinement satisfait de cette réponse. « C'est la première fois qu'on pouvait s'adresser au premier ministre, c'est un pas en avant, mais il n'a pas répondu à ma question à savoir quand la voie de contournement allait être annoncée », a-t-il confié à La Tribune à l'issue de la rencontre.

Même si la rencontre avait lieu au manège militaire de la rue Belvédère et que l'avion du premier ministre s'était posé à l'aéroport de Sherbrooke en fin d'après-midi, il n'a pas été question ni de la réfection des deux manèges militaires de Sherbrooke ni de la désignation tant attendue pour l'aéroport par l'Administration canadienne de la sûreté aéroportuaire.

« C'était une belle soirée. Il y avait beaucoup de monde, mais j'aurais aimé avoir des réponses à des enjeux plus locaux », a d'ailleurs soulevé une participante, Micheline Dupuis, lorsque interrogée par La Tribune.

Un petit groupe d'étudiants de l'Université Bishop's venus s'immerger « dans l'actualité canadienne », relate la Parisienne Juliette Castelot, ont pour leur part été bien servis.

Tandis que le néo-Sherbrookois Mohamed El-Khayati, qui voulait voir de près le premier ministre, il a trouvé que « les bonnes questions avaient été posées », même s'il n'a pu poser la sienne.

Même constat pour Lisa Robert Goulet, une Lennoxvilloise qui voulait prendre le pouls des Sherbrookois à cette rencontre. « Je lis beaucoup de choses sur les réseaux sociaux et M. Trudeau a répondu à la plupart de mes questions sur l'immigration, sur Lac-Mégantic, sur le bilinguisme, commente la dame. Je voulais ressentir son énergie et je constate qu'effectivement c'est un excellent orateur. Mais je n'ai pas pu prendre de photo avec lui, par exemple. Une prochaine fois peut-être! »

Le Sherbrookois Réjean Beaudoin avait préparé, quant à lui, une question sur les paradis fiscaux, mais sa main tendue à plusieurs reprises pour avoir droit de parole n'a pas été retenue par le premier ministre. Le citoyen ne s'en trouvait pas plus malheureux. « J'ai passé une soirée intéressante. Je lui ai trouvé une grande facilité de communication. »

À l'extérieur du manège militaire, enfin, une vingtaine de citoyens ont manifesté pour réclamer notamment plus de logements sociaux, mais le dossier n'a pas trouvé écho à l'intérieur.

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