Gilles Vandal craint l'arrivée de Trump

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Spécialiste de la politique américaine, le professeur retraité Gilles Vandal a présenté sa vision des relations canado-américaines sous Donald Trump, mardi, devant quelque 130 étudiants aînés de l'Université de Sherbrooke.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) L'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis menace les relations canado-américaines et nécessitera des ajustements importants du gouvernement de Justin Trudeau pour traverser les quatre prochaines années sans trop de dégâts.

C'est du moins la démonstration faite mardi par le professeur émérite et retraité de l'Université de Sherbrooke Gilles Vandal, un spécialiste de la politique américaine qu'on peut lire régulièrement dans La Tribune. À trois jours de l'investiture du président Trump vendredi, M. Vandal prononçait une conférence devant quelque 130 étudiants de l'Université du Troisième âge, à l'invitation de l'Association générale des étudiants aînés de l'UdeS qui amorçait ainsi sa session d'hiver.

Selon l'expert, Donald Trump arrive comme un politicien imprévisible, souvent désordonné, qui a montré qu'il pouvait affirmer quelque chose et son contraire en moins de 24 heures.

Son attitude face au premier ministre du Canada comporte un élément d'incertitude supplémentaire en ce qu'il aime côtoyer les vedettes et que Justin Trudeau a fait la preuve qu'il en était une depuis un an sur la scène internationale. « Dans ce cadre-là, ça pourrait être un élément positif (pour le Canada) ou un couteau à double tranchant puisque Trump n'aime pas non plus se faire déranger. »

En procédant à un remaniement ministériel la semaine dernière, pour remplacer Stéphane Dion par Chrystia Freeland au ministère des Affaires étrangères, Justin Trudeau a fait preuve d'une grande lucidité, estime M. Vandal.

« M. Dion aurait eu possiblement de la misère à fonctionner au niveau idéologique avec le prochain secrétaire d'État américain (NDLR.: le PDG de la société pétrolière ExxonMobil Rex Tillerson). Si j'utilisais trois mots pour le définir, ce serait pétrole, pétrole et pétrole! Dans ce cadre-là, l'administration Trudeau essaie de se préparer pour amoindrir les effets négatifs.»

Gilles Vandal estime que Mme Freeland sera un atout dans le jeu canadien, elle qui connaît bien l'administration américaine pour avoir étudié et travaillé à New York auparavant. « Ce n'est pas pour rien si tout en devenant ministre des Affaires étrangères, c'est elle qui va conserver le dossier des relations canado-américaines qui implique toute la question du commerce. Cela nous montre les enjeux en présence et l'importance qu'on veut leur accorder. »

« Quand il y a une tempête, reprend M. Vandal, on peut affronter les bourrasques ou se plier comme les roseaux en attendant que ça passe. J'ai l'impression à l'heure actuelle avec l'attitude du gouvernement canadien que ça va dans ce sens-là. On est obligé de prendre acte de la situation et d'agir en conséquence. (...) Parce qu'avec Trump, on ne peut rien prendre pour acquis. »

Du discours d'investiture du nouveau président américain, vendredi, M. Vandal ne sait trop à quoi s'attendre. « M. Trump est tellement imprévisible! Il est un peu mégalomane et il voudra donner un bon spectacle. En fait, c'est exactement l'antithèse de son prédécesseur, Barack Obama, dont on pouvait voir la vision claire et qui cherchait à rassurer les gens. On n'a pas vu ça depuis un siècle aux États-Unis, quelqu'un comme Trump, prêt à bousculer tout l'ordre établi. »

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