Carlos Casado a trouvé sa famille (vidéo)

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(Sherbrooke) En 2011, Carlos Casado a quitté sa République dominicaine natale pour s'installer à Sherbrooke. En mettant les pieds ici, il ne parlait pas un mot de français, et se retrouvait évidemment sans emploi. Aujourd'hui, grâce au programme d'insertion à l'emploi de Moisson Estrie et aux subventions salariales octroyées par Emploi-Québec, le Sherbrookois d'adoption est non seulement commis d'entrepôt à temps plein chez Moisson Estrie, mais il forme aussi les nouveaux employés empruntant la même voie que lui. Portrait d'une intégration plus que réussie.

« J'étais plutôt bien installé en République, raconte Carlos Casado. Je travaillais dans le milieu communautaire, dans les maisons des jeunes. J'ai aussi été élu comme conseiller municipal. Mais ensuite, j'ai connu une belle fille extraordinaire, qui venait de Sherbrooke, alors je me suis marié et je l'ai suivie jusqu'ici, pour repartir à zéro! »

« Même avant que j'arrive au Canada, les gens me parlaient souvent du Québec et de Sherbrooke, du fait qu'il y a une belle communauté interculturelle ici, souligne-t-il. J'aimais déjà la ville avant d'y être. »

Même s'il débarque en Estrie avec son optimisme habituel et une épouse à ses côtés, M. Casado doit tout de même travailler d'arrache-pied pour se trouver un emploi, principalement à cause de la barrière de la langue. Mais après avoir passé deux mois à apprivoiser le français au Centre Saint-Michel, il parvient à se faire engager à la ferme Les Vallons maraîchers, à Compton, où il restera pendant trois années.

« Mon travail à la ferme, c'était plaisant, mais moi, ce que j'aime, c'est le contact avec les gens, dit-il. (...) J'ai demandé deux fois à faire partie du programme d'insertion sociale d'Emploi-Québec avec Moisson Estrie, et la deuxième fois, j'ai été accepté. »

En participant à ce programme d'une durée de six mois au début de 2015, Carlos Casado dit s'être tout de suite senti « à sa place ».

« Chez Moisson Estrie, j'ai vraiment reçu un accompagnement exceptionnel de la part de Pascale Corbeil (NDLR : formatrice au Centre Saint-Michel) et de toute l'équipe, affirme-t-il. (...) Au début, c'était difficile, surtout de comprendre le français et de le parler. Mais l'équipe était sensible à ça et elle m'a beaucoup aidé. »

Une fois le programme terminé, l'organisme engage M. Casado, mais manque rapidement de ressources financières pour le payer.

« Je suis parti parce que Moisson Estrie n'avait plus les sous pour me garder, explique-t-il. Mais quelques mois plus tard, alors que je venais de me trouver un nouvel emploi, Moisson m'a appelé pour me demander si ça me tentait de revenir. »

Le Sherbrookois n'hésite pas une seconde : il quitte aussitôt son nouvel emploi et retourne chez Moisson Estrie. « Parce qu'ici, ce n'est pas juste un organisme, c'est une famille », dit-il.

Conseils aux nouveaux arrivants

Carlos Casados travaille 37,5 heures par semaine à l'entrepôt de Moisson Estrie, où il supervise et coordonne les opérations, trie les denrées et accompagne les personnes démunies qui sollicitent l'aide de l'organisme. Lorsqu'il parle de son travail, ses yeux brillent et un large sourire illumine son visage.

« Je me sens vraiment bien ici, insiste-t-il. Que Moisson me donne une opportunité comme celle-là, ça m'a permis de grandir, d'améliorer mon français et de mieux m'intégrer à la communauté. Je suis vraiment content et reconnaissant. »

En tant que Néo-Québécois, que recommanderait M. Casados aux nouveaux arrivants qu'accueille la province?

« Je ne suis pas d'accord avec les personnes qui restent dix ans au Canada et qui ne parlent pas français, mentionne-t-il. Pour s'intégrer, il faut parler la langue. Moi, j'ai coupé tous les liens avec ma langue maternelle : j'ai arrêté de parler espagnol avec mon épouse. Comme je suis une personne curieuse, je sortais aussi beaucoup de chez moi, pour découvrir des places, pour parler à des gens, même si on ne se comprenait pas toujours! »

« Je pense que c'est aussi important d'avoir quelqu'un qui est là pour nous aider, ajoute-t-il. Moi, j'avais mon épouse. Elle ne faisait pas les choses pour moi, mais elle m'accompagnait. Parce que souvent, les gens pensent qu'aider les autres, c'est faire les choses pour eux, mais ce n'est pas ça qui aide vraiment à apprendre. »

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