Motoneige : l'Union paysanne s'en prend à l'UPA

L'Union paysanne s'oppose « vigoureusement » au moyen de pression... (Archives, La Tribune)

Agrandir

L'Union paysanne s'oppose « vigoureusement » au moyen de pression « radical » de l'Union des producteurs agricole (UPA) de bloquer l'accès à leurs terres aux motoneiges afin de régler le litige entourant la hausse des taxes foncières.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Scotstown) L'Union paysanne s'oppose « vigoureusement » au moyen de pression « radical » de l'Union des producteurs agricole (UPA) de bloquer l'accès à leurs terres aux motoneiges afin de régler le litige entourant la hausse des taxes foncières.

L'acériculteur Daniel Gaudreau, de l'Union paysanne, croit que... (Spectre Média, Marie-Lou Béland) - image 1.0

Agrandir

L'acériculteur Daniel Gaudreau, de l'Union paysanne, croit que l'UPA prend la population en otages en menaçant de bloquer l'accès aux terres de ses membres pour les motoneigistes.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Le responsable acéricole de l'Union paysanne en Estrie, Daniel Gaudreau, reproche à l'UPA de prendre « la population en otage » et de se livrer à une campagne de « désinformation » concernant les véritables enjeux de ce dossier.

L'UPA a dénoncé la semaine dernière la réforme administrative du programme de crédit des taxes foncières agricoles (PCTFA) du ministre Pierre Paradis. Selon elle, cette réforme se traduira par une hausse de 30 à 40 % des coûts nets pour plus de 80 % des entreprises agricoles.

Certaines entreprises verront même leur hausse atteindre 100 %, estime l'UPA.

Le syndicat menace de bloquer l'accès à ses terres aux motoneigistes et adeptes de quad si aucun terrain d'entente n'est trouvé d'ici le 1er février.

Or, selon le représentant de l'Union paysanne, les augmentations décriées par l'UPA ne servent qu'à masquer les véritables motifs de cette opposition.

« Le coeur du litige, c'est que dans la nouvelle réforme, le ministre (Paradis) a enlevé aux producteurs agricoles l'obligation de cotiser à l'UPA pour recevoir leur remboursement de taxes. Il est là, le vrai débat. C'est ça qui fait mal à l'UPA... », estime le producteur de sirop d'érable de Scotstown qui milite depuis des années en faveur de la fin du monopole syndicale de l'UPA en agriculture.

L'obligation d'être membre de l'UPA pour avoir droit au remboursement était « une incongruité que le ministre Paradis se devait d'enlever », se réjouit M. Gaudreau. « C'était d'un illogisme épouvantable! »

L'Union paysanne se dit en faveur de la réforme du ministre Paradis. « Le nouveau programme va permettre à 2500 nouvelles petites entreprises agricoles d'avoir droit à un remboursement de taxes. Ce qui n'était pas le cas auparavant », avance M. Gaudreau.

Pas d'unanimité

Le porte-parole de l'Union paysanne estime en outre que la menace de l'UPA de bloquer l'accès à ses terres aux motoneigistes est loin de faire l'unanimité parmi les agriculteurs.

« Actuellement, l'UPA se sert d'une minorité de ses disciples ''teindus'' pour faire mal aux motoneigistes, alors que le vrai débat n'est pas l'augmentation de taxes. De toute façon, aucun producteur agricole n'a encore reçu son compte de taxes, alors il n'y a pas de quoi paniquer... »

M. Gaudreau rappelle que le ministre Paradis a déjà fait amende honorable en nommant le fiscaliste et professeur de l'Université de Sherbrooke Luc Godbout afin de faire la lumière dans ce dossier.

« Le ministre a même dit la semaine dernière à (la radio) 107,7 que si son ministère s'est trompé dans ses évaluations, il va les ajuster. Je suis convaincu qu'il y a moyen de s'entendre pacifiquement, sans prendre la population en otage », insiste-t-il.

« Il ne faut jamais oublier que c'est la population qui achète nos produits et qui paie nos remboursements de taxes à travers ses taxes et ses impôts. Et ce n'est pas en plaçant des photos des députés sur les poteaux qu'on va régler le dossier. C'est une campagne qui nuit à l'image des agriculteurs au lieu de nous aider », croit enfin M. Gaudreau.

« Une mauvaise interprétation », dit l'UPA

L'Union paysanne fait « une mauvaise interprétation » des modifications apportées au Programme de crédit des taxes foncières agricoles (PCTFA) lorsqu'elle prétend que l'adhésion à l'Union des producteurs agricoles (UPA) ne sera plus obligatoire afin de recevoir son remboursement de taxes, affirme le président de l'UPA Estrie, François Bourassa.

« Beaucoup de gens pensent comme ça, mais c'est une mauvaise interprétation, affirme le dirigeant de l'UPA régionale, tout en reconnaissant que des modifications ont été apportées au PCTFA quant aux critères entourant le remboursement.

Selon M. Bourassa, la réforme du ministre Paradis maintient l'obligation faite à un producteur agricole de payer sa cotisation à l'UPA, qu'il soit pour ou contre la situation de monopole syndical de l'UPA. Par contre, le fait de ne pas avoir payé sa cotisation n'empêchera plus l'agriculteur de recevoir son remboursement.

« Avant la réforme actuelle, le Programme prévoyait que la cotisation à l'UPA devait être payée pour qu'un producteur puisse avoir droit à son remboursement. Dans la réforme actuelle, l'obligation de payer est toujours là, sauf que le producteur va pouvoir recevoir son remboursement, même s'il n'a pas payé sa cotisation. Mais l'obligation demeure », précise M. Bourassa.

« Le seul inconvénient que cela va avoir pour l'UPA, c'est qu'il va y avoir plus de producteurs qu'avant qui ne paieront pas leur cotisation au premier avis. Cela veut dire qu'il va y avoir plus de frais juridiques à payer, autant pour le producteur que pour l'UPA. »

François Bourassa rappelle que la Régie des marchés agricoles a toujours fait respecter cette règle et qu'il prévoit qu'il en sera ainsi, tant et aussi longtemps que la loi qui reconnaît l'UPA comme seul et unique syndicat accrédité des producteurs agricoles ne sera pas modifiée.

« Lorsqu'un syndicat est reconnu, tout le monde est tenu de payer, dit-il. C'est vrai dans le milieu agricole comme dans le milieu ouvrier. »

Pour ce qui est des hausses de coûts nets que l'UPA anticipait, M. Bourassa indique que celles-ci sont en train de s'avérer.

« Nous avons des producteurs qui ont commencé à recevoir leur compte de taxes et dans la majorité des cas, les augmentations que l'UPA avait prévues sont exactes à quelques sous près », a indiqué M. Bourassa, qui espère toujours voir le gouvernement entamer un dialogue avec l'UPA avant le 1er février, date à laquelle l'accès aux sentiers de motoneiges sur les terres de l'UPA sera bloqué.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer