Atteint d'une tumeur : Le « plus grand inconnu » de sa vie

Le photographe Jean-François Dupuis devra être opéré mercredi... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le photographe Jean-François Dupuis devra être opéré mercredi pour une tumeur frontale. Il songe à documenter les moments suivant l'opération avec un appareil compact.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) À 47 ans, le photographe Jean-François Dupuis fait face au « plus grand inconnu » de sa vie. En novembre dernier, les médecins ont découvert qu'une tumeur s'est logée derrière son front. C'est à la suite d'une opération prévue mercredi que celui qui a enseigné la photographie à des dizaines et des dizaines de Sherbrookois en saura davantage sur la suite des choses.

« Je pense à ma vie, à mes enfants. Mes parents sont assez disponibles. Quand tu vis des choses comme ça, ça rapproche », glisse-t-il en entrevue. « C'est l'inconnu, c'est au jour le jour. Ça va changer ma vie. »

Le Sherbrookois a d'abord eu des symptômes qui s'apparentaient à une labyrinthite en octobre. Fatigué, il a éveillé des soupçons chez ses étudiants, habitués à le voir enthousiaste et passionné.

Une élève lui a lancé, en blaguant à moitié, si c'est l'élection de Donald Trump qui l'affectait à ce point. Puis, c'est lors d'une soirée de novembre que tout a basculé, alors qu'il a perdu connaissance devant sa conjointe. Un scan a révélé la présence d'une tumeur frontale, à partir de laquelle une biopsie sera effectuée.

Depuis un mois, les symptômes se sont accentués; il cherche davantage ses mots et a plus de difficulté à se concentrer.

Jean-François Dupuis est l'un des patients du réputé neurochirurgien et neuro-oncologue David Fortin, une sommité en matière de traitement des cancers cérébraux.

« Ce gars-là, c'est un artiste dans son domaine », lance Jean-François Dupuis. « Il n'est pas du type Walt Disney. Il m'a dit qu'il aimerait bien me dire que ce n'est pas cancéreux, mais il ne le sait pas encore. » Après l'opération, il en saura donc davantage sur ce qui l'attend et s'il doit faire de la chimiothérapie.

« Un peu révolté »

Sur le coup, la nouvelle l'a complètement jeté par terre. Son garçon a six ans, sa fillette quatre ans. Il aime passer du temps avec eux, s'en occupe lorsque sa conjointe est au boulot le week-end. Étourdi, il doit se contenter de les regarder glisser en ce moment plutôt que de dévaler les pentes avec eux.

« Je suis un peu révolté », admet-il avant de penser à tous ces gens croisés lors de son dernier rendez-vous au CHUS. « Il y avait des jeunes, des vieux... Je me suis dit que je n'étais pas seul. »

« La maladie, c'est comme la loterie. Tu ne sais jamais quand tu vas gagner... Tu ne veux pas gagner! J'ai rencontré un gars de Québec qui venait rencontrer le Dr Fortin. Il était confiant, il avait l'air en paix. Je ne comprenais pas, mais je pense que c'est un processus, ça demande du temps. »

Le travailleur autonome doit aussi composer avec un certain stress financier, puisqu'il a dû cesser de travailler presque complètement.

Il souhaite de tout son coeur que l'opération n'affecte pas sa créativité. « Je dis souvent que l'important, ce n'est pas l'appareil-photo, ce sont les idées! »

Le photographe disait souvent qu'il fait de la « photothérapie ». Et c'est maintenant plus vrai que jamais.

Il faut l'écouter parler pour comprendre à quel point il aime cette forme d'art, à quel point elle l'habite bien au-delà des heures consacrées à son gagne-pain. « Quand j'en fais, ça me fait du bien. »

« J'aimerais ça parler d'un moment de bonheur que j'ai eu en décembre », enchaîne-t-il. Il raconte, tout excité, la chance qu'il a eue d'aller photographier les espaces inhabités de l'ancien hôtel Wellington au centre-ville. Ce fut un véritable cadeau de Noël... et ce n'est pas du matériel, mentionne-t-il. Ceux qui le connaissent ont une idée de l'ampleur de son amour pour les immeubles abandonnés. Ils connaissent aussi son talent pour faire ressortir la beauté dans ce qui peut sembler en être complètement dénué.

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