Alain Lemaire: une grande histoire de fidélité

Alain Lemaire, cofondateur de Cascades, était âgé de...

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Alain Lemaire, cofondateur de Cascades, était âgé de 23 ans lorsqu'il s'installe de façon permanente à Kingsey Falls, en 1970, après des études à l'Institut des pâtes et papiers de Trois-Rivières.

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(Kingsey Falls) CHOISIR LES RÉGIONS / Vivre en région, y développer ses talents, son projet ou son entreprise, c'est le choix de plusieurs personnes qui ont contribué à l'épanouissement de leur communauté. Les quotidiens du Groupe Capitales Médias présentent une série d'entrevues de personnalités qui rayonnent partout au Québec tout en cultivant leur attachement à leur milieu.

Alain Lemaire est le plus jeune des trois frères derrière le succès de Cascades, une entreprise familiale fondée en 1964 à Kingsey Falls, devenue une multinationale spécialisée dans les produits d'emballage et de papier. Originaire de Drummondville, M. Lemaire est âgé de 23 ans lorsqu'il s'installe de façon permanente dans la municipalité du Centre-du-Québec, en 1970, après des études à l'Institut des pâtes et papiers de Trois-Rivières. Même si l'entreprise compte aujourd'hui près de 90 unités d'exploitation en Amérique du Nord et en Europe, le siège social demeure toujours au même endroit.

«On est resté pour la qualité de vie. C'est aussi les gens d'ici qui nous ont adoptés. Alors on voulait leur rendre leur générosité. Pourquoi partir à l'extérieur quand les trois frères et nos acolytes sont ici?» résume le président exécutif du conseil qui a été président et chef de la direction de Cascades de 2003 à 2013.

Cascades compte au total 11 000 employés. À Kingsey Falls, ils sont plus de 1200 sur une population de quelque 2000 habitants.

«Environ 40 % des travailleurs demeurent à Kingsey Falls et les environs. D'autres viennent de Sherbrooke, Victoriaville, Princeville, Drummondville et même Trois-Rivières», note celui qui vit à deux minutes à pied de son bureau. Il précise qu'il n'y a aucun feu de circulation dans la municipalité et que, s'il y a un peu de trafic, c'est seulement entre 17h et 17h03.

Lorsqu'on lui demande quels sont les attraits du village, M. Lemaire en a long à dire. Il mentionne le parc Marie-Victorin avec ses mosaïcultures géantes, ses jardins, ses chutes et sa serre tropicale remplie d'oiseaux exotiques. Les visiteurs peuvent aussi visiter le magasin général où une portion de la collection privée d'antiquités d'Alain Lemaire est exposée.

«Je trouve important de conserver le patrimoine. Je m'intéresse particulièrement aux pièces en fonte. Concernant les antiquités, un projet de musée est aussi dans l'air.»

Cascades offre des visites guidées de ses usines au grand public, une activité qui a attiré près de 5000 curieux cette année.

«On a aussi une belle rivière, des pistes cyclables et c'est un bel endroit pour faire de l'équitation ou de la motoneige», ajoute-t-il.

Alors que ceux qui dirigent une multinationale vivent normalement dans une grande ville, les Lemaire ont toujours aimé l'esprit des petites communautés. «Souvent, les individus ne se saluent même pas dans les grandes villes. Faut penser à ça aussi. Vivre dans une petite communauté, c'est sain et bon pour la santé mentale de tout le monde.»

La famille Lemaire est très impliquée dans sa communauté. Elle investit plusieurs centaines de milliers de dollars chaque année dans le parc Marie-Victorin. L'école primaire de Kingsey Falls est une des plus avant-gardistes au Québec grâce aux dons de Cascades qui varient entre 50 000 $ et 100 000 $ par an. Cet argent est notamment utilisé pour l'achat de iPad, disponibles à tous les enfants de l'école, pour l'organisation d'activités originales au service de garde et pour financer des voyages. Cascades finance aussi la moitié des frais d'inscription au hockey mineur de tous les enfants de Kingsey Falls.

«On est à l'écoute des besoins locaux», résume-t-il.

Alain Lemaire est également trésorier de l'Association forestière des Cantons de l'Est et, au fil des ans, il a fait l'acquisition de plusieurs lots boisés afin de protéger certaines essences nobles du patrimoine forestier.

Qualité de vie

Le défi de la multinationale qui insiste pour maintenir son siège social dans une petite municipalité est d'attirer de la main-d'oeuvre de calibre.

«C'est une des raisons pour lesquelles l'entreprise investit dans les services communautaires. On souhaite développer l'esprit d'appartenance en misant sur la qualité de vie.»

Et Cascades fait tout en son pouvoir pour rendre Kingsey Falls attrayante aux travailleurs.

«On offre une prime de résidence pour les employés qui s'installent à Kingsey Falls, on paie leurs taxes municipales et on leur offre une prime pour la construction ou l'achat de leur maison. Les employés ont accès à un gym et à un entraîneur gratuitement. Et pour ceux qui ont à se déplacer, on a des avions, des hélicoptères et des chauffeurs à leur disposition», note M. Lemaire, admettant qu'une des difficultés rencontrées par les familles de ses employés est parfois de trouver un emploi pour le deuxième parent dans les environs.

C'est aussi dans les gènes des frères Lemaire de voir au bien-être de leur entourage.

«Quand on était jeune, on était les plus pauvres sur la rue et tout le monde était toujours rendu chez nous. Nos parents nous ont appris que c'est important de prendre soin de notre monde. Ils étaient très généreux et avaient à coeur le volet communautaire», souligne M. Lemaire qui est convaincu que le facteur humain est au coeur de tout succès.

«Bien sûr, il y a le travail. Rien ne se fait sans effort. Mais ce sont les gens qui font la différence et on le répète souvent, c'est essentiel de bien s'entourer.»

Lemaire rime avec communautaire. Une bonne chose pour les employés de Cascades et les citoyens de Kingsey Falls.

Lieu de résidence: Kingsey Falls

Se situe où: à mi-chemin entre Montréal et Québec, Kingsey Falls est aussi à 70 kilomètres de Sherbrooke et à 20 kilomètres de Victoriaville

Depuis combien d'années: 1970, donc 46 ans

Comment le choix s'est fait: une occasion d'affaires

Un attrait à noter: le parc Marie-Victorin avec ses mosaïcultures géantes, ses jardins, ses chutes et sa serre tropicale grouillante d'oiseaux exotiques

Un inconvénient: absence d'école secondaire, cinéma, centre commercial

Une idée pour améliorer le sort des régions: mousser leurs attraits et développer l'esprit d'appartenance

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