L'impatience se fait sentir chez les gardiens de prison

Un panneau déplorant le manque d'investissement a été... (La Tribune, Alain Goupil)

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Un panneau déplorant le manque d'investissement a été installé par le syndicat devant l'entrée du Centre de détention de la rue Talbot à Sherbrooke. Les agents de la paix en services correctionnels sont sans contrat de travail depuis avril 2015.

La Tribune, Alain Goupil

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Alain Goupil
La Tribune

Sans contrat de travail depuis près de deux ans, les agents de la paix des établissements de détention du Québec n'écartent pas d'autres manifestations, si les négociations avec Québec ne reprennent pas de façon sérieuse au cours des prochaines semaines.

L'un des signes de l'impatience des syndiqués est d'ailleurs bien visible devant l'entrée du centre de détention de la rue Talbot, à Sherbrooke, où un panneau déplore le manque d'investissement en matière de sécurité publique.

« Ce manque d'investissement touche l'ensemble des établissements de la province, y compris Sherbrooke, déplore Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, affilié à la CSN. Cela fait des années qu'on le dit, les centres de détention sont les mal-aimés de la Sécurité publique. On est le dernier maillon de la chaine et nos établissements sont laissés à l'abandon depuis des années. »

Outre le manque d'investissement en infrastructures, M. Lavoie déplore surtout le manque de formation des quelque 2800 agents de la paix en services correctionnels et ce, dans un contexte où les cas de santé mentale sont en augmentation constante depuis 15 ans, selon le syndicat.

À ce chapitre, M. Lavoie déplore le fait que l'employeur n'arrive pas à respecter l'esprit de la convention collective en matière de formation de la main-d'oeuvre.

« Notre contrat de travail dit clairement que l'employeur a la responsabilité de former adéquatement les agents de la paix, mais il ne définit pas de quelle façon il doit le faire, souligne-t-il. On nous promet chaque année qu'on va nous former, mais dès qu'il y a des coupures dans le ministère, c'est la formation qui écope. On nous dit qu'on va nous la donner l'année prochaine, mais les coupures reviennent d'année en année... »

Le manque de formation touche notamment l'utilisation des armes à feu ainsi que les armes intermédiaires telles que le poivre de cayenne et les pistolets à décharge électrique.

Si les pourparlers ont permis d'avancer sur certains points, M. Lavoie indique que les questions liées aux salaires, au régime de retraite et à la précarité des employés à temps partiel ont fait achopper les négociations.

Bien que leurs moyens de pression soient limités en vertu des services essentiels, les syndiqués n'écartent pas le recours à divers moyens comme ceux utilisés en octobre dernier lors de l'occupation des plusieurs bureaux de députés.

« Nos moyens de pression sont peut-être limités, mais on est une organisation militante et on va certainement continuer de manifester notre impatience, a prévenu M. Lavoie. Cela va faire deux ans en avril qu'on n'a plus de convention collective et il faut que ça bouge. On est des officiers de justice et on ne sent pas le respect auquel on est en droit de s'attendre de la part de l'employeur. »

Au ministère de la Sécurité publique, personne n'était disponible mardi pour réagir aux doléances du syndicat.

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