Des bénéfices à la méditation en classe

La méditation pleine conscience fait partie du quotidien... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

Agrandir

La méditation pleine conscience fait partie du quotidien des élèves de l'enseignante Mélanie Bell.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Un projet alliant méditation pleine conscience et activité physique mené à l'école primaire l'Écollectif, à Sherbrooke, montre des retombées bénéfiques chez les enfants, particulièrement chez les enfants qui ont une moins grande attention en classe.

Le professeur Félix Berrigan fait partie de l'équipe... (Spectre Média, Maxime Picard) - image 1.0

Agrandir

Le professeur Félix Berrigan fait partie de l'équipe de l'UdeS qui a mené des recherches à l'Écollectif sur la méditation pleine conscience et l'activité physique.

Spectre Média, Maxime Picard

« On a voulu voir l'effet d'une période de méditation pleine conscience de courte durée. C'est moins bien connu », commente le professeur Félix Berrigan de l'Université de Sherbrooke.

La recherche, menée avec le professeur Marc Bélisle, est liée au projet de maîtrise de l'étudiant Rémi Richelme.

L'Écollectif est un terreau fertile pour les chercheurs qui s'intéressent à l'activité physique. Depuis quelques années, l'équipe-école a ajouté, en collaboration avec les chercheurs de l'UdeS, 100 minutes d'activité physique par semaine dans la plage horaire des enfants. Les retombées positives ont été constatées dans le cadre des recherches.

Cette fois, l'équipe a comparé une période de méditation pleine conscience, avec une période entremêlant méditation pleine conscience et activité physique, une autre pour laquelle les élèves ne faisaient que de l'activité physique et finalement, avec une période contrôle, où les enfants ont regardé un documentaire.

Ces activités ont eu lieu au printemps dernier, et l'équipe de l'UdeS rédige actuellement un rapport de recherche sur la question.

« Ce qu'on voit, c'est qu'il y a une diminution du stress dans l'ensemble des jeunes, peu importe l'intervention », commente Félix Berrigan, qui a deux enfants fréquentant l'Écollectif.

Autre constatation : les enfants qui ont généralement moins d'attention en avaient davantage.

Un outil de plus

« On est content d'avoir des résultats. C'est un outil de plus pour les enseignants afin de prédisposer les élèves à de meilleurs apprentissages... »

Ce genre d'initiative a l'avantage de pouvoir se mettre en place assez facilement.

« C'est quelque chose qui peut être montré facilement aux enseignants », croit M. Berrigan.

L'initiative s'est mise en branle alors que des enseignants faisaient déjà appel à des gens dans leur entourage, dont des parents, pour pratiquer des séances de méditation pleine conscience.

Enseignante en cinquième et en sixième année à l'Écollectif, Mélanie Bell a développé un intérêt pour le sujet en réalisant sa maîtrise.

«C'est d'imposer un moment... où tu prends conscience de ce moment.»


Elle est de celles qui avaient constaté les bénéfices avant même que l'étude de l'UdeS ne soit menée. 

L'enseignante a notamment montré à son groupe comment prendre de grandes respirations, comment faire de la visualisation, et elle utilise aussi en classe un bol tibétain, qu'elle fait résonner avec un bâton de bois lorsque le besoin se fait sentir.

Qu'est-ce que la pleine conscience? « C'est d'imposer un moment... où tu prends conscience de ce moment », vulgarise Mélanie Bell. 

Le bol tibétain joue maintenant un rôle important en classe. Lorsqu'on le frappe avec le bâton de bois, il produit une vibration sonore. 

« Chaque fois, les élèves arrêtent ce qu'ils sont en train de faire, ils prennent trois grandes respirations (...) Je n'ai jamais à hausser le ton. Quand l'énergie monte, on fait un petit « ting », et tout s'arrête... Je fais ça indépendamment de l'étude, je le fais de façon continue, tous les jours. » 

L'enfant a lui-même un rôle dans la dynamique de la classe : lorsque cela devient trop bruyant, il peut décider de faire sonner le bol. « Ça aide à calmer tout le monde... » 

Il est impressionnant de constater à quel point les enfants peuvent être stressés, commente Félix Berrigan. 

Qu'est-ce qui peut leur causer du stress? 

« C'est quelque chose de multifactoriel. Ça peut venir du milieu familial, des relations sociales avec les pairs, des évaluations à venir... » répond le chercheur. 

Mélanie Bell abonde : des enfants peuvent être stressés d'accomplir certaines tâches parce qu'ils ne se trouvent pas doués. « Ils se dénigrent. Ça crée beaucoup d'angoisse et de stress... »

Certains enfants peuvent être moins attirés que d'autres par le sport, reconnu pour ses bienfaits. La méditation pleine conscience peut donc devenir une autre option intéressante pour ces enfants. « Je crois au bienfait de cette pratique. Tous les enseignants devraient avoir ça dans leur routine », commente l'enseignante. 

Les données ont été recueillies auprès de 89 élèves participants au projet.

Partager

À lire aussi

  • L'anxiété, « le mal du siècle »

    Actualités

    L'anxiété, « le mal du siècle »

    Les jeunes sont de plus en plus anxieux, et les parents qui demandent de l'aide sont plus nombreux, estime François Aubin, un psychologue spécialisé... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer