Soupir de soulagement à Asbestos

Le maire d'Asbestos, Hugues Grimard, à droite sur... (Spectre Média, René Marquis)

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Le maire d'Asbestos, Hugues Grimard, à droite sur la photo, s'est dit rassuré par la volonté d'Ottawa d'exclure la revalorisation des résidus miniers de son projet d'interdire l'amiante au pays à compter de 2018. On l'aperçoit en compagnie du Dr Joël Fournier, président d'Alliance Magnesium.

Spectre Média, René Marquis

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Yvan Provencher
La Tribune

(Asbestos) Les principaux intervenants du milieu socioéconomique d'Asbestos ont exprimé leur soulagement, jeudi, en apprenant que l'activité de transformation des résidus miniers ne sera pas visée par le bannissement de l'amiante au Canada à compter de 2018.

Ainsi, les projets de développement économique présents et futurs touchant la mise en valeur et l'utilisation des réserves minières pourront prendre leur envol. « Nous comprenons l'importance de cette annonce pour protéger la santé publique de tous les citoyens, mais nous sommes aussi rassurés concernant les perspectives futures de développement économique sur notre territoire », affirme Hugues Grimard, maire de la ville d'Asbestos et préfet de la MRC des Sources.

« Les investisseurs et les promoteurs peuvent maintenant être rassurés et continuer d'aller de l'avant dans la réalisation de leurs projets. Nous avons plusieurs belles opportunités de développement à Asbestos et nos équipes économiques sont heureuses de poursuivre leur travail afin de concrétiser leurs projets », souligne pour sa part Pierre Corbeil, président de la Corporation de développement socioéconomique d'Asbestos.

La députée de Richmond, Karine Vallières, ne cache pas sa très grande satisfaction du travail d'équipe effectué par les intervenants du milieu d'Asbestos, les députés fédéraux Alain Rayes et Luc Berthold, au cours des derniers jours. « Les résultats sont là, la ministre Duncan ayant pris en considération les observations que nous lui avions adressées. C'est un soulagement de la disparition du vent d'incertitude qui soufflait. Il importait de rassurer autant le milieu local que les investisseurs potentiels, que les projets existants n'allaient pas être pénalisés par cette nouvelle politique. »

De son côté, le président du Mouvement Pro-Chrysotile, Serge Boislard, s'est dit ambivalent face à cette annonce.

« Je suis heureux d'apprendre que les stratégies de diversification économique qui nous amèneront vers la création d'une technopole du magnésium vont se poursuivre. D'autre part, je suis déçu de l'interdiction de l'importation et de l'exportation à venir, ce qui entraînera des fermetures d'entreprises qui utilisaient de l'amiante, entre autres pour des tuyaux de fibrociment, des produits très performants, une grosse gaffe du gouvernement canadien à mon avis ».

Serge Boislard déplore également le déni des différences entre certaines fibres d'amiante et le chrysotile. « La science est claire à cet effet, le chrysotile n'est pas responsable du mésothéliome. En même temps que l'amiante est visée pour un bannissement, on veut légaliser la marijuana ! Il y a quelqu'un quelque part qui n'a rien compris. C'est une victoire pour les lobbys antiamiante, certaines firmes d'avocats et des compagnies de fibres de remplacement de l'amiante, bien organisées et bien présentes dans la capitale nationale, véhiculant des demi-vérités ».

Il faut rappeler que depuis plusieurs années, la région des Sources travaille à la diversification de son économie. Plusieurs secteurs sont en émergence et l'exploitation du gisement minier est l'une des composantes importantes de cette diversification.

« Nous sentons une réelle effervescence dans toute la région puisque plusieurs investisseurs majeurs nous ont déposé des projets potentiels en plus de ceux déjà en cours de réalisation et annoncés », conclut le maire Grimard.

Thetford surveillera l'allure des consultations

Le maire de la ville de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, et le préfet de la MRC des Appalaches, Paul Vachon, se sont dits satisfaits d'avoir obtenu l'assurance des ministres Duncan et Bibeau par une conférence téléphonique que les résidus miniers ne seront pas touchés par la nouvelle réglementation et qu'il y aura tenue de consultations sur l'interdiction de l'amiante.

« Nous savions que cette décision était imminente. Nous avons eu le temps de faire des représentations. Il ne reste qu'à espérer que ce qui ressortira de ces consultations ira dans le même sens et qu'il n'y aura pas trop de contraintes qui rendraient la valorisation des résidus trop difficile à réaliser », de préciser le maire Marc-Alexandre Brousseau.

À cet égard, le maire Brousseau fait état de projets qui pourraient être mis à l'étude au Centre de technologie minérale et de plasturgie (CTMP) et qui nécessiteraient du financement. « Il faudrait que l'obtention de financement demeure possible. »

Marc-Alexandre Brousseau a répété que l'aide de 50 millions $ accordée par le gouvernement fédéral dans le cadre de l'Initiative canadienne de diversification économique des collectivités tributaires du chrysotile n'est pas suffisante. « Nous avons plein de projets et nous ne ferons pas de choix. Nous voulons tous les réaliser. L'aide financière actuelle n'est pas suffisante. Il faudra que le gouvernement fédéral bonifie ces montants. »

Ayant également participé à la conférence téléphonique avec les ministres fédérales Kirsty Duncan et Marie-Claude Bibeau, le préfet de la MRC des Appalaches, M. Paul Vachon, a fait lui aussi contre mauvaise fortune, bon coeur.

« L'exploitation de l'amiante, son exportation, l'importation d'amiante et de produits en contenant, c'est fini. C'est correct, on en convient. Nous allons vivre avec. Toutefois on voulait s'assurer qu'on ne toucherait pas aux résidus miniers, que la transformation des résidus ne serait pas touchée », de préciser le préfet de la MRC des Appalaches.

Ce dernier se réjouit du fait qu'un comité de travail sera formé de gens de la région. « Nous nous réjouissons de la formation de ce comité. Nous avons un délai d'un an ou deux pour influencer les orientations, les décisions qui seront prises. On voulait préserver les résidus, c'est chose faite. Un jour, nous aurons les moyens de les exploiter. » Avec Nelson Fecteau

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