« Un enseignement ajusté aux besoins des élèves »

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En dépit de sa grille sur les « écoles efficaces », la Commission scolaire des Sommets (CSS) affirme ne pas uniquement préparer ses élèves en fonction des examens.

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En dépit de sa grille sur les « écoles efficaces », la Commission scolaire des Sommets (CSS) affirme ne pas uniquement préparer ses élèves en fonction des examens. Le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE), qui dit avoir appris l'existence de cette grille la semaine dernière, estime que cette façon de faire brime l'autonomie professionnelle des enseignants et juge qu'elle contrevient aussi à la convention collective.

Le Soleil rapportait jeudi que trois commissions scolaires, dont la CSS, recommandent à leurs enseignants de ne pas essayer de couvrir tout le programme prévu par le ministère de l'Éducation.

« Contrairement à ce qui a été dit dans l'article, on ne demande vraiment pas aux enseignants de préparer (uniquement) les élèves aux examens. Notre but n'est pas de modifier nos façons de faire pour s'adapter au contenu des examens ministériels, mais de s'assurer que le Programme de formation de l'école québécoise est enseigné dans son entièreté et d'ajuster notre enseignement aux besoins des élèves », a réagi la directrice générale de la CSS, Édith Pelletier.

La « grille de progressions des caractéristiques des écoles efficaces » a été produite par la CSS et par la commission scolaire des Grandes-Seigneuries, en Montérégie, et a ensuite été reprise par celle de Beauce-Etchemin.

Dans les exemples « de pratiques en voie d'acquisition », on propose ainsi de passer de « j'essaie de couvrir tout le programme », en passant par « j'identifie les apprentissages que je considère importants », à « je regroupe les attentes et contenus des programmes pour en dégager les apprentissages essentiels dans chaque matière ».

La vice-présidente de l'Association des directeurs et directrices d'établissement d'enseignement de l'Estrie (ADEE), Chantal Landry, abonde dans le même sens que Mme Pelletier.

Mme Landry, qui est aussi directrice du Centre de formation professionnelle de l'Asbesterie à Asbestos et du Centre d'excellence en formation industrielle de Windsor à la CSS, estime qu'il y a une incompréhension face à l'utilisation de cette grille. Elle a été surprise par tout le battage médiatique.

« C'est un outil qui sert à la direction, elle se sert de ça pour porter un regard sur son milieu », dit-elle en mentionnant que cela permet notamment de voir où sont les priorités.

« Depuis 2011 qu'on travaille avec nos écoles la notion d'écoles efficaces. C'est quelque chose issu d'une démarche amorcée il y a cinq ans. Dans cette grille-là, on retrouve tous les éléments des données de la recherche, les éléments probants qui décrivent ce qu'est une école efficace. Toutes les commissions scolaires, on est en évaluation de comment on pourrait améliorer la réussite des élèves », commente Mme Pelletier.

Elle voit dans cette grille « un outil » pour les gestionnaires afin de cibler des éléments à travailler dans leur milieu en fonction de la réalité et des besoins des élèves.

Le document s'intéresse aussi à des aspects comme la relation entre les parents et les enseignants, de même que la relation entre les professeurs et leurs élèves.

« Le programme en tant que tel a été déterminé et on a l'obligation de l'enseigner », commente le président du SEE, Benoit Houle. Ce dernier s'interroge aussi sur la volonté, dans le document, d'uniformiser l'évaluation des enseignants, puisque ceux-ci « n'ont pas tous le même type de groupe ».

« On va informer les membres de leurs droits », dit-il en parlant d'atteinte à la convention collective et à la Loi sur l'instruction publique (LIP).

Pourrait-on voir un effet indirect des conventions de partenariat avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), alors que celles-ci fixent des cibles de diplomation? « J'ai des doutes. Peut-être que oui », note-t-il en ajoutant que l'instance syndicale parle déjà de « gestion axée sur les résultats ».

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx a condamné jeudi la recommandation de certaines commissions scolaires voulant que les profs enseignent seulement les parties du programme qui seront à l'examen.

« On passe vraisemblablement beaucoup trop de temps à préparer des examens plutôt que d'être en apprentissage. Et à la fin, passer des examens, réussir des examens, ce n'est pas la finalité à tout prix », a commenté le ministre Proulx lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

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