Deux fois plus d'enfants réfugiés ont été traités

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Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a traité deux fois plus d'enfants immigrés ou réfugiés au cours de la dernière année.

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(Sherbrooke) L'arrivée de familles de réfugiés à Sherbrooke a eu un impact sur les services de première ligne offerts par le CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Le nombre d'enfants immigrés ou réfugiés traités a doublé au cours de la dernière année, passant d'une centaine à quelque 200 cas.

L'arrivée massive de réfugiés syriens a fait les manchettes, mais les enfants accompagnés par les intervenants du CIUSSS de l'Estrie-CHUS sont de diverses nationalités.

« Oui, il y a des enfants syriens, mais pas davantage que les enfants originaires d'autres pays en guerre. Les enfants réfugiés sont souvent des enfants qui sont nés ou qui ont vécu de nombreuses années dans des camps de réfugiés, alors les besoins sont grands », expliquent Luce Cardinal et Betty Gagné, deux membres de la direction du programme jeunesse au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Selon le rapport annuel du Service d'aide aux Néo-Canadiens, les réfugiés syriens sont les plus nombreux à avoir été accueillis dans la région, suivis des réfugiés de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo.

Les enfants réfugiés ont souvent des problèmes de santé, de développement et d'adaptation qui nécessitent un accompagnement.

« On parle souvent de familles nombreuses qui peuvent avoir dix enfants de 0 à 18 ans, par exemple. Et il s'agit parfois de familles déchirées. Le père peut être mort ou encore dans son pays d'origine. Alors ça fait beaucoup à gérer lors de leur arrivée », indique Mme Cardinal.

La direction insiste pour dire que cette clientèle n'est pas une clientèle exigeante.

« On doit souvent aller les chercher pour les aider. Ces familles ne sont pas habituées à avoir accès à des services de santé. On travaille à créer une ouverture, créer un accès privilégié pour faire en sorte qu'elles n'aient pas peur de se faire aider. Et l'augmentation des cas traités provient probablement en partie du succès de cette approche », explique Mme Gagné.

Les services de santé sont souvent suggérés par les intervenants de la Clinique des réfugiés et des classes d'accueil. Des équipes multidisciplinaires du CIUSSS de l'Estrie-CHUS travaillent à leurs côtés. Ces équipes sont composées d'infirmières, de travailleurs sociaux, d'éducateurs spécialisés.

Pour mieux rejoindre les communautés de nouveaux arrivants et de réfugiés, des intervenants sont déployés dans les deux quartiers où la majorité de ces derniers vont s'installer, soit le quartier Est et le quartier d'Ascot Canton. « L'objectif est de les rejoindre là où ils sont », notent les intervenantes, précisant qu'un centre de pédiatrie sociale a ouvert ses portes en 2009 à Ascot Canton et que des intervenants sont présents quatre jours par semaine pour la jeune clientèle.

Plusieurs enfants réfugiés souffrent de chocs post-traumatiques ou d'anxiété, mais ils doivent aussi composer avec tous les autres problèmes que vivent des enfants qui arrivent dans un nouveau pays, c'est-à-dire apprendre une nouvelle langue, s'adapter à un nouvel environnement, une nouvelle culture.

Sans vouloir s'attarder sur les problématiques particulières des réfugiés, la direction insiste plutôt sur le désir de les accueillir et de les accompagner. « Nous pouvons compter sur des intervenants qui ont développé une expertise pour aider les réfugiés. Une équipe volontaire qui lève la main », affirme fièrement Mme Cardinal.

Les services de première ligne représentent le point de contact de la population avec le réseau de la santé.

Quant à la pédopsychiatrie, l'arrivée de réfugiés n'a eu aucun impact sur les demandes de consultations au CIUSS de l'Estrie-CHUS. « Il n'y en a pas plus qu'avant. Le nombre de demandes n'est pas significatif, c'est-à-dire moins de cinq. Et on ne peut mentionner les motifs de consultation, puisque c'est confidentiel », affirme la direction.

Mercedes Orellana, directrice générale du SANC... (Archives, La Tribune) - image 2.0

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Mercedes Orellana, directrice générale du SANC

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Plusieurs familles accueillies comptent de nombreux enfants

« Je ne suis pas surprise que le nombre d'enfants réfugiés traités par le système de santé ait bondi au cours de la dernière année, car nous avons reçu beaucoup de familles avec de nombreux enfants. Par exemple, vendredi, on accueillera une famille de réfugiés syriens qui compte huit enfants. On est loin des familles québécoises qui comptent un ou deux enfants », note Mercedes Orellana, directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens.

Effectivement, selon le rapport annuel du SANC, daté de juin 2016, le nombre d'enfants réfugiés accueillis dans la région a doublé au cours de la dernière année passant de 202 pour l'année 2014-2015 à 394 pour l'année 2015-2016. Ces chiffres incluent les enfants réfugiés parrainés par l'État et ceux parrainés au privé.

« Les enfants de la Syrie vivent les mêmes réalités que ceux qui arrivent de l'Irak, du centre de l'Afrique ou des autres pays en guerre. Plusieurs ont vécu dans des camps où ils n'avaient pas accès à des soins de santé de qualité ou à une scolarisation. À leur arrivée, tous les enfants sont rencontrés pour une évaluation du bien-être. On vérifie notamment s'ils sont atteints de maladies à déclaration obligatoire. S'ils ont besoin de prescriptions, de soins dentaires ou oculaires, ils seront référés à des professionnels. Certains ont aussi des blessures de guerre. La majorité des enfants sont en santé, mais il y a des cas qui demandent plus de soins. Une famille avec des membres souffrant de surdité a été accueillie par exemple, d'autres enfants ont eu besoin de dialyse », explique Mme Orellana précisant que les réfugiés doivent suivre la même démarche que l'ensemble de la population pour avoir accès à un médecin de famille.

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