Ados et médicaments: les drogues et l'anxiété en cause

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Les adolescents qui consomment des drogues et ceux qui vivent avec des troubles anxieux sont plus à risque de consommer des médicaments sous ordonnance, révèle une étude menée par la professeure Élise Roy de l'Université de Sherbrooke.

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(Sherbrooke) Les adolescents qui consomment des drogues et ceux qui vivent avec des troubles anxieux sont plus à risque de consommer des médicaments sous ordonnance, révèle une étude menée par la professeure Élise Roy de l'Université de Sherbrooke.

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Elise Roy, professeure au campus de Longueuil de l'UdeS

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La problématique de la prise de médicaments sous ordonnance par des adolescents a fait les manchettes à quelques reprises, ces dernières années.

La professeure Roy, titulaire de la Chaire de recherche en toxicomanie de l'UdeS, s'est penchée sur le sujet avec son équipe, grâce aux données recueillies auprès de plus de 63 000 adolescents dans le cadre de l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. L'étude de la professeure a été publiée dans la revue scientifique The Canadian Journal of Psychiatry.

Les statistiques montrent que chez les jeunes qui ont fait usage de drogues illicites (plus de 17 500 jeunes), 5,4 % d'entre eux ont consommé des médicaments à des fins non médicales. Cette proportion pourrait être plus élevée dans les faits. « C'était la première fois qu'on avait des statistiques sur ce phénomène-là chez les jeunes au Québec », note Mme Roy.

« Ce qu'on voyait dans l'échantillon, c'est que ceux qui consomment au moins deux drogues sont quatre fois plus susceptibles de rapporter l'usage de médicaments à des fins non médicales. »

Les types de médicaments les plus populaires sont des stimulants (comme le Ritalin), des opioïdes, des sédatifs et des hypnotiques.

Outre le Ritalin, on pense notamment à l'Ativan et au Valium.

Dans la pharmacie familiale

Les jeunes peuvent se servir dans la pharmacie familiale avec différents objectifs : s'automédiquer, rechercher certains effets, contrer les effets d'autres drogues... Il peut s'agir de médicaments prescrits à leurs parents ou à un autre membre de la famille, par exemple.

Les jeunes qui ont reçu un diagnostic de troubles anxieux et qui ont eu des troubles de santé mentale sont aussi plus nombreux à rapporter avoir fait l'usage de médicaments sous ordonnance.

Ces jeunes peuvent se tourner vers ces cachets pour mieux dormir ou encore pour se sentir moins anxieux.

«Oui, la famille doit être alertée et faire attention à la gestion de ses médicaments.»


La situation est préoccupante. 

« De plus en plus les études en neurosciences montrent que le cerveau est encore très immature (à l'adolescence) », commente Mme Roy en soulignant que'environ 25 années sont nécessaires pour que le cerveau parvienne à sa pleine maturité. Le développement des fonctions cognitives peut être affecté si les jeunes consomment sur une base régulière, et c'est sans compter les risques accrus de développer une dépendance. 

Mises en garde

Élise Roy souhaite sensibiliser la population à cette problématique. « Oui, la famille doit être alertée et faire attention à la gestion de ses médicaments, mais les médecins qui voient ces jeunes-là doivent être vigilants », fait-elle valoir.

Mme Roy plaide aussi pour l'instauration d'un système de surveillance, notamment avec des enquêtes et des questionnaires plus fréquents sur le sujet. Une telle façon de faire permettrait de tracer un meilleur portrait de la situation dans la province.

Élise Roy explique que le taux de 5,4 % pourrait ne refléter qu'une partie des adolescents, puisque la question sur l'usage des médicaments d'ordonnance a été posée à des jeunes qui répondaient à une question sur « leur consommation de drogue à vie », soit chez un sous-groupe de jeunes qui admettaient avoir pris des drogues. 

« Ce n'est pas évident de bien capturer le phénomène. De la façon dont la question est posée, la prévalence peut varier », nuance-t-elle. Le faible nombre d'exemples de médicaments énumérés peut aussi jouer un rôle dans les réponses des jeunes.

Deux étudiants, Marc-Antoine Nolin et Adèle Morvannou, ont fait ressortir ces données dans le cadre d'un concours de vulgarisation scientifique à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l'UdeS. Les deux étudiants faisaient partie des lauréats du concours pour leur nouvelle scientifique.

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