Le taux d'inoccupation bondit à 6,4 %

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La baisse de migrants et d'étudiants, notamment, fait en sorte que la région métropolitaine de Sherbrooke se situe au-dessus de la moyenne au Québec qui est de 4,4 pour cent d'inoccupation.

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(Sherbrooke) Le taux de logements inoccupés a progressé encore au cours de la dernière année dans la grande région de Sherbrooke.

Selon les résultats de l'Enquête sur les logements locatifs menée par la Société canadienne d'hypothèque et de logements (SCHL) en octobre 2016, le taux d'inoccupation des appartements locatifs a augmenté à 6,4 pour cent.

Dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke, il se situait à 5,8 pour cent en octobre 2015. Cette hausse fait suite à quatre années consécutives d'une relative stabilité du marché, les taux variant de 5 à 5,8 pour cent, ajoute la SCHL.

Il y a dix ans, en 2006, ce taux s'établissait à seulement 1,2 pour cent. Certains facteurs ont contribué au ralentissement de la demande locative dans la RMR de Sherbrooke au cours de période, ajoute la SCHL. D'une part, la région a connu une baisse du nombre net de migrants. En effet, 1000 nouveaux résidants ont élu domicile dans la région de Sherbrooke en 2015, soit 500 de moins que la moyenne des cinq dernières années. En général, les nouveaux arrivants se tournent vers le marché locatif dans les premières années suivant leur arrivée.

De plus, les universités ont attiré moins d'étudiants pour l'année scolaire 2015-2016 que pour la précédente, signale la société fédérale.

« De façon générale, la population des 15-24 ans (groupe majoritairement locataire) était en décroissance dans la région dans l'enquête de 2016 par rapport à celle de 2015 », affirme-t-on.

« Selon toute vraisemblance, la demande locative a été soutenue par le ralentissement de l'accession à la propriété, mais cela ne semble pas avoir été suffisant pour contrebalancer la contraction de la demande due aux facteurs démographiques. »

Quant à l'offre, 385 logements se sont ajoutés au parc locatif dans la région de Sherbrooke lors de la dernière période couverte par l'enquête locative, soit 45 pour cent de plus qu'en 2015. « En somme, le marché locatif s'est détendu dans la RMR de Sherbrooke puisque la demande a ralenti et que l'offre a augmenté », souligne-t-on dans le rapport.

Le RPHL pessimiste

Devant ces chiffres, le Regroupement des propriétaires d'habitations locatives (RPHL) monte aux barricades. L'organisme se montre pessimiste face à l'avenir du marché locatif québécois. La RMR de Sherbrooke se situe au-dessus de la moyenne au Québec qui est de 4,4 pour cent d'inoccupation.

« Est-ce trop tard pour corriger la tendance engagée? Le nombre de projets de logements sociaux ne cesse d'être annoncé et réclamé par les associations de locataires, s'insurge-t-on. Pourtant, on retrouve déjà trop d'annonces à louer sur les sites internet et journaux. Des mois de loyer gratuits, des concours, des cadeaux persistent dans les annonces et changent le marché.

« La situation est criante; les propriétaires se voient dans l'obligation de payer des taxes qui augmentent chaque année, et d'un autre côté, on continue la construction de logements sociaux à grands prix, de façon à diminuer les revenus des propriétaires. »

Selon Martin Messier, président du RPHL, ce taux en progression met en péril la rentabilité de l'investissement immobilier, alors que la situation empire d'année en année.

« On augmente les coûts tout en maintenant les revenus bas, les augmentations de loyer ne couvrant parfois même pas l'augmentation des taxes municipales », dit-il.

« Cette situation est ridicule, car si l'aide gouvernementale se faisait directement à la personne, toutes ces sommes pourraient servir à aider plus de gens dans le besoin, qui habiteraient dans des logements privés. Il faut que nos logements soient loués, pour qu'on ait les fonds nécessaires, nous aussi, à l'entretien de notre parc locatif! Il en va du bien-être de notre économie, de nos locataires et des investisseurs! C'est une solution gagnant-gagnant! » estime M. Messier.

Enfin, le RPHL veut faire comprendre au gouvernement le rôle qui pourrait être accordé aux propriétaires privés en ce qui a trait à l'aide aux locataires ayant des besoins financiers particuliers, plutôt que de les exclure tout simplement du processus.

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