Moins de lits qu'espéré en pédopsychiatrie

Un quart des hospitalisations en pédopsychiatrie au CIUSSS... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Un quart des hospitalisations en pédopsychiatrie au CIUSSS de l'Estrie-CHUS serait lié à des dépressions sévères.

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(SHERBROOKE) Attendu depuis de nombreuses années, le pavillon Enfant Soleil comptera moins de places qu'espérée en hospitalisation à l'unité de pédopsychiatrie, qui accueille des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale. En contrepartie, le nombre de places doublera à l'hôpital de jour.

Au fil des ans, une augmentation de la capacité d'accueil en hospitalisation était attendue en pédopsychiatrie. Le projet prévoit finalement que deux lits seront ajoutés en hospitalisation. À l'hôpital de jour, les places passeront de six à douze places.

L'hôpital de jour s'adresse principalement aux jeunes jusqu'à 18 ans, tandis que les patients en hospitalisation sont âgés de 12 à 17 ans.

En mai dernier, La Tribune rapportait que les six places en hospitalisation de cette unité ne suffisaient pas à la demande. Nous indiquions qu'il n'était pas rare de compter entre 10 et 12 patients qui auraient pu être hospitalisés dans cette unité ne comptant que six lits.

Cette unité accueille principalement des adolescents de 12 à 17 ans aux prises avec des problèmes de santé mentale. Des demandes de transferts d'autres centres hospitaliers ont dû être refusées au cours des derniers mois.

La problématique avait déjà été soulevée en 2010. À ce moment, l'équipe comptait sur le pavillon Enfant Soleil, désigné « centre mère-enfant » en conférence de presse récemment, pour faire face à la situation.

« C'est sûr que c'est moins que ce qu'on avait demandé, mais on est quand même content de ça », commente Dre Carmen Beauregard, pédopsychiatre au CHUS et coresponsable de l'unité d'hospitalisation pour les adolescents au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« En période de débordement, des fois on monte à 14 patients dans les périodes de février et de mars, mais ce n'est pas à longueur d'année. Si on regarde à partir du mois de juin jusqu'en décembre, on ne déborde pas tant que ça, on a sept ou huit patients... C'est certain que l'hiver on est en débordement, on va continuer à jouer avec nos lits en hôpital de jour. Quand le patient est un peu mieux, on a de la place pour le transférer. L'hôpital de jour nous permet de jouer avec les lits et de gérer les débordements. »

« Je suis déçue de ne pas avoir douze lits, mais avoir huit lits amène une autre façon de travailler qui n'est pas nécessairement négative. Il faut prendre notre parti! »

« L'hospitalisation n'est pas la seule solution (...) c'est une solution pour les cas très sévères, mais il y a un 25 % de troubles d'adaptation, de difficultés personnelles amenant des idées suicidaires et des hopistalisations, qui peuvent être gérés d'une autre façon », nuance-t-elle également.

Environ la moitié des hospitalisations serait liée à une combinaison de troubles alimentaires, de troubles psychotiques et de troubles anxieux.

Une proportion d'environ 25 % serait liée à des troubles d'adaptation, par exemple des jeunes qui vivent du stress et qui ont des difficultés à trouver des solutions. « Ça se manifeste avec des

idées suicidaires. »

Un quart des hospitalisations serait lié à des dépressions plus sévères.

Le projet est attendu depuis longtemps et son feu vert a été annoncé plusieurs fois par les différents gouvernements. Cette fois-ci, le ministre Barrette a promis une pelletée de terre en 2018. « C'est très positif. Nos locaux sont exigus. Il y a l'hôpital de jour pour enfant qu'on veut bonifier également (...) On espère qu'on aura l'ajout de personnel qui viendra avec (le projet) », note Dre Beauregard.

La médecine de jour d'abod

L'accent a été mis sur la médecine de jour en pédopsychiatrie, dans l'élaboration du futur pavillon Enfant Soleil, qui regroupera notamment la pédopsychiatrie et la pédiatrie.

C'est ce qu'explique Stéphane Tremblay, directeur général adjoint aux programmes de santé physique généraux et spécialisés au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, au sujet de l'augmentation de deux places en hospitalisation en pédopsychiatrie. Le projet, qui prévoit aussi une toute nouvelle urgence au CHUS, est estimé à 198 M$.

Que s'est-il passé dans l'élaboration du projet, alors qu'une augmentation des places en hospitalisation était espérée?

« On n'est pas dans cette optique-là du tout », a répondu Stéphane Tremblay, en marge de la récente visite du ministre de la Santé Gaétan Barrette, en faisant valoir que « le projet n'avait pas changé ».

« De plus en plus, le 0-18 ans, c'est une médecine ambulatoire. On a vraiment axé l'approche de la programmation clinique dans l'optique d'une médecine ambulatoire. C'est la raison pour laquelle on potentialise beaucoup la médecine de jour, par rapport à l'hospitalisation. Tout ça a été regardé de nouveau au cours de la dernière année et demie, depuis l'annonce de Dr Barrette en juillet 2015, pour s'assurer que dans nos projections (...), on soit capable de répondre adéquatement aux besoins des jeunes et de leurs parents. »

« C'est une orientation qui s'exerce en médecine pédiatrique depuis une vingtaine d'années, qui progresse assez rapidement et qui a été travaillée avec les professionnels et les responsables au niveau du Ministère. Toute cette orientation, du point de vue clinique, a été validée avec eux au cours de la dernière année », renchérit Dr Tremblay.

Virage ambulatoire

Les places accordées permettront-elles de répondre aux besoins? « Il faut toujours voir l'hospitalisation non pas comme une solution, mais parfois une finalité ou une obligation parce qu'on n'a pas su intervenir à d'autres moments », répond Dr Tremblay.

Les nouveaux locaux permettront entre autres d'ajouter 12 places en pédiatrie pour la clientèle hospitalisée le jour, en plus de 10 civières à l'urgence pédiatrique.

« On a fait un virage ambulatoire extérieur avec la pédiatrie de jour. Les enfants qui ont des conditions qui ne nécessitent pas qu'ils dorment à l'hôpital ont des services en externe, à l'hôpital de jour. Actuellement, on a quatre lits, mais on va en avoir douze. On a déjà fait un changement dans notre pratique pour s'assurer que ces enfants-là aillent dormir à la maison, parfois revenir le lendemain », commente Thérèse Côté-Boileau, chef et directrice du département de pédiatrie et cogestionnaire du programme jeunesse au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Le nouvel espace disponible facilitera la vie des équipes en ce qui concerne la sécurité et la confidentialité, énumère-t-elle également.

« Depuis que le projet est sur la table, on a orienté nos services vers les soins externes, premièrement pour l'intrahospitalier, avoir des lieux physiques adéquats. On avait des chambres de quatre, qui montaient parfois jusqu'à six patients. Un de nos problèmes majeurs, c'était d'avoir nos patients en protection des infections et éviter les contacts, de permettre aux familles de se retrouver ensemble en confidentialité, parce que dans des chambres de quatre, des fois deux, exceptionnellement de 1, ça amenait des problèmes de ce côté-là. »

L'ajout de 18 chambres de maternité est aussi prévu, de même que six lits aux soins intensifs en néonatalogie.

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