Un pharmacien dénonce l'attitude du ministre Barrette

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Philippe Leng, pharmacien propriétaire d'un Familiprix de Richmond, dénonce l'attitude du ministre de la Santé Gaétan Barrette concernant « l'effort de 400 millions $ » consenti par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Un pharmacien de Richmond dénonce l'attitude du ministre de la Santé Gaétan Barrette en ce qui concerne « l'effort de 400 millions $ » consenti par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Le ministre a changé les règles du jeu, allant contre l'entente négociée avec l'organisme, déplore Philippe Leng, pharmacien propriétaire d'un Familiprix.

L'entente négociée entre l'AQPP et Québec prévoyait une réduction des honoraires des pharmaciens. Cela devait leur permettre de compenser cette baisse de revenus par une augmentation des allocations professionnelles, soit les ristournes qui leur sont versées par les compagnies pharmaceutiques à l'achat de médicaments, plaide M. Leng.

Le gouvernement libéral a réduit les honoraires des pharmaciens, mais au lieu que de retirer le plafond des ristournes, comme prévu dans l'entente, l'a relevé progressivement. Philippe Leng s'insurge du retard sur la ponction dans les honoraires qui en découle.

« J'ai dû réduire mes heures d'ouverture », soutient-il lors d'un entretien accordé à La Tribune.

« Il en résulte que deux postes de technicienne ont été touchés. Ça paraît dans les opérations de chaque jour. Je ne suis pas le seul pharmacien à avoir été obligé faire ça. »

À l'échelle québécoise, l'AQPP estime à 1000 le nombre d'emplois en pharmacies, dont 300 emplois de pharmaciens, qui ont été perdus. Ce manque à gagner produit ne perte de 3500 heures d'ouverture de pharmacies à travers la province.

C'est une guerre sans merci entre les pharmaciens propriétaires et le ministre de la Santé, ajoute M. Leng. « Nous voulons qu'il respecte l'entente. Le ministre ne peut pas renier une entente dument écrite et signée », dit-il.

« Il n'y a aucun dialogue en ce moment. Pendant ce temps, nous ça ne balance pas dans nos chiffres avec ce que nous avions prévu. »

Récemment, l'AQPP a réagi avec vigueur aux amendements au projet de loi 92 déposés « sans consultation préalable avec les pharmaciens propriétaires » et de façon unilatérale par le ministre de la Santé. Avec les amendements proposés par le ministre, les pharmaciens deviendraient les seuls professionnels de la santé à devoir ventiler leurs factures.

Rappelons que l'AQPP a engagé Me Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec, pour la représenter dans ce dossier.

Ce nouvel affront confirme à nouveau l'acharnement du ministre à l'endroit des 41 000 personnes travaillant en pharmacie communautaire au Québec, ajoute Philippe Leng. « Nous voulons dire que 41 000 personnes, c'est plus de monde que dans plusieurs grandes entreprises québécoises comme Bombardier », fait-il remarquer.

« Le ministre a déjà commencé à récupérer les 400 millions $ directement des poches des pharmaciens et va économiser également dans le futur par la baisse de leurs honoraires. Cela ne lui a rien coûté, car les pharmaciens devaient être dédommagés par les compagnies de médicaments génériques. Ça aurait été correct, car c'est le libre entrepreneuriat. »

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