Une 100e vigile en soutien à Raif Badawi

La 100e vigile en faveur de la libération... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

Agrandir

La 100e vigile en faveur de la libération du blogueur Raif Badawi a réuni plus de 300 personnes mercredi soir devant l'hôtel de ville de Sherbrooke. Sa conjointe Ensaf Haidar était du nombre.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) L'année 2017 marquera-t-elle la libération de Raif Badawi? C'est l'espoir qu'a lancé Amnistie internationale jeudi soir aux quelque 300 personnes venues assister devant l'hôtel de ville à la 100e vigile en faveur de la libération du blogueur saoudien, emprisonné depuis quatre ans en Arabie saoudite pour « insulte à l'islam » et dont la famille est réfugiée à Sherbrooke.

Pendant que de plus en plus d'observateurs sont convaincus que la « diplomatie privée » s'active en coulisse afin de faire libérer le blogueur, Amnistie internationale a décidé d'accentuer la pression en lançant une nouvelle pétition à l'échelle internationale, mais surtout en interpellant directement le premier ministre Justin Trudeau afin que celui-ci en fasse « plus » pour que l'Arabie saoudite libère Raif Badawi.

La directrice générale d'Amnistie internationale section francophone, Béatrice Vaugrante, s'est adressé aux manifestants en saluant leur ténacité et leur persévérance face à l'injustice que représente le cas Badawi. Or, après plus d'un an au pouvoir, il est maintenant temps que le premier ministre Trudeau s'implique « publiquement » et personnellement dans le dossier, a réclamé Mme Vaugrante.

« Ces derniers mois, nous avons travaillé avec le nouveau gouvernement pour demander beaucoup plus d'action. On a travaillé avec M. (Stéphane) Dion, avec Mme  (Marie-Claude) Bibeau et on les remercie pour leur travail, car ils ont mentionné le cas de Raïf Badawi lorsqu'ils en ont eu l'occasion. Mais maintenant nous exigeons plus. Nous demandons à ce que M. Trudeau lui-même intercède dans le dossier, publiquement. Qu'il fasse beaucoup plus de bruit », a déclaré Mme Vaugrante, en présence de l'épouse de Raif Badawi, Ensaf Haidar, et de ses trois enfants.

Raif Badawi a été condamné il y a quatre ans à dix ans de prison et à 1000 coups de fouet. Il a reçu une première séance de 50 coups de fouet le 9 janvier 2015, mais les autres séances, prévues tous les vendredis, ont été interrompues depuis pour des raisons de santé.

Garder espoir

La représentante d'AI a exhorté les Sherbrookois à garder espoir. « Vous avez certainement contribué à ce que les coups de fouet cessent, a-t-elle dit. Vous avez certainement contribué à faire connaître le bilan dévastateur des droits humains en Arabie saoudite. Aujourd'hui, chaque fois qu'un dignitaire d'Arabie saoudite se déplace à l'étranger, il se fait poser des questions sur Raïf Badawi. Et ça, ce sont des gains grâce à vous. On espère ardemment la libération de Raïf Badawi en 2017. Mais pour ça, il faut bosser, il faut travailler fort », a souligné Mme Vaugrante en invitant les citoyens à signer la nouvelle pétition disponible sur Internet à l'adresse www. jesuisraif.ca.

Brandon Silver, du Centre pour les droits de la personne Raoul-Wallenberg, a pour sa part rappelé le rôle déterminant que joue l'opinion publique dans un dossier comme celui de Raif Badawi. Il a notamment rappelé que « c'est l'effet combiné de l'opinion publique et de la diplomatie privée qui a mené à la libération de (l'ancien président de l'Afrique du Sud) Nelson Mandela et (du dissident soviétique) Andrei Sakharov. »

À titre de maire suppléant, le conseiller municipal Robert Pouliot a rappelé que la Ville a octroyé à Raif Badawi le titre de citoyen d'honneur et qu'il avait bon espoir que celui-ci puisse enfin retrouver sa famille et s'établir à Sherbrooke en 2017.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer