Plus de 5 M$ aux effets concrets

Le téléthon annuel de la Fondation du CHUS... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Le téléthon annuel de la Fondation du CHUS tenu vendredi a permis d'amasser pas moins de 5 463 025 $ pour lui permettre de poursuivre sa mission.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Les dollars demeurent une donnée somme toute intangible lorsqu'ils sont comptabilisés par milliers pour une cause ou une autre, mais ces derniers deviennent particulièrement ancrés dans la réalité lorsqu'ils permettent l'achat d'un appareil qui peut vous sauver la peau.

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Terrassé par un champignon qui s'attaquait à ses poumons en septembre, Viateur Côté doit la vie à l'ECMO, un « coeur-poumon » artificiel dont l'achat a été rendu possible grâce au don d'un généreux donateur il y a un an et demi, ont mentionné le Dr Charles St-Arnaud, interniste intensiviste au CHUS et la perfusionniste Julie Ouellette.

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C'est précisément le lien qui unit dorénavant Viateur Côté à la Fondation du CHUS. Grâce au don d'un généreux donateur, le CHUS a pu se procurer il y a un an et demi un ECMO (extra corporal membrane oxygenation), « un coeur-poumon » artificiel d'environ 115 000 $ qui permet d'aspirer presque la totalité du sang d'un patient et de l'oxygéner chaque minute. Quatre patients y ont eu recours en 2016, donc Viateur Côté, qui lui doit la vie.

« J'ai été chanceux », répétera quelques fois l'homme de 62 ans en entrevue avec La Tribune, en marge du téléthon Au coeur de la vie, organisé par la Fondation du CHUS. « Une semaine avant que je sorte, j'ai dit que si j'étais capable de venir au téléthon, je viendrais, et je le suis. Je suis chanceux d'être ici. »

Terrassé par un champignon qui avait infecté ses poumons de manière « catastrophique » à la fin du mois d'août, l'ECMO a permis aux médecins de gagner du temps précieux, du temps qui a fait la différence entre la vie et la mort de leur patient.

« Ses poumons ne pouvaient plus fonctionner. Même en étant endormi, branché aux soins intensifs, le peu de fonctions des poumons qui restaient à M. Côté n'était pas suffisant pour vivre. Le temps que les antibiotiques fassent effet, il a fallu utiliser la machine », explique l'interniste intensiviste Charles St-Arnaud, l'un des nombreux médecins et spécialistes à avoir veillé à la santé de M. Côté pendant les huit semaines de sa convalescence.

« M. Côté ne serait pas devant vous aujourd'hui sans cette machine. Il serait décédé », confirme-t-il.

À terme, l'ECMO devrait être utilisé une dizaine de fois par année. Le Dr St-Arnaud espère éventuellement obtenir un deuxième appareil pour assurer qu'il y en ait toujours un de disponible, vu l'urgence que commandent les situations dans lesquelles il est employé.

« Dans un monde idéal, on en aurait une deuxième, parce que si la machine brise, on est mal pris. Pendant que M. Côté était branché sur la machine, il y a eu un moment où j'ai eu un problème très grave. Un dimanche soir, d'une fin de semaine fériée, il y a une jeune femme de 40 ans qui est passée à deux doigts d'en avoir besoin. J'en avais une seule. »

Objectif dépassé

La situation de Viateur Côté était l'un des nombreux exemples des retombées concrètes des efforts de la Fondation du CHUS depuis 39 ans pour constamment y améliorer les soins hospitaliers. Le téléthon annuel de la Fondation tenu vendredi a permis d'amasser pas moins de 5 463 025 $ pour lui permettre de poursuivre sa mission.

« On est très, très, très content, s'est réjoui le directeur général de la Fondation, André Larocque. On a dépassé l'objectif qu'on s'était fixé et c'est très satisfaisant. L'émission, c'est l'aboutissement de tous les efforts qu'on fait dans l'année pour accomplir notre mission et c'est très satisfaisant. Il faut amasser des dons pour remplacer et acquérir de l'équipement pour soigner les patients, consacrer des fonds à la recherche (30 % des sommes) et une petite partie va à la formation du personnel médical. Quand on réussi des coups comme ça, on se dit mission accomplie. »

« On a neuf reportages qu'on a présentés ce soir sur des sujets extrêmement variés, qu'il s'agisse de santé mentale, de la bactérie mangeuse de chair, des pharmaciens qui préparent les doses, etc. C'était exceptionnel de voir à quoi les fonds ont servis, mais surtout la relation exceptionnelle entre les nombreux spécialistes du CHUS et leurs patients. C'est ce qui permet d'avoir des soins d'aussi grande qualité dans la région. C'était extrêmement instructif et éclairant sur ce qui se fait comme bon coup dans la région. »

« Tout est significatif »

Inspirés par leur nouveau camarade qui est atteint de la maladie du sirop d'érable, les intervenants et les enfants du CPE Les Stroumps, dans l'arrondissement de Bromptonville, ont récolté plus de 1091 $ pour aider le CHUS à mettre la main sur un nouvel appareil dans le département de génétique.

Âgé de trois ans, la maladie génétique dont est atteint Eliot Morin touche tout au plus une dizaine de personnes au Québec. Les membres du CPE qu'il fréquente depuis août ont tout de suite voulu lui faire comprendre qu'il était dorénavant « un membre de la famille ».

« Eliot est arrivé au mois d'août et ceux qui le connaissent savent qu'on ne peut pas faire autrement que de tomber sous son charme. Quand on vu qu'il participait au téléthon Au coeur de la vie, on a aussi voulu s'impliquer. C'est une façon de dire qu'on est une famille, qu'on se tient, qu'on va se lever pour lui et qu'on veut faire une différence », explique la directrice générale du CPE Les Stroumps, Johanne Rioux, qui a tenu à remercier l'éducatrice Annie Ayotte ainsi que les familles pour leur généreuse contribution.

« On a pu contribuer à acheter un bout de patte de caoutchouc de l'appareil », ajoute-t-elle en riant.

« Il n'y a pas de petits dons. Tout est significatif », prend néanmoins soin de l'assurer le docteur généticien Sébastien Chénier.

Le département de génétique du CHUS est à la recherche d'un nouvel analyseur d'acides aminés d'un coût d'environ 350 000 $. « On aimerait l'avoir depuis hier, mais chaque don nous en rapproche et un jour on pourra acheter l'appareil. »

Le nouvel appareil permettrait non seulement d'avoir un impact significatif sur la vie d'Éliot, mais également sur plusieurs jeunes à travers le pays, selon le Dr Chénier.

« Les acides aminés, c'est comme des briques qui permettent de nous former, nous donner nos protéines et nous développer. Chez Éliot, ces briques s'accumulent et finissent par devenir toxiques pour lui. L'appareil est capable de dire si ces briques sont à un niveau correct dans son système pour qu'il puisse se développer normalement et ne pas accuser de retard dans son développement, par exemple. L'appareil qu'on utilise actuellement est désuet. Avant d'avoir un résultat, ça prend 3 à 4 heures tandis qu'avec un nouvel appareil, ça prendrait 10 à 15 minutes », fait-il remarquer.

« Dans le diagnostic d'une maladie métabolique, chaque minute compte pour ajuster un traitement et limiter les impacts que ça peut avoir. L'appareil qu'on convoite permettrait de faire toutes les analyses qu'on fait actuellement en 3 ou 4 jours seulement, ce qui nous laisserait le temps de développer d'autres tests pour diagnostiquer des maladies chez des enfants de l'Estrie, du Québec et du Canada. »

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