Quelle place fera Trump au religieux ?

La place du religieux dans le résultat de... (Spectre Média, René Marquis)

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La place du religieux dans le résultat de la dernière élection présidentielle américaine a donné lieu à des échanges entre les professeurs Gilles Vandal, Sami Aoun, Anne Leahy et Donald Cuccioletta, mercredi, à l'Université de Sherbrooke.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Quel rôle a joué la religion dans le résultat des élections américaines et quel rôle jouera-t-elle dans la façon dont Donald Trump dirigera les États-Unis?

S'il est clair que la droite religieuse a permis au président désigné de remporter l'élection présidentielle, bien malin celui qui peut prédire de quelle façon le vote religieux influencera le prochain locataire de la Maison-Blanche lorsque celui-ci prendra officiellement le pouvoir le 20 janvier.

C'est ce qui est ressorti, mercredi, de la table ronde organisée par le Centre de recherche Société, droit et religion de l'Université de Sherbrooke à laquelle cinq spécialistes en politique internationale ont pris part, soient : Sami Aoun, Mohamed Ourya et Gilles Vandal, de l'Université de Sherbrooke, Anne Leahy, de l'Université McGill, et Donald Cuccioletta, de l'UQAM.

Tous ont souligné le caractère imprévisible du futur président des États-Unis, tant sur le plan social, économique que religieux.

Gilles Vandal a cité en exemple le fait que Donald Trump avait retiré en septembre de son site Internet sa promesse de ne plus accepter d'immigrants en provenance de pays musulmans pour réintroduire cette même promesse dès le lendemain de son élection.

Pas un idéologue

Pour Donald Cuccioletta, Donald Trump n'a rien d'un idéologue religieux comme le sont plusieurs membres de l'establishment du Parti républicain tels que le sénateur Ted Cruz, le président de la Chambre Paul Ryan ou encore son vice-président Mike Pence, qu'il qualifie de « catholique acharné ».

« En fait, Donald Trump n'est pas un fanatique religieux. C'est un fanatique de l'argent », a résumé M. Cuccioletta, à qui Anne Leahy a répondu qu'à son avis « l'idole de Donald Trump, ce n'est pas l'argent, c'est le pouvoir ». Ce à quoi Gilles Vandal a répliqué qu'à son avis Donald Trump est avant tout un « opportuniste populiste » qui s'est servi de la droite religieuse comme d'un marchepied lui permettant d'accéder à la présidence des États-Unis.

Bien que toutes les statistiques entourant le scrutin du 8 novembre ne sont pas encore connues, Anne Leahy a néanmoins fait ressortir que 81 % des « white born again christians » (chrétiens reconvertis blancs) ont voté en faveur de Trump, une proportion supérieure à celle obtenue par Mitt Romney, en 2012.

« Ceux qui se sont sentis menacés dans leur mode de vie ont massivement voté pour Trump », a-t-elle observé.

« Trump, contrairement à Obama ou Clinton, est incapable de réciter un seul verset de la Bible, ajoute Sami Aoun. Sa culture religieuse n'est pas si profonde. En ce sens, il a plutôt joué la carte ethnique que religieuse », ajoutant au fait que le président désigné est davantage un pragmatique qu'un idéologue.

Cela dit, Donald Cuccioletta ne croit pas que le pragmatisme de Donald Trump lui permettra d'évacuer l'influence de la droite religieuse dans les affaires de l'État. Le fait par exemple que Donald Trump pourra nommer trois (peut-être même quatre) juges à la Cour suprême au cours de son mandat pourrait signifier la remise en question de nombreux acquis sociaux tels que l'assurance-maladie et la révision du jugement Roe vs Wade sur le droit à l'avortement.

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