Maltraitance des aînés : le milieu se concerte

La présidente-directrice générale du CIUSSS de l'Estrie -... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La présidente-directrice générale du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Patricia Gauthier, figurait au nombre des 150 représentants du réseau de la santé et des services sociaux, des municipalités, des organismes communautaires et des organismes en lien avec les personnes aînées qui ont assisté, mercredi, au forum régional sur la maltraitance des personnes âgées.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Les membres de la Table de concertation estrienne contre la maltraitance des personnes aînées étaient réunis, mercredi, au Centre Julien-Ducharme. Environ 150 représentants du réseau de la santé et des services sociaux, des municipalités, des organismes communautaires et des organismes en lien avec les personnes aînées ont assisté à ce forum régional et ont participé à l'élaboration de pistes de travail en vue de l'élaboration d'un plan d'action 2017-2022, qui sera publié au printemps 2017.

Mélissa Généreux, directrice de santé publique au CIUSSS de l'Estrie - CHUS, a souligné que la maltraitance envers les aînés était un enjeu de santé publique.

« On vit un changement démographique important et les données nous indiquent que près de 100 000 personnes sont âgées de plus de 65 ans en 2015 sur le territoire desservi par le CIUSSS de l'Estrie - CHUS, ce qui représente 21 pour cent de la population. Ces chiffres s'élèveront à 135 000 personnes âgées, soit 27 pour cent, en 2025. Aujourd'hui, on estime qu'entre 4000 et 7000 aînés sont victimes de maltraitance, mais c'est très difficile à chiffrer, entre autres parce qu'on sait qu'il y a une sous-déclaration importante liée au fait qu'il existe souvent une grande proximité entre l'agresseur et la victime », note Mme Généreux ajoutant qu'à l'échelle provinciale ce serait environ 10 pour cent des aînés qui serait victime de maltraitance psychologique, physique, sexuelle, financière, organisationnelle ou de violation des droits.

Au cours de son allocution, Roxanne Leboeuf, coordonnatrice de la Chaire de recherche sur la maltraitance des personnes aînées, a résumé l'évolution de la lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées au Québec au fil des quatre dernières décennies.

La Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes âgées vise à accroître les connaissances sur la prévention, la détection et les interventions qui permettent de contrer cette maltraitance.

Évolution sur quatre décennies

« Ça fait déjà 40 ans que la lutte contre la maltraitance des aînées existe au Québec. En 1976, la Charte des droits et libertés entre en vigueur et dans cette charte, l'article 48 stipule que toute personne âgée ou handicapée a droit d'être protégée contre toute forme d'exploitation. Il s'agit des premiers balbutiements de la lutte contre la maltraitance qui se sont faits sous l'angle de la défense des droits et libertés des personnes aînées », a rappelé Mme Leboeuf ajoutant que le concept de violence envers les aînés est sorti pour la première fois publiquement à la fin des années 1970.

Dans les années 1980, trois écrits scientifiques traitent de la maltraitance des aînées principalement en milieu d'hébergement. Sur le plan social et politique, un premier rapport, Vieillir en toute liberté, recommande en 1989 d'établir un plan d'action. Il faudra attendre 2010 pour que ce plan d'action voit le jour, précise Mme Leboeuf.

Le nombre d'écrits scientifiques a explosé au fil des décennies passant de 31 dans les années 1990 à 52 dans les années 2000 et à 74 entre 2010 et aujourd'hui.

« Les actions politiques et sociales ont toujours été influencées par les recherches scientifiques et vice et versa. Il a fallu près de 40 ans de discussions et actions dans les milieux pour que le gouvernement mette en place des actions plus structurantes », a révélé Mme Leboeuf.

La présidente-directrice générale du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Patricia Gauthier, était présente. « Je suis heureuse de voir autant de personnes rassemblées aujourd'hui et prête à contribuer à bâtir une société où l'on peut vieillir dans le respect et la dignité. Nous devons travailler pour et avec nos personnes âgées et leurs proches. Le travail « pour » nos usagers est déjà bien ancré. Nous devons encore développer le travail « avec » nos usagers », a-t-elle expliqué.

« Ne faites jamais rien pour moi, sans moi », a résumé Sylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées, pour résumer la philosophie à adopter.

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