«Un chèque de 623 $ par mois, ça ne se coupe pas»

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PHOTO LA PRESSE. OLIVIER PONTBRIAND - Montreal - 30 mai 2016. Dans cette photo: Des personnalités publiques unissent leurs voix pour réclamer le retrait du projet de loi 70 - 30 - reference 823819 Section: Actualites

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(SHERBROOKE) «623 $ par mois, ça ne se coupe pas! 623 $ par mois, c'est déjà tellement insuffisant que ça ne permet même pas de couvrir la moitié des besoins de base.»

La Coalition régionale estrienne de l'aide sociale dénonce ainsi l'adoption du projet de loi 70 du ministre François Blais. Ce dernier fait «preuve d'intransigeance, de mépris, de despotisme et d'arrogance envers une partie importante de la population qui s'était largement exprimée sur cet odieux projet de loi au printemps dernier. »

Ce projet de loi a fait l'objet de consultation publique, d'une commission parlementaire, de dépôt de nombreux mémoires et des dénonciations publiques par des recherchistes, des universitaires, des groupes communautaires, des syndicats, du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, énumère-t-on dans un communiqué de presse. Ceux-ci ont mis en garde le gouvernement «concernant l'obligation de parcours et les pénalités imposées qui sont contenues dans l'article de la loi le plus controversée, soit le programme Objectif emploi», rappelle Manon Brunelle, d'Illusion Emploi.

Rappelons que certains assistés sociaux devront se débrouiller pour vivre désormais avec aussi peu que 399 $ par mois, en vertu de la loi 70 adoptée jeudi dernier. Avec cette loi, le gouvernement s'arroge le pouvoir de couper environ du tiers la prestation de base mensuelle de 623 $ des nouveaux demandeurs d'aide sociale jugés aptes à travailler qui refusent d'entreprendre un parcours de recherche d'emploi.

«Couper un chèque de base de 623 $ à 399 $ est injuste, irresponsable et aura des conséquences dramatiques telles que l'augmentation de l'itinérance, de la violence», rage Geneviève Bouchard, d'Action Plus.

«Qui pourra payer un logement, se nourrir, s'habiller, se soigner? C'est indécent de retenir le seul revenu dont dispose une personne; c'est une atteinte grave aux droits humains.»

Pour elles, le gouvernement Couillard prend d'une main aux plus démunis et donne des cadeaux de toutes sortes (subvention et dons importants à des entreprises) de l'autre. La dernière mise à jour économique en est la preuve flagrante, ajoute-t-on.

Différents ministres de l'Emploi et la Solidarité sociale ont à maintes reprises martelé qu'il est de la responsabilité des assistés sociaux de travailler, souligne Alain Roy, de l'Association des locataires de Sherbrooke. Le gouvernement engendre lui-même tous les préjugés défavorables envers les personnes assistées sociales sans jamais parler de leur capacité, de leur aptitude, de leur habilité, de leur qualification, de leur intérêt et des emplois disponibles qu'elles pourront combler, dit-il.

«Une main-d'oeuvre servile, docile et jetable qui pourra combler des postes temporaires, de piètres qualités, dans des conditions pénibles, sans aucune vision à long terme pour permettre d'accéder et de conserver un emploi de qualité, décent et durable», dit-il.

Quelle incohérence de la part de ce qui a adopté le projet de loi 70 jeudi dernier et qui a affirmé dimanche au congrès du parti libéral, lutter contre les inégalités sociales, mentionne Line Marcoux, du Collectif estrien pour un Québec sans pauvreté.

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