L'élection pourrait ralentir les négos sur le bois d'oeuvre

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Le dossier du renouvellement de l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre risque de se compliquer davantage avec l'élection du républicain Donald Trump aux États-Unis.

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(Sherbrooke) « Le dossier du bois d'oeuvre était déjà inquiétant, imaginez aujourd'hui. »

André Roy, président du Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec, était secoué mercredi au lendemain de l'élection de Donald Trump à la présidence américaine.

Il a encore frais à la mémoire les déclarations du milliardaire au sujet des échanges commerciaux entre les deux pays durant la campagne électorale. « Donald Trump et les républicains en général se sont montrés agressivement protectionnistes », dit-il.

« C'est vrai qu'il y a une différence entre faire une campagne électorale et gouverner, mais il va se passer quoi là? Comment M. Trump va vouloir livrer la marchandise promise? Est-ce qu'il y aura des tarifs, des quotas? »

M. Roy fait remarquer que de 80 à 85 pour cent de la production canadienne est destinée au marché américain.

Il ne s'attend pas à des changements importants avant février ou mars, après la prise du pouvoir par Donald Trump. « Il doit y avoir plainte au département américain du commerce contre le bois d'oeuvre canadien. Aucune n'a encore été déposée », résume-t-il.

« Les producteurs canadiens ont investi des millions $ pour se moderniser et être plus productifs. Et le taux de change du dollar canadien nous favorise. C'est la base du conflit actuel. »

M. Roy mentionne que le développement du marché vers l'Europe n'est pas chose évidente pour les producteurs de bois d'ici. Certains pays du continent produisent d'énormes quantités de bois, comme la France notamment.

Le système de mesurage des planches se fait selon le système métrique, alors qu'ici on se sert encore des mesures impériales dans la plupart des cas.

Généralement « plus ouverts »

Déjà épineux, le dossier du renouvellement de l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre risque de se compliquer davantage avec l'élection du républicain Donald Trump aux États-Unis, estiment différents observateurs.

Ceux-ci s'attendent à des changements au sein des représentants américains, ce qui risque de ralentir des négociations qui progressaient déjà lentement entre les deux parties.

Selon le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, les négociateurs canadiens devront notamment recommencer à sensibiliser leurs homologues au sud de la frontière, ce qui, à son avis, entraînera une « perte de temps ».

Il estime toutefois que le discours protectionniste tenu par M. Trump au cours de la campagne électorale ne se traduira pas nécessairement par une modification des exigences américaines étant donné que les républicains sont généralement « plus ouverts » au libre-échange.

Après une décennie de stabilité relative, l'expiration de l'entente de 2006 sur le bois d'oeuvre et celle, le 12 octobre, d'une période de grâce d'un an, les États-Unis devraient commencer à imposer des droits sur le bois canadien. Cela devrait rendre les exportations canadiennes de bois d'oeuvre plus dispendieuses.

Les observateurs de l'industrie s'attendent à ce que des droits compensatoires et antidumping totalisant plus de 25 pour cent soient en place d'ici six mois.

Pour l'instant, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) préfère attendre avant de commenter l'élection de M.  Trump, disant vouloir d'abord rencontrer ses membres.

Vice-président directeur du Conseil du libre-échange pour le bois d'oeuvre, Carl Grenier, actuellement chargé de cours à l'Université Laval, abonde dans le même sens que M. Tétrault.

Il croit que le négociateur en chef des États-Unis, Michael Froman, pourrait être poussé vers la sortie. Si ce scénario se concrétise, M. Grenier croit qu'il faudrait possiblement attendre jusqu'au milieu de 2017 avant de connaître l'identité de son successeur. Avec La Presse canadienne

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