Déviance sexuelle : trois ans d'attente pour recevoir de l'aide

Agresseurs sexuels, voyeurs, amateurs de pornographie juvénile ou... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Agresseurs sexuels, voyeurs, amateurs de pornographie juvénile ou exhibitionnistes qui veulent se faire aider doivent attendre trois ans avant de recevoir de l'aide spécialisée en Estrie.

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La directrice de CIVAS-Estrie, Sara Martinet

Spectre Média, Jessica Garneau

Le Centre d'intervention en violence et agressions sexuelles de l'Estrie (CIVAS-Estrie), qui est la seule ressource à offrir ce service spécialisé en région, n'ajoute plus personne sur sa liste d'attente depuis le 20 mai dernier.

« Éthiquement, nous ne pouvons offrir de l'aide à des personnes si nous ne pouvons pas offrir le service avant trois ans. Souvent, nous devons retourner le client vers le réseau de la santé qui nous l'a référé. La personne est prise dans un cercle où elle ne peut recevoir de services reliés à sa problématique », explique la directrice générale de CIVAS-Estrie, Sara Martinet.

La liste d'attente de CIVAS-Estrie est bloquée à 35 patients. La thérapie de 20 mois donnée par deux intervenants et une directrice clinique permet d'aider 21 personnes à la fois.

« C'est une thérapie qui est efficace. Depuis cinq ans, une seule personne a récidivé alors qu'elle se trouvait en thérapie. Nous offrons une intervention directe afin d'agir en prévention d'un acte ou empêcher une récidive. Ce sont des hommes qui représentent la majorité de notre clientèle, mais nous offrons aussi des services à des adolescents ou des femmes », mentionne Mme Martinet.

CIVAS-Estrie offre des thérapies de groupes ou individuelles aux individus qui ont commis ou qui ont peur de commettre des délits sexuels.

« Nous avertissons le réseau de la santé de ce manque de place depuis 2008, mais nos budgets ne sont pas augmentés étant donné qu'ils se trouvent aussi en restrictions budgétaires », indique Mme Martinet.

Situation problématique

Elle soutient que des situations peuvent aussi entraîner certaines problématiques pour des personnes qui sont condamnées par le système judiciaire à suivre une thérapie au CIVAS.

« Certaines personnes ont l'obligation du juge de suivre une thérapie au CIVAS. Cependant, nous ne pouvons offrir ce service imposé par le système judiciaire et la personne se retrouve dans une situation de bris de probation ou d'engagement », explique Sara Martinet.

La présidente de CIVAS-Estrie, l'avocate de la défense Me Caroline Monette convient qu'il devient difficile pour certains accusés de compléter leur suivi probatoire en lien avec leur problématique de délinquance sexuelle.

« Il peut arriver que le suivi puisse être très difficile à faire étant donné qu'il n'y a pas de place disponible au CIVAS. La réhabilitation pour protéger la société par un suivi thérapeutique devient difficile voie impossible à faire. Il n'y a pas d'autre ressource qui peut s'en charger », signale Me Monette.

Pour réussir à joindre les deux bouts, l'organisme tente tant bien que mal d'organiser des activités d'autofinancement.

« C'est une cause importante, mais qui n'est pas la plus populaire. Nous faisons de notre mieux pour offrir le maximum de services possibles », mentionne Mme Martinet.

Cabaret-bénéfice

CIVAS-Estrie organise le 24 novembre prochain une soirée-cabaret-bénéfice de type Dégustation-Vegas au Centre de Foires de Sherbrooke animée par la sommelière Jessica Harnois avec un spectacle privé de ShyShy Schullie de l'émission La Voix 2016. Il est possible d'obtenir des billets au 819-564-5127 ou par PayPal avec la référence du CIVAS : civas.e@bellnet.ca.

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