Une période d'incertitude et d'instabilité en vue, dit Couillard

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Avec l'élection de Donald Trump à la tête des États-Unis s'amorce une période d'incertitude et d'instabilité potentielles sur le plan économique, selon le premier ministre Philippe Couillard.

Cette instabilité risque d'avoir un impact sur les relations commerciales entre le Québec et les États-Unis, particulièrement dans le dossier des négociations sur le bois d'oeuvre, a-t-il convenu.

Lors d'une mêlée de presse, mercredi matin, le premier ministre Couillard s'est montré préoccupé pour les entrepreneurs québécois soucieux de continuer à vendre leur bois aux États-Unis.

Ce sera là la «préoccupation prioritaire» de son gouvernement, a-t-il commenté, alors que se poursuivent de difficiles négociations entre le Canada et les États-Unis en vue de renouveler l'entente commerciale entre les deux pays dans ce dossier. Récemment, le Québec a fait appel à l'ex-ambassadeur du Canada à Washington Raymond Chrétien pour plaider la cause du Québec et maintenir ouvert le marché américain.

Donald Trump n'a pas caché ses visées protectionnistes durant toute la campagne électorale et s'est engagé à revoir les ententes de libre-échange, de manière à favoriser les entreprises américaines.

Malgré tout, M. Couillard s'est tout de même montré rassurant, affirmant que les deux économies étaient tellement intégrées qu'elles vont continuer à échanger leurs produits.

«Je ne m'attends pas à des perturbations majeures», a-t-il dit.

La veille, M. Couillard avait donné son appui à la candidate démocrate Hillary Clinton. Il faisait valoir que les valeurs défendues par Mme Clinton étaient proches de celles des Québécois.

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, et le ministre des Finances, Carlos Leitao, ont eux aussi voulu se faire rassurants, faisant valoir que le Québec entretenait des liens commerciaux avec les États-Unis depuis très longtemps et qu'il fallait miser sur cette relation privilégiée. Mais une fois la campagne électorale passée, il faut maintenant souhaiter «un recentrage» du discours de la part des autorités américaines, a commenté Mme Anglade.

Quant à lui, le chef de l'opposition officielle a montré des inquiétudes sur les questions environnementales.

La lutte aux changements climatiques est mal en point avec M. Trump, a estimé mercredi Jean-François Lisée.

Car M.Trump fait partie des leaders qui nient l'importance du problème du réchauffement planétaire, ce qui n'augure rien de bon pour l'avenir, a-t-il commenté en point de presse.

Avec l'élection de Donald Trump à la tête de la plus grande puissance mondiale, cette lutte aux changements climatiques vient de subir un recul majeur, d'une ou deux décennies, selon le chef péquiste.

Il s'est par ailleurs montré lui aussi rassurant sur le plan des relations commerciales entre le Québec et les États-Unis, le pays qui accueille la plus grande part des exportations québécoises. M. Lisée est d'avis qu'aucun des deux partenaires n'a intérêt à ériger des barrières tarifaires.

Les Américains feront donc preuve de réalisme économique, prévoit-il, en laissant les frontières ouvertes, malgré les positions ouvertement protectionnistes tenues par M. Trump durant la campagne électorale.

«Les Québécois ne doivent pas s'inquiéter», selon lui.

Dans le dossier du bois-d'oeuvre, les négociations entre le Canada et les États-Unis étaient déjà difficiles avant l'élection de M. Trump, alors il ne voit pas de changement à ce chapitre.

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a tenu un discours plus alarmiste que ses collègues. Elle a jugé que l'élection américaine exprimait un «profond malaise devant les élites politiques» vécu par une partie de la population déterminée à «battre un establishment».

Avec M. Trump aux commandes, un «misogyne fini» qui tient un «discours terriblement misogyne, terriblement raciste», mieux vaut désormais «s'attendre au pire», selon elle.

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