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Alzheimer : «Un effort collectif» pour repérer les proches aidants

Les proches aidants de personnes atteintes de la... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Les proches aidants de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées ne réalisent pas toujours ce qu'ils sont devenus et la travailleuse sociale et directrice des programmes et services à la Société Alzheimer de Montréal, April Hayward, était à Sherbrooke vendredi pour inviter les gens à référer ces derniers pour éviter qu'ils en subissent seuls les contrecoups.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) La Fédération québécoise des sociétés Alzheimer a réitéré vendredi l'importance des proches aidants et invité l'ensemble de la population et des institutions à « faire un effort collectif » pour les repérer afin de mieux les soutenir.

« Un proche aidant pourrait être reconnu par beaucoup de gens. Ça peut être après un diagnostic avec un médecin, mais parfois ça pourrait être une banque qui découvre des difficultés financières, un pharmacien qui voit une personne tomber en larme parce qu'elle est débordée lorsqu'elle passe récupérer des médicaments. Ça peut être différentes personnes dans l'entourage qui seront celles qui vont découvrir qu'une personne rencontre des difficultés et qui pourront nous la référer. C'est vraiment un effort d'équipe [de repérer les proches aidants], un effort collectif et de société en général, parce que ça nous touche tous », a mentionné la travailleuse sociale et directrice des programmes et services à la Société Alzheimer de Montréal, April Hayward, dans le cadre d'une conférence tenue lors du troisième Congrès québécois sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées.

Car nombreux sont les proches aidants qui ne réalisent pas ce qu'ils sont et qui subissent les contrecoups engendrés par la maladie de leur proche sans savoir qu'ils peuvent obtenir de l'appui, ajoute-t-elle.

« On peut devenir proche-aidant de plusieurs façons, mais dans le contexte de l'Alzheimer, ça commence par de petites choses : un transport à sa mère, parce qu'elle ne se sent plus à l'aise de conduire dans le trafic, un accompagnement à l'épicerie, et là tranquillement ça s'accumule et les gens se disent que ça commence à prendre beaucoup de place et à avoir un impact sur les autres sphères de leur vie. Mais ils se disent que c'est normal, parce que c'est leur père ou leur mère. »

Essentiellement, un proche aidant correspond à une personne qui donne sans rémunération du soutien, de l'aide ou des soins à une personne avec qui elle avait une relation préexistante. Et contrairement à la croyance populaire voulant que les proches aidants soient des retraités, environ 60 % de ces derniers seraient plutôt des personnes actives sur le marché du travail, mentionne Mme Hayward.

« Beaucoup de proches aidants sont dans la quarantaine et la cinquantaine, ont leurs parents, mais aussi de jeunes enfants et qui sont toujours actif sur le marché du travail. Ils doivent parfois s'absenter du travail, tenter de concilier les soins prodigués à leur proche et le travail ou des fois cesser de travailler. Et il y a beaucoup moins de reconnaissances et de structures en place pour les y accompagner. Ils ne vont pas nécessairement le dire, mais le midi pendant qu'ils lunchent, ils vont aussi être en train de prévoir des rendez-vous médicaux pour leurs parents par exemple. Il faut donc sensibiliser les employeurs à cette réalité et, sans être une experte, ça prend des solutions qui doivent être plus larges », mentionne April Hayward.

Le pouvoir d'agir en amont

Les quinze dernières années ont permis des avancées formidables dans la recherche entourant la maladie d'Alzheimer et ses différents déclencheurs, mais il ne faudrait pas espérer qu'elle recèle une panacée permettant de l'enrayer, prévient le docteur Christian Bocti.

« Les gens attendent une pilule miracle, mais je ne crois pas qu'il y en aura une. Il faut considérer la maladie comme très complexe. Le cerveau est très complexe et on ne comprend pas tout, »

Ce qui n'empêchait pas le chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, neurologue et président du comité scientifique ainsi que les quelque 450 chercheurs, cliniciens et professionnels de la santé d'être enthousiastes, vendredi, alors que se concluait le troisième Congrès québécois sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées à l'Hôtel Delta de Sherbrooke. Loin d'être négatif, le Congrès a particulièrement mis en lumière que beaucoup de travail pouvait être fait en amont et même lors de l'apparition de premiers signes annonciateurs de la maladie chez une personne atteinte pour lui permettre de lutter contre son développement.

« On sait que si on fait plusieurs choses à la fois, une intervention multimodale, on pourra peut-être arrêter le processus. Il n'y a pas qu'un seul traitement contre le cancer, il y a plusieurs combinaisons que l'on peut faire et c'est vers là qu'on s'en va. »

« Depuis 14 ans, il y a quatre médicaments sur le marché qui existent, que l'on peut prescrire et qui sont autorisés au Canada, aux États-Unis et en Europe, explique-t-il. Ces médicaments ont des effets limités sur l'évolution de la maladie, mais ont de petits effets positifs, comme de ralentir la perte de mémoire. Depuis ce temps-là, il y a eu des dizaines d'études négatives sur d'autres médicaments. Les études qui ont été positives et qui montraient de bons résultats, ce n'était pas en lien avec les médicaments, mais la prévention; la stimulation cognitive, les activités physiques et l'alimentation, comme la diète méditerranéenne, par exemple. »

Une personne atteinte de troubles cognitifs légers pourrait voir une stabilisation de sa mémoire aussi rapidement que trois mois après avoir amorcé une pratique régulière d'activités physiques, ont démontré des chercheurs jeudi.

« C'est rapide, convient le Dr Bocti, mais c'est bien démontré. La dose minimale efficace c'est trois mois d'entraînement. Un an de marche rapide à raison de trois fois par semaine stabilise. Au lieu de perdre un point de mémoire par année, vous n'en perdez pas. Trois mois d'exercice intense peuvent améliorer l'attention des fonctions exécutives et le métabolisme cérébral. »

Il est également recommandé d'éviter les traumatismes crâniens, de contrôler l'hypertension et le diabète et d'arrêter de fumer. Un message toujours de circonstances sachant qu'en Estrie seulement, Alzheimer Canada estime entre 4000 à 6750 le nombre de personnes souffrant d'atteintes cognitives liées à l'Alzheimer; un nombre appelé à croître avec le vieillissement accéléré de la population.

« Le cerveau n'est pas déconnecté du reste du corps. Si votre corps est en santé, votre cerveau risque de l'être également. En changeant de façon radicale les habitudes de vie, les gens ont le pouvoir de changer les choses. C'est ça les bonnes nouvelles », résume le docteur Christian Bocti.

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