Deux candidats impopulaires à Newport

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Tous deux à la retraite, Ted Vonschoppe et Victor Comtois ont beaucoup à dire au sujet des élections américaines. Ils constatent l'un et l'autre que l'élection présidentielle se déroule de façon fort inhabituelle cette année.

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(Newport) Le nord du Vermont, aux États-Unis, constitue un terreau fertile pour les idées conservatrices. Pourtant, il faut chercher pour trouver des inconditionnels de Donald Trump à Newport. Presque autant en fait que pour dénicher des supporteurs de son adversaire, la candidate démocrate Hillary Clinton.

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« Je ne supporte ni Trump ni Clinton », dit Raymond Bent.

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En sillonnant les rues de Newport, ville située à l'extrémité sud du lac Memphrémagog, on aperçoit ici et là de rares pancartes invitant les électeurs à voter pour Donald Trump. Aucune ne propose de choisir Clinton, visiblement mal-aimée dans cette partie des États-Unis.

De façon générale, les habitants de Newport paraissent déçus des deux candidats qui s'affrontent dans le cadre de l'élection présidentielle aux États-Unis. Plusieurs participeront au scrutin sans grand enthousiasme mardi prochain, journée de l'élection.

« Je ne voterai pour aucun de ces deux candidats. Il y a tellement d'histoires qui circulent à propos de Trump. Et rien n'a jamais changé à l'époque à laquelle Hillary était à Washington », résume Bruce White, un homme dans la mi-trentaine.

Comme d'autres Vermontois, M. White inscrira sur son bulletin de vote le nom d'une personne qui n'est pas candidate pour la présidence. On pourrait croire que cela aura pour effet d'annuler son vote, mais il n'en est rien. Il est en effet possible de proposer l'individu de son choix pour la présidence, dans cet État, et les scrutateurs sont forcés d'en tenir compte.

Possédant des racines au Québec, Victor Comtois révèle pour sa part avoir déjà voté par anticipation pour John Kasich, le gouverneur de l'Ohio, un politicien en vue dont le nom n'apparaîtra pas davantage sur le bulletin de vote mardi.

« J'appuie habituellement les Républicains, confie M. Comtois, un ancien employés des services frontaliers américains. Par contre, je ne suis pas capable de donner mon appui à Trump. Je n'aime pas ses valeurs. Ce serait un désastre pour les États-Unis s'il gagnait. Il ne saurait pas comment gérer le pays. Il n'a pas l'expérience nécessaire pour faire ce travail. »

S'affichant ouvertement gai, Raymond Bent fait aussi part de son mécontentement. « Je ne supporte ni Clinton ni Trump. Ces deux personnes-là ne sont pas faites pour diriger le pays. Mon choix, c'était le démocrate Bernie Sanders. Il vient d'une famille modeste comme moi et a toujours appuyé la communauté gaie. J'aimais sa proposition de faire payer plus d'impôts aux plus riches », déclare le jeune homme âgé de 27 ans.

Situation inhabituelle

Visiblement intéressé par les questions de nature politique, le retraité Ted Vonschoppe reconnaît que l'élection présidentielle de cette année est plutôt unique.

« J'ai 62 ans et je n'ai jamais vu une élection semblable de toute ma vie. Normalement, après huit ans de règne démocrate, la majorité devrait clairement se ranger derrière les Républicains pour avoir du changement. Mais Trump est un candidat atypique. Les Républicains auraient eu plus de succès avec quelqu'un de plus traditionnel », soutient M. Vonschoppe

Tout en effectuant ce constat, le sexagénaire reconnaît que Trump compte sur un important lot de supporteurs indéfectibles. « On a l'impression qu'il pourrait commettre un crime grave devant des milliers de personnes et que sa cote de popularité n'en souffrirait presque pas », suggère-t-il.

Ted Vonschoppe indique qu'il offrira son vote à Hillary Clinton, malgré l'enquête ouverte par le Federal Bureau of Investigation (FBI) à son sujet. « Je sais qu'elle a été affaiblie par cette affaire de courriels. L'annonce du FBI a provoqué un revirement. Cependant, je ne suis pas certain que cette histoire aura un si grand effet sur les résultats finaux. »

Quoi qu'il advienne, M. Vonschoppe s'attend à ce que plusieurs aient la gueule de bois à Washington au lendemain du scrutin. « Les deux partis trouvaient habituellement le moyen de faire ce qui était le mieux pour le pays depuis la Deuxième Guerre mondiale. Mais il y a maintenant un énorme fossé entre les deux. Peut-être qu'une nouvelle crise majeure les encouragerait à collaborer plus. »

À quoi sert-il de voter?

Travaillant dans la région de Newport, le chauffeur de taxi Tim Freehart demeure de glace lorsqu'on lui parle des élections américaines. « Je ne vote même pas », lance-t-il. À son avis, il ne sert à rien de participer aux élections américaines. « La politique ne change pas grand-chose dans nos vies. Le monde va vraiment très mal, malgré les beaux discours des politiciens », affirme-t-il. Et, s'il se fie aux discussions de ses clients dans son taxi, la campagne électorale en cours aux États-Unis ne passionne qu'un nombre restreint de gens. « Aucune des personnes qui sont montées dans mon taxi, ces dernières semaines, n'ont abordé ce sujet. » Propriétaire d'un petit restaurant à Newport, Érica Gray effectue cependant un constat totalement différent. « Nos clients parlent beaucoup des élections. Plus que d'habitude, en fait. Ils essaient de s'influencer les uns les autres. Disons qu'on est prêt pour passer à de nouveaux sujets », dit-elle à la blague. Mme Gray avoue que la campagne électorale ne l'intéresse pas énormément. Par contre, elle se fera un devoir de voter. « C'est serré alors c'est important de prendre part au scrutin », plaide-t-elle.

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