Agroalimentaire : la FCCQ veut des actions rapides

Le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget,... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget, plaide pour que la future stratégie québécoise d'innovation comporte des volets clairement destinés au secteur agroalimentaire. « Nous avons la capacité de produire, pour les consommateurs d'ici et ceux à l'extérieur de nos frontières, des quantités nettement plus grandes d'aliments frais et transformés », dit-il, en soutenant qu'il pourrait s'agir d'un important gisement d'emplois pour les régions.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) La Fédération des chambres du commerce du Québec (FCCQ) comprend l'importance de mener une réflexion stratégique afin de doter le Québec d'une vision à long terme de l'agriculture et de tout le secteur agroalimentaire, mais elle est convaincue que le gouvernement doit, parallèlement à cette réflexion, passer à l'action dès maintenant.

« Le secteur agroalimentaire doit bénéficier, sans autres délais, du soutien du gouvernement à l'innovation et à l'investissement. Il existe déjà des mesures d'aide, mais il faut les mettre à jour, les simplifier et accompagner de manière plus conviviale les investisseurs et les entrepreneurs. Nous avons la capacité de produire, pour les consommateurs d'ici et ceux à l'extérieur de nos frontières, des quantités nettement plus grandes d'aliments frais et transformés. Cette production accrue aurait des retombées immédiates et très tangibles dans toutes les régions du Québec. Il s'agirait même d'un important gisement d'emplois pour les régions », a déclaré le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget, qui était en entrevue à La Tribune mardi pour discuter des enjeux du monde des affaires québécois.

Un segment important

La future stratégie québécoise d'innovation, qui doit être rendue publique au printemps, devrait comporter des volets clairement destinés au secteur agroalimentaire, qui constitue en termes d'emplois, le plus important segment du secteur manufacturier au Québec, selon M. Forget, qui ajoute que la stratégie fédérale d'aide à l'innovation doit aussi faire une place à l'agroalimentaire, un secteur largement oublié lors des exercices précédents.

Par ailleurs, la FCCQ est favorable au libre-échange et appuie, par le fait même, la récente signature de l'Accord économique et commercial global (AECG) par le Canada et l'Union européenne. « Déjà 45 pour cent du PIB du Québec provint de l'exportation. On est une société exportatrice et nous devons continuer de diversifier nos marchés d'exportation. Par ailleurs, la FCCQ croit que le gouvernement doit venir en aide aux producteurs fromagers et laitiers qui seraient défavorisés en les compensant, en vertu des règles de commerce, évidemment », relate M. Forget.

Quant aux intentions des candidats aux élections présidentielles américaines de modifier ou éliminer l'Accord de libre-échange nord-américain, la FCCQ met en doute la réelle portée de la menace.

« On est tous préoccupés par la campagne américaine, notamment parce que les deux candidats ne se sont pas présentés comme des libres échangistes. Mais au-delà du président américain, il y a le congrès et le sénat. On a aussi un historique de libre-échange avec les États-Unis et plusieurs entreprises et états américains en bénéficient. Alors on peut croire qu'il n'y aura pas d'impact réel », soutient M. Forget.

Le défi

Et comment expliquer que la faiblesse du dollar canadien n'a pas fait exploser les exportations? « Lorsque le dollar est fort, on doit moderniser l'équipement. Lorsque le dollar est faible, on exporte. Les entreprises qui ont investi continuent d'accroître leurs exportations. Le défi que nous avons est d'accroître notre productivité et de développer des produits à valeur ajoutée. L'âge assez élevé des propriétaires d'entreprises peut être un frein à l'investissement dans l'innovation. Légitimement, ces derniers peuvent se demander s'ils investissent ou s'ils transfèrent leur entreprise à la relève, un autre enjeu », estime M. Forget.

Le défi démographique préoccupe particulièrement la FCCQ. « La problématique de la main-d'oeuvre touche tous les secteurs. Quand il y a plus de gens qui quittent le marché du travail que de jeunes qui l'intègrent, c'est difficile. La situation s'aggravera alors on doit se pencher sur les politiques d'immigration et la sélection de cette dernière », note M. Forget.

Le virage technologique est aussi un enjeu important pour les gens d'affaires selon la FCCQ. « Quand on a que 12 pour cent de nos entreprises au Québec qui font des transactions en ligne, on a un retard sur le reste du monde. On doit en même temps parler de l'accessibilité et la rapidité du réseau internet. On a encore des territoires où la haute vitesse n'est pas disponible et les entrepreneurs qui ne sont pas dans les grands centres en souffrent », relate M. Forget.

« Finalement, nous souhaitons que l'État soit un véritable facilitateur de développement des entreprises, en réduisant les dédales administratifs notamment. On ne parle pas d'un État subventionneur, mais bien d'un État accompagnateur », conclut le PDG de la FCCQ, qui représente plus de 60 000 entreprises et 150 000 gens d'affaires exerçant dans tous les secteurs de l'économie québécoise.

Le salaire minimum à 15 $

« La question n'est pas combien, mais quand? Le salaire atteindra 15 $ éventuellement, mais l'augmenter de 40 pour cent en une année n'est pas réaliste. Il n'y a pas un syndicat au Québec qui a déjà demandé ça à un employeur. L'augmentation actuelle, qui est égale à l'augmentation du coût de la vie, n'est peut-être pas suffisante, mais le salaire minimum n'est pas une mesure sociale. Il y a d'autres moyens pour lutter contre la pauvreté, comme les programmes sociaux et des mesures fiscales. Aussi, cette hausse aurait un impact à la hausse sur l'ensemble des salaires et aurait un impact sur les entreprises et l'économie. »

Bombarbier

« Ça fait un an que le Québec a annoncé son aide et on est toujours en attente d'une réponse d'Ottawa. Depuis très longtemps, on intervient auprès du gouvernement fédéral qui doit prendre parti en faveur de la CSeries, c'est un signal important à donner. L'industrie aéronautique est extrêmement importante au Québec et pour le Canada. Alors bien franchement, je ne comprends pas cette hésitation. »

Consignation de tous les contenants

« La FCCQ ne conteste pas l'intention de réexaminer les systèmes actuels, mais on souhaite que les décisions soient appuyées par des études économiques sérieuses. Il y a tout lieu de s'inquiéter de l'impact de ces mesures d'élargissement de la consigne sur le commerce de détail. On parle d'un ajout d'environ un milliard de contenants, surtout en plastique. À de rares exceptions près, les magasins d'alimentation et les dépanneurs ne disposent pas de l'espace nécessaire pour entreposer une quantité nettement plus grande de produits consignés. En ce moment, il n'existe pas d'étude sur l'impact sur le consommateur, le commerçant et les habitudes de consommation. »

Acceptabilité sociale des projets

« On a beaucoup de résistance à certains endroits, sur certains projets. Je crois qu'on doit reconnaître l'importance des entreprises privées dans le développement d'une société. On peut pas toujours dire : pas dans ma cour. L'entreprise doit aussi s'adapter. Pour qu'un projet se réalise, il faut que l'entreprise, la communauté locale, le gouvernement y voient son bénéfice. Alors un bon dialogue est nécessaire. »

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