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Le iPhone du journaliste Patrick Lagacé placé sous surveillance du SPVM

Patrick Lagacé... (Archives La Presse)

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Patrick Lagacé

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La Presse Canadienne
Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a placé sous surveillance le iPhone du chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé afin de connaître l'identité de ses interlocuteurs pendant plusieurs mois et de pouvoir le localiser avec le GPS intégré.

Au moins 24 mandats de surveillance concernant le téléphone ont été accordés par la justice depuis le début de l'année, à la demande de la section des Enquêtes spéciales de la police, a appris La Presse. Cette section est chargée de réprimer le crime au sein même des forces de l'ordre.

Trois des mandats ont permis d'obtenir les numéros entrants et sortants de l'appareil, tant pour les appels que les messages textes. Un mandat de localisation a aussi permis aux policiers du SPVM d'activer la puce GPS du iPhone de Patrick Lagacé afin de savoir exactement où il se trouvait, ont admis deux enquêteurs responsables du dossier.

Le vice-président à l'information de La Presse, Éric Trottier, a vivement dénoncé l'opération, qui «constitue une attaque sans équivoque contre l'institution qu'est La Presse et contre toute la profession journalistique».

Le controversé patron sortant des Affaires internes du SPVM, Costa Labos, a affirmé en entrevue avoir donné son feu vert à ce moyen d'enquête. Il a refusé de révéler si le chef de police Philippe Pichet a été informé de la mise sous surveillance de l'appareil. M. Labos a aussi affirmé qu'»à sa connaissance», aucun autre journaliste n'avait fait l'objet de surveillance du SPVM dans les dernières années, mais sans pouvoir «le garantir».

Le SPVM a annoncé vendredi que l'inspecteur-chef Labos avait été muté des Affaires internes vers la division des communications opérationnelles et informations policières, qui gère notamment les télécommunications du service de police. Rien n'indique qu'un lien existe entre cette décision et la mise sous surveillance du cellulaire de Patrick Lagacé.

Cet été, le policier avait lui-même fait l'objet d'une enquête criminelle en lien avec une traque aux fuites médiatiques. Aucune accusation n'a finalement été déposée contre lui.

C'est la juge de paix Josée de Carufel, de Montréal, qui a autorisé la majorité des mandats de surveillance. Les mandats ont été demandés et obtenus dans le cadre du «Projet Escouade» qui portait sur des allégations de fabrication de preuve par des enquêteurs spécialistes des gangs de rue et du trafic de drogue. Cinq policiers ont été arrêtés cet été à l'issue de l'enquête, et deux ont été accusés.

L'un des policiers visés dans Escouade était Fayçal Djelidi. En surveillant le cellulaire de ce dernier, la section des Enquêtes spéciales du SPVM a détecté des contacts entre le policier et Patrick Lagacé, ont expliqué les enquêteurs Iad Hanna et Normand Borduas, responsables du dossier. (La Presse)

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