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Une expertise d'ici pour créer une réserve de ciel étoilée en Italie

La réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic... (Archives, La Tribune)

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La réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) pourrait inspirer la création d'une nouvelle réserve à Asiago, en Italie.

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(Sherbrooke) L'Estrie compte la première réserve de ciel étoilé certifiée par l'International Dark Sky Association (IDA). Depuis, le nombre de réserves s'est multiplié sur la planète. Une nouvelle réserve de ciel étoilé pourrait voir le jour à Asiago, en Italie. Le professeur Martin Aubé du Cégep de Sherbrooke aidera ses collègues italiens à mettre en place les premiers jalons de cet espace de protection.

Martin Aubé a été invité à donner une conférence en septembre dans une université de Padoue. Il s'est également rendu dans le secteur d'Asiago, qui compte deux observatoires. Le chercheur y a fait de l'échantillonnage et a pris des mesures de pollution lumineuse.

« Toute la planète a le problème des DELS (diodes électroluminescentes). Dans le cas de Padova (Padoue), ils ont un observatoire pas très loin. C'est la région de l'Italie la plus polluée au chapitre de la lumière, mais c'est l'une des premières régions du monde à avoir été préoccupée par ça. Il y a des lois partout en Italie pour limiter la pollution lumineuse. Ils sont vraiment avancés là-dessus. Malgré cela, la quantité de lumière augmente tout le temps. Il y a de plus en plus de lampadaires installés et il y a de plus en plus de lumière blanche contenant du bleu. C'est un peu pour ça que j'y allais. Ils veulent voir comment protéger la région et créer une réserve de ciel étoilé à Asiago. »

La modélisation effectuée par M. Aubé, qui était accompagné d'étudiants, permettra notamment de déterminer quels moyens d'action peuvent améliorer la protection du ciel et le maintenir en bon état.

Le site de l'IDA dénombre environ 11 réserves sur la planète, notamment en Allemagne et en Angleterre. « En Amérique du Nord, on est toujours les seuls », commente Sébastien Giguère, l'un des responsables de la réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM).

Il précise toutefois qu'il existe d'autres catégories d'espaces protégés, comme les parcs nationaux. Plusieurs parcs nationaux américains ont obtenu un statut de zones protégées dans cette catégorie.

« C'est plus facile (pour un parc) de gérer cela. Une réserve, par définition, ça implique les communautés, les villes environnantes; il y a un maillage avec la communauté beaucoup plus large... »

M. Giguère explique également que l'IDA est la référence en matière de certification à l'échelle internationale, mais il existe aussi des territoires protégés au pays par la Société royale d'astronomie du Canada (SRAC), dont le champ d'action est au Canada.

Une norme inspirée des pratiques en Estrie

Il existe maintenant une norme nationale sur le contrôle de la pollution lumineuse, a annoncé cette semaine la Réserve de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM).

L'adoption, aux yeux de la RICEMM, par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) d'une norme québécoise sur le contrôle de la pollution lumineuse représente un pas important pour l'adoption de meilleures pratiques d'éclairage extérieur au Québec.

« C'est un repère collectif en termes de bonnes pratiques », commente Sébastien Giguère, un des responsables de la RICEMM. Ces normes n'ont pas force de loi, mais elles servent de référence, précise-t-il.

Des règlements encadrant l'éclairage à Sherbrooke, dans les MRC du Granit et du Haut-St-François ont inspiré l'élaboration de ces normes.

« Il y a eu certains assouplissements, mais c'est quand même très inspiré (de ce qui s'est fait dans la région). »

Cette nouvelle norme s'avère un outil important pour « informer et guider » les différents projets d'intervenants des projets d'éclairage quant aux meilleures pratiques à adopter.

La norme s'articule autour de quatre paramètres d'éclairage, comme la couleur, l'orientation, l'intensité et la période.

« Elle recommande l'adoption de couleurs chaudes et, à l'instar de l'Association Médicale Américaine (AMA), reconnait les impacts négatifs de la lumière bleue nocturne sur le ciel étoilé, les écosystèmes et le système circadien (horloge biologique) », indique la RICEMM.

La norme recommande l'installation de luminaires qui minimisent les pertes vers le ciel, produisent une quantité appropriée de lumière et ne génèrent pas d'éblouissement. « Elle favorise également l'extinction et la réduction des éclairages lors des périodes où ils ne répondent à aucun besoin. »

« Quand on parlait de pollution lumineuse il y a quinze ans, peu de gens savaient de quoi on parlait. Aujourd'hui, notre société a fait assez de chemin pour adopter une norme nationale, c'est encourageant. (...) Symboliquement, ça nous permet de mesurer le chemin parcouru en matière de lutte à la pollution lumineuse. »

Lorsque la mobilisation s'est enclenchée dans la région, on parlait de la sauvegarde du ciel étoilé et des activités de l'Observatoire du Mont-Mégantic, rappelle Sébastien Giguère. Depuis, plusieurs enjeux ont fait leur apparition, dont les impacts sur les écosystèmes, l'efficacité énergétique et la santé humaine. « Les gens comprennent qu'il n'y a pas juste le ciel étoilé qui est en jeu. »

La norme a été mise sur pied par un comité d'experts multisectoriels, dont des représentants du parc national du Mont-Mégantic et de la réserve de ciel étoilé.

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