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La réussite éducative nécessite des réinvestissements, clament les syndicats

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Benoit Houle, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie

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(Sherbrooke) La tournée de consultations publiques sur la réussite éducative annoncée par Québec le 16 septembre dernier, qui doit aboutir à la création d'une « politique de la réussite éducative » au printemps, s'est arrêtée vendredi à l'Hôtel Delta de Sherbrooke. Les syndicats du réseau de l'éducation et de la petite enfance de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ont profité de l'occasion pour proposer au ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, différentes pistes de solution qui, selon eux, favoriseraient la réussite.

Malgré le réinvestissement en éducation qui a été annoncé récemment, les syndicats du réseau de l'éducation et de la petite enfance assurent que le manque de ressources est toujours aussi criant au sein de nos écoles.

« Un réinvestissement, c'est bien, on s'entend qu'on ne crachera pas là-dessus. Mais juste l'année passée, on avait coupé environ 130 millions, l'autre année d'avant, environ 200 millions. Donc qu'on ait réinvesti 28 millions cette année et que l'on prévoit un autre 35 millions, oui, c'est bénéfique, mais selon les besoins actuels en éducation, on n'a pas encore eu un juste retour du balancier », affirme Benoit Houle, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie.

Lorsqu'il s'est adressé au ministre Proulx, M. Houle a notamment évoqué la composition « problématique » des classes dans la région de Sherbrooke, qui, indique-t-il, ne favorise pas la mixité sociale.

« Avec le financement actuel du privé, on a 35 % des élèves dans les écoles privées au secondaire et le même pourcentage dans des projets particuliers, et c'est toujours nos élèves les plus favorisés qui se retrouvent dans ces milieux-là », constate celui qui est aussi enseignant de mathématiques. « Comme solutions à ce problème de ségrégation scolaire, on propose de réduire graduellement le financement des écoles privées et de modifier les critères et les coûts d'inscription des projets particuliers afin de permettre un accès à tous les élèves. »

Petite enfance et personnel de soutien

Lorsqu'on discute de « réussite éducative », il ne faut pas seulement s'attarder aux établissements primaires et secondaires ainsi qu'à leurs élèves et enseignants, ont fait valoir les présidents des différents syndicats présents vendredi. Il faut également considérer l'éducation aux adultes, la formation professionnelle, le personnel administratif et de soutien et les centres de la petite enfance.

« L'éducation, ça commence à la petite enfance, donc dès l'entrée à la garderie », soutient Marlène Carbonneau, présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial de l'Estrie.

« Le taux de plaintes démontre hors de tout doute que nos services de garde [publics] sont les meilleurs, dit-elle. Malheureusement, le gouvernement pousse les enfants vers le privé en imposant la modulation des frais de garde. S'il est sérieux dans son intention de bonifier la réussite éducative, il reviendra vers des tarifs réduits universels et remettra les services de garde publics au coeur de ses décisions ».

De son côté, la présidente du Syndicat du personnel technique et administratif de la CSRS, Renée Bibeau, a notamment exhorté le ministre de l'Éducation à augmenter le nombre de techniciens en loisir dans les écoles afin d'enrayer la surcharge de travail des enseignants, qui doivent souvent s'occuper de l'organisation d'activités comme les bals de finissants. Elle l'a aussi encouragé à être plus inclusif dans son discours sur l'éducation en nommant le personnel de soutien, puisque celui-ci est « aussi investi dans la réussite de nos élèves que les enseignants ».

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx... (Spectre Média, André Vuillemin) - image 2.0

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Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

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Pas de réduction du financement de l'école privée, dit le ministre

Au terme de la consultation publique sur la réussite éducative qui s'est tenue à Sherbrooke vendredi, à laquelle une centaine de citoyens et citoyennes ont participé, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a indiqué entendre les inquiétudes du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie au sujet du déséquilibre qui semble exister entre les écoles publiques et privées de la région. Il ne considère toutefois pas de revoir le financement des établissements privés à la baisse, comme le suggérait le Syndicat.

« Ma préoccupation demeure qu'il n'y ait pas d'iniquités à l'intérieur de l'école publique, et là, j'entends qu'il y a une démarche de plus en plus importante des écoles de se doter de projets particuliers, ce qui semble, dans certains cas, exclure des élèves », a-t-il noté lors du point de presse suivant la consultation.

« C'est l'une des raisons pour lesquelles on fait une consultation comme celle-là : si on n'entend pas ça dans les différentes régions, [...] ce n'est pas porté à l'attention du ministre ni du ministère. Alors dans ce contexte-là, je pense qu'il faut prendre les éléments que nous avons reçus aujourd'hui et faire notre réflexion à l'égard de l'ensemble de la consultation. »

« Je n'envisage pas de mettre un terme à l'équilibre qui existe, c'est-à-dire la liberté de choix pour les parents », a-t-il ajouté.

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