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Interconnexion Québec New-Hampshire: une «opportunité», mais à quel prix?

Marie-Thérèse Rodrigue, une résidente de Cookshire-Eaton, déplore les... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Marie-Thérèse Rodrigue, une résidente de Cookshire-Eaton, déplore les nombreux impacts environnementaux du projet de ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec. Elle craint notamment que ses voisins et elle ne soient envahis par le nerprun bourdaine, une plante qui se multiplie déjà à une vitesse affolante autour de sa demeure.

Spectre Média, Julien Chamberland

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(Sherbrookoe) Une trentaine de personnes se sont présentées mercredi soir à la deuxième séance de la Commission d'enquête du Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) concernant le projet de ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec, communément appelé Northern Pass.

Alors que la première partie de l'audience publique, qui avait lieu le 28 et 29 septembre dernier, était davantage informative, cette seconde séance avait plutôt pour objectif de « permettre aux citoyens d'exprimer leur opinion, d'émettre des commentaires, de faire des suggestions ou de proposer des modifications au projet », a rappelé la présidente de la Commission, Marie-Hélène Gauthier, qui était accompagnée de la commissaire Ursula Fleury-Larouche.

Rappelons que le projet Northern Pass consiste en la construction d'une ligne de haute tension, d'une longueur de 79,2 km, entre le poste des Cantons, situé dans la MRC de Val Saint-François en Estrie, et la frontière Québec-New Hampshire. La mise en service de cette ligne destinée à l'exportation d'électricité vers les États-Unis est prévue pour 2019.

Lors de la soirée de mercredi, neuf citoyens ou regroupements ont présenté un mémoire, et huit autres feront de même jeudi après-midi. Alors que certains d'entre eux ont appuyé d'emblée le projet en le qualifiant d'« opportunité économique importante » pour le Québec, d'autres s'y sont plutôt farouchement opposés en évoquant une fois de plus ses impacts sociaux et environnementaux.

Espèces envahissantes

C'est le cas de Marie-Thérèse Rodrigue, une résidente de Cookshire-Eaton qui avait déjà exprimé ses inquiétudes lors de la première partie de l'audience, mais qui est revenue à la charge en présentant son mémoire.

Mme Rodrigue craint notamment que la nouvelle ligne d'Hydro, qui passerait sur terrain, n'aggrave son problème de plante envahissante.

« Si, malheureusement, [la ligne d'interconnexion] se construit, il faut absolument exiger qu'elle se fasse du côté ouest, après Ascot Corner, [plutôt que du côté est], pour protéger des milliers d'acres de forêt d'un envahissement accéléré par le nerprun bourdaine (NDLR : une plante envahissante) », a-t-elle déclaré.

« J'ai suivi avec attention les séances d'information d'Hydro (...), et j'en suis venue à la conclusion que cette société d'État n'a aucune conscience sociale ou environnementale à long terme, a-t-elle ajouté. Les gens qui prennent des décisions ont une vision à court ou à moyen terme, mais se fichent complètement des coûts et des conséquences de leurs décisions sur les générations futures. »

Geneviève Pomerleau et Jacinthe Caron, du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, ainsi que Dany Senay et François Bouchy-Picon, de Forêt Hereford, ont joint leur voix à celle de Mme Rodrigue en demandant également au BAPE de rejeter le tracé proposé par Hydro-Québec en raison de ses impacts environnementaux trop importants (voir autre texte).

Retombées économiques

Stéphane Forget et David Laureti, de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), et Éric Tétrault, de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, ont quant à eux vanté les nombreuses retombées économiques du projet Northern Pass pour la province.

« Il est clair que les exportations d'électricité sont très profitables pour le Québec, et c'est pourquoi nous encourageons cette avenue, a indiqué Stéphane Forget, pdg de la FCCQ. Nous sommes d'avis que le Québec doit développer un portefeuille énergétique pluriel, et continuer de développer un réseau d'infrastructures énergétiques fiables afin de créer de la richesse et d'accroître notre sécurité énergétique. Le projet d'interconnexion entre le Québec et le New Hampshire s'inscrit dans cette vision. »

À la suite de cette deuxième partie de l'audience publique, la Commission poursuivra son enquête et remettra ses conclusions au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dans un rapport soumis au plus tard le 25 janvier 2017. Le ministre disposera ensuite de 60 jours pour le rendre public, et devra déposer son rapport final le 26 mars 2017.

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