«Le défricheur de l'histoire de Sherbrooke» n'est plus

Jean-Pierre Kesteman... (La Tribune archives, Maxime Picard)

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Jean-Pierre Kesteman

La Tribune archives, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Sherbrooke a perdu l'un de ses plus grands narrateurs mardi matin alors que l'historien et professeur émérite du département d'histoire de l'Université de Sherbrooke Jean-Pierre Kesteman a succombé à un cancer, à l'âge de 77 ans.

Selon l'ancien président de la Société d'histoire de Sherbrooke, Jean Therriault, qui a également été l'étudiant de M. Kesteman dans les années 1970, on se souviendra littéralement de ce dernier comme étant « le défricheur » de Sherbrooke en raison de l'ampleur de ses ouvrages.

« Il avait une éthique de travail extrêmement rigoureuse et il fallait aller aux sources avec lui, pour ne pas inventer l'histoire, mais la trouver. C'était un défricheur, le défricheur de l'histoire de Sherbrooke. Il n'y a pas une pierre qu'il n'a pas retournée pour nous raconter l'histoire de la ville. Il était un historien remarquable », mentionne

M. Therriault.

Spécialiste de l'Antiquité initialement, le Belge d'origine arrivé dans les années 1960 voulait s'informer à propos de sa terre d'accueil à la bibliothèque et ne trouva rien. Il entreprit donc de relater lui-même l'histoire de la ville-reine de Cantons-de-l'Est, que l'on peut retrouver dans l'Histoire de Sherbrooke en quatre tomes, en plus de nombreux autres écrits sur la région.

« C'est un étranger qui est venu ici nous raconter notre ville et notre région comme personne d'autre ne pouvait le faire. »

Au dire de Jean Therriault, Jean-Pierre Kesteman était un vulgarisateur hors pair dont la passion était contagieuse.

« C'était un excellent conférencier, très clair, très intéressant, qui nous donnait tous l'impression d'être plus intelligents, peu importe l'époque dont il parlait. »

Selon lui, certaines similitudes entre le pays d'origine du défunt et la région ont contribué à sa fascination pour l'histoire des Cantons-de-l'Est.

« Il vient de Belgique, un pays frontalier avec un pays germanique, et très vite, il s'est aperçu de la frontière qui existait ici entre les francophones et les anglophones. Il s'est senti à l'aise là-dedans, c'était un homme-frontière. »

Il appartiendra maintenant à d'autres historiens de poursuivre le travail entrepris par Jean-Pierre Kesteman, estime Jean Therriault.

« Sa perte est douloureuse, mais en même temps, il nous laisse un leg remarquable. L'essentiel est là. Il nous laisse en héritage des ouvrages denses, fouillés et bien documentés. Il a tellement fait pour notre histoire municipale, ça appartient à d'autres de continuer. »

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