Manif contre la culture du viol: «La honte doit changer de camp»

Plus de 200 Sherbrookois et Sherbrookoises ont répondu... (Spectre Média, René Marquis)

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Plus de 200 Sherbrookois et Sherbrookoises ont répondu à l'appel du collectif Hamamélis, qui organisait mercredi soir une manifestation contre la culture du viol et le patriarcat. Des rassemblements sur le même thème avaient lieu simultanément à Montréal, Québec, Saguenay et Gatineau.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) « Une femme sur trois a été victime d'au moins une agression sexuelle depuis l'âge de 16 ans. (...) Plus de 75 pour cent des jeunes filles autochtones âgées de moins de 18 ans ont été victimes d'agression sexuelle. (...) Quatre femmes sur cinq qui vivent avec une déficience intellectuelle connaîtront une situation de violence ou d'abus sexuel au cours de leur vie. »

Voici quelques-unes des nombreuses statistiques, plus aberrantes et effrayantes les unes que les autres, qu'a débitées Amira Bensahli, une étudiante de l'Université Bishop's, avant d'entamer la manifestation contre la culture du viol et le patriarcat qui se tenait mercredi soir à Sherbrooke.

Plus de 200 personnes ont défilé du marché de la Gare jusqu'à l'hôtel de ville, s'arrêtant au palais de justice pour une prise de parole, dans le cadre de cette marche organisée dans la foulée de l'affaire Sklavounos et de la vague d'agressions à l'Université Laval.

« Contre la culture du viol : la honte doit changer de camp! », pouvait-on lire sur la banderole tenue par les meneurs du groupe, qui encourageaient les participants à scander haut et fort des phrases comme « les femmes unies jamais ne seront vaincues » ou « faut briser le silence, aujourd'hui on avance ».

Droit de manifester et culture du viol

Dans son discours d'ouverture, Mme Bensahli a d'abord fait l'éloge du droit de manifester, s'en prenant au règlement 5.1.69 de la Ville de Sherbrooke, qui interdit de participer à une manifestation entravant la circulation sans en avoir obtenu l'autorisation.

« Pour faire la manifestation aujourd'hui, nous avons dû donner notre itinéraire aux autorités (...), a-t-elle indiqué. La répression envers les actes politiques se fait sentir au Québec de plus en plus : on doit demander l'autorisation de s'indigner, de se révolter et de dire ce que l'on pense vraiment. (...) Le règlement 5.1.69 de Sherbrooke (...) devrait être aboli car inconstitutionnel et veut détruire un droit démocratique de manifester. »

L'organisatrice du rassemblement est ensuite entrée dans le vif du sujet, mettant de l'avant certaines façons dont s'exprime la culture du viol au Québec selon elle.

« Du point de vue sociologique, on peut dire que [la culture] est quelque chose qui est commun dans une société, qui la soude, a-t-elle mentionné. C'est pourquoi on parle de "culture du viol" dans une société où les violences sexuelles sont perpétrées, banalisées, et même approuvées. »

« Cette culture est tellement ancrée que les personnes ressources en position d'autorité vont commencer par demander : "comment étais-tu habillée?", "pourquoi étais-tu dehors aussi tard?", "est-ce que tu avais bu?". Sauf que même si les réponses à ces questions étaient : "j'étais en minijupe, j'étais partie faire le party pis j'étais saoule", ça n'excuse pas le viol. »

Personnes trans et racisées

Fabie Forest, une personne trans, et Chiakoun Yapi, une femme racisée, ont également pris la parole pour rappeler que « la culture du viol doit être attaquée en prenant en considération le caractère hétérogène de notre société ».

« Ma lutte, en tant que femme noire, n'aura rien à voir avec celle d'une femme blanche, ni même avec celle de ma petite soeur, qui vit avec une déficience intellectuelle, a déclaré Mme Yapi. C'est justement en acceptant cette pluralité des identités et en cherchant à comprendre les différents niveaux de discrimination auxquels nous faisons face (...) que nous pourrons vraiment, réellement, aspirer à un combat plus universel. »

Des manifestations sur le même thème avaient lieu simultanément à Montréal, Québec, Saguenay et Gatineau.

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