410 millions $ pour l'éducation et la santé

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Avec des surplus qui dépassent ses prévisions, le ministre des Finances Carlos Leitao a annoncé mardi l'injection immédiate de l'équivalent de 410 millions $ annuellement dans les réseaux de la santé et de l'éducation.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement n'a pas la marge de manoeuvre nécessaire pour accorder des baisses d'impôts plus généreuses, a déclaré mardi le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Avec des surplus qui dépassent ses prévisions, M. Leitao a affirmé qu'il rétablira le niveau de dépenses dans les services publics, avant de réaliser sa promesse de consacrer la moitié de ses surplus à des baisses d'impôts et l'équivalent pour réduire la dette.

Dans une conférence de presse où il a présenté sa traditionnelle mise à jour économique, M. Leitao a annoncé l'injection immédiate de l'équivalent de 410 millions $ annuellement dans les réseaux de la santé et de l'éducation.

Les contribuables seront également soulagés plus rapidement que prévu de la taxe santé, qui sera abolie dès janvier 2017 plutôt que la promesse initiale de 2019, un engagement que le gouvernement avait déjà ramené à 2018 en mars dernier.

Cette première mise à jour économique de M. Leitao depuis le retour avec l'équilibre budgétaire cette année prévoit également l'ajout de 400 millions $ au plan québécois des infrastructures, dès l'exercice 2017-2018.

Le développement économique régional sera aussi bonifié dès cette année grâce à une hausse de 100 millions $ des budgets qui y sont consacrés. Une hausse équivalente de 100 millions $ est prévue l'an prochain.

Excédent de 2,2 milliards $

Alors que les données disponibles l'été dernier laissaient entrevoir un surplus de 1,8 milliard $ pour l'exercice 2015-2016, le gouvernement a annoncé mardi que cet exercice se terminera avec un excédent de 2,2 milliards $.

Aux journalistes, M. Leitao a expliqué que les libéraux ne dérogent pas à leur promesse électorale même si les sommes consacrées à la réduction de la dette sont plus importantes que celles destinées à des baisses d'impôts.

« Encore une fois, je reviens sur ce qu'on avait dit, en campagne électorale, c'était d'abord de rétablir l'équilibre budgétaire, d'obtenir des finances publiques plus solides, de rétablir (la croissance des) dépenses en éducation et en santé à 3,5 pour cent et à 4 pour cent, a-t-il dit. Et ces surplus, il y en aura à ce moment-là, alors on va les répartir 50-50 entre la dette et la réduction d'impôt additionnelle. »

En éducation, le taux de croissance des dépenses est actuellement à 3,5 pour cent d'augmentation, alors qu'il est à 3 pour cent en santé, a indiqué le ministre.

Au total, le gouvernement prévoit consacrer 2 milliards $ au Fonds des générations pour la réduction de la dette, durant l'exercice en cours, tandis que le total des réductions d'impôts s'élève à 393,7 millions $, dont 53 millions $ pour l'abolition plus rapide que prévu de la taxe santé.

D'ici la fin du mandat, M. Leitao prévoit l'ajout de 1,8 milliard $ dans les poches des contribuables grâce à l'abolition de la taxe santé, à l'instauration d'un bouclier fiscal pour les moins nantis, à des crédits d'impôts pour les travailleurs d'expérience et à des bonifications des primes au travail.

Durant la même période, soit les années financières 2017-2018 et 2018-2019, 5,3 milliards $ seront versés au Fonds des générations.

M. Leitao a expliqué que, même si l'équilibre budgétaire est « solide » et « durable », des baisses d'impôts trop généreuses auraient un impact négatif sur les revenus de l'État.

Les réinvestissements en santé et en éducation seront disponibles immédiatement, ce qui se traduira d'ici au 31 mars prochain par l'injection de 100 millions $ en santé et 35 millions $ pour l'éducation.

Opposition

Le chef caquiste François Legault a accusé les libéraux de briser une promesse électorale en consacrant plus d'argent au remboursement de la dette qu'aux baisses d'impôt.

« Ce n'est pas normal qu'il mette 2 milliards $ dans le remboursement de la dette, a-t-il dit. Moi, ce que je soupçonne, c'est que d'ici 2018 il va utiliser ces versements-là pour réduire les impôts des Québécois, mais c'est maintenant que les Québécois en ont besoin, c'est maintenant que l'économie en a besoin. »

Le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, a affirmé que le surplus de 2,2 milliards $ a été constitué grâce aux compressions dans les dépenses de l'État.

« Il n'est pas le résultat d'une économie florissante, loin de là, a-t-il dit. Ça a été réalisé sur le dos des plus vulnérables, je le disais, sur le dos des aînés, sur le dos des enfants. Ça a été réalisé aussi par une hausse du fardeau fiscal, annoncée depuis deux ans et demi. »

Applaudissents et scepticisme

La mise à jour économique du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, a été applaudie par le milieu des affaires, mais elle a été accueillie avec scepticisme par les organisations syndicales et communautaires.

« Ce surplus profitera d'abord et avant tout à tous les Québécois d'aujourd'hui et de demain, car il permettra de dégager de la flexibilité au bénéfice de notre prospérité future et d'éviter de refiler aux plus jeunes le coût des services que nous utilisons aujourd'hui. Le redressement des finances publiques permet au gouvernement de donner un peu d'oxygène à des secteurs névralgiques pour le bien-être de notre avenir collectif, tout en préservant la compétitivité de notre système fiscal. »

- Conseil du Patronat du Québec

« Il faut reconnaître que la rigueur des dernières années a permis de redresser les finances publiques et de retrouver une marge de manoeuvre. Nous constatons aujourd'hui que de « vivre selon nos moyens » a porté fruit. Pour la FCCQ, les annonces d'aujourd'hui ne doivent pas constituer la fin d'un exercice, mais le début d'une nouvelle façon d'entrevoir la gestion des finances publiques. Elle encourage le gouvernement à poursuivre avec détermination la révision des mesures budgétaires et fiscales qui ne répondent plus à des critères d'efficience. »

- Fédération des chambres de commerce du Québec

« Québec doit mettre fin à son obsession idéologique en ce qui a trait aux baisses d'impôts et au transfert au Fonds des générations. Nous devons espérer que ce réalignement du gouvernement marque la fin du régime d'austérité imposé par les libéraux à la population du Québec. Un sérieux coup de barre doit être donné. Il faut réparer les dégâts causés par les mesures d'austérité des deux dernières années. Il est temps d'investir dans les infrastructures, en éducation et en santé pour le plus grand bien de la population. »

- Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

« La hauteur du réinvestissement annoncé aujourd'hui est tout à fait insuffisante. En santé par exemple, le gouvernement est fier d'annoncer un réinvestissement récurrent de 300 millions $. Pourtant, le maintien du panier de services dans le réseau aurait nécessité, pour cette année seulement, une hausse du budget de la santé et des services sociaux de 1,3 milliard $, soit une croissance de 3,9 pour cent. On est encore bien loin du compte. »

- Centrale des syndicats du Québec

« Le gouvernement Couillard a trompé la population du Québec en imposant des mesures d'austérité alors qu'il engrangeait des surplus budgétaires. La démonstration est maintenant faite que son objectif n'était absolument pas d'atteindre l'équilibre budgétaire, mais de revoir fondamentalement le rôle de l'État québécois, comme nous l'avons dénoncé à de multiples reprises. »

- Confédération des syndicats nationaux

« Pour l'UMQ, l'injection de 100 millions $ annuellement en 2016-2017 et 2017-2018 pour soutenir le développement économique régional est une excellente nouvelle. Avec la mondialisation de l'économie, les municipalités sont dorénavant dans un contexte de concurrence bien différent. En effet, l'ouverture des frontières réduit l'influence des États. Nous devons avoir tous les leviers nécessaires pour créer de la richesse de façon durable. »

- Union des municipalités du Québec

« Après avoir coupé plus d'un milliard de dollars ces dernières années, le gouvernement libéral essaie maintenant d'éteindre des feux qu'il a lui-même allumés. (...) Malgré le réinvestissement insuffisant annoncé aujourd'hui, des postes continueront d'être abolis, les réformes chaotiques du ministre se poursuivront et il continuera à fusionner des services en les éloignant des patients. Le gouvernement doit faire un plus gros effort, pour le bien des patients et des professionnelles en soins. »

- Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

« Les parents du Québec subissent les compressions et la diminution de services depuis des années. Nous sommes satisfaits des millions annoncés aujourd'hui. (...) Un point est cependant primordial : les milieux doivent pouvoir utiliser l'argent qui leur sera dévolu selon leur volonté, et ce, sans ponction de la commission scolaire. »

- Fédération des comités de parents du Québec

« L'Association de la construction du Québec (ACQ) se réjouit de la bonification de 400 millions $ d'investissement au Plan québécois des infrastructures. De manière générale, les investissements publics dans les infrastructures permettent non seulement de créer des emplois, mais contribuent aussi à mettre en place un climat propice aux investissements privés. Cette mise à jour économique est une excellente nouvelle, non seulement pour notre industrie, mais pour toute l'économie québécoise ».

- Association de la construction du Québec

 

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