«On n'attend pas que les couches débordent»

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(Sherbrooke) Ce n'est pas vrai que les couches sont changées après chaque utilisation, mais ce n'est pas vrai non plus qu'on attend qu'elles débordent. »

Éric Bergeron, conseiller au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), apporte des nuances et des éclaircissements aux déclarations d'une préposée aux bénéficiaires de Sherbrooke concernant l'utilisation des culottes d'incontinence dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée de la région.

Rappelons que Catherine Desilets-Dupuis s'insurge contre les directives qu'elle aurait reçues lors d'une formation. Selon elle, on lui a demandé d'attendre que les culottes d'incontinence des bénéficiaires soient pleines pour les changer.

« Nos membres sont assez consciencieux pour nous le dire tout de suite si jamais on leur demandait de moins bien prendre soin des bénéficiaires. Nous le saurions », assure M. Bergeron, conseiller syndical représentant environ 1000 membres dans les Cantons-de-l'Est. « Aussi, les familles se plaindraient. »

« Il y a peut-être eu un malentendu ou une mauvaise interprétation de la part de la jeune préposée. »

Dans le cas des selles, les couches sont changées le plus tôt possible, assure M. Bergeron. Cela dans le but d'éviter une complication liée aux infections. « La personne peut le demander si elle le peut ou c'est changé lors d'une tournée des bénéficiaires aux deux heures environ », dit-il.

« Dans le cas des urines, ce n'est pas automatique pour chaque utilisation. On manquerait de personnel. »

Selon M. Bergeron, le fabriquant des culottes d'incontinence recommande un changement à environ 70 pour cent de la capacité pour le liquide.

« On nous dit que les couches sont ultra absorbantes », ajoute le syndicaliste.

L'affaire des couches pour personnes âgées a fait grand bruit au Québec mardi. Éric Bergeron fait remarquer que ce n'est pas la première fois que la question des changements des culottes d'incontinence refait surface dans l'actualité québécoise.

La nuit

Pour sa part, le Syndicat des travailleurs et travailleuses du CHUS soutient que le manque de personnel peut provoquer des retards dans le changement des couches des patients. « Surtout la nuit », fait remarquer Marc-Antoine Fontaine, secrétaire de l'exécutif syndical.

« Par exemple, la nuit, sur les étages, il peut y avoir une préposée pour 28 patients. Il se peut que des patients attendent quelques heures dans de se faire changer. »

Via sa page Facebook, le Syndicat demande à ses membres de signaler les situations comme celles dénoncées par Mme Desilets-Dupuis. « Nous allons attendre les réactions de nos membres », note M. Fontaine, lui-même un préposé aux patients.

Un préposé aux bénéficiaires a contacté La Tribune mardi après-midi pour contredire les affirmations véhiculées par Catherine Desilets-Dupuis. « Il n'y a pas de consigne des patrons comme ça ni de quota », plaide-t-il sous le couvert de l'anonymat.

« Ce qui est plate, c'est que des proches des patients ont commencé à s'en prendre à nous les préposés parce qu'ils pensent qu'on ne les change pas. Le climat de travail est malsain. On joue avec notre réputation. C'est grave. Surtout quand tu fais bien ta job. »

Selon lui, les changements de couche se font selon une certaine logique, selon les conditions des patients. « Par exemple, il y a des patients qui urinent plus souvent que d'autres. Ils vont être changés plus souvent, dit-il.

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