CPE: les parents peuvent désormais magasiner

Les CPE de la région ne comblent plus... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Les CPE de la région ne comblent plus les places aussi facilement, selon différentes intervenantes de ce milieu.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Alors qu'il n'y a pas si longtemps, les futurs parents devaient inscrire leurs enfants en CPE lorsque la mère était enceinte, la donne est en train de changer dans les centres de la petite enfance. Les CPE de la région ne comblent plus les places aussi facilement, constate-t-on dans le milieu.

Présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de l'Estrie (STTCPECE-CSN), Stéphanie Vachon indique que dans 16 des 36 CPE représentés par le syndicat, on retrouve 10 places à temps plein disponibles, et le même nombre à temps partiel. Il s'agit de données préliminaires, puisqu'elle n'avait pas encore en mains toutes les données pour l'ensemble des CPE au moment de l'entrevue.

Il n'y a pas si longtemps encore, on n'avait jamais vu cela. « Il y a cinq ans, quand les CPE géraient eux-mêmes leurs listes d'attente, il y avait de grosses listes d'attente », souligne-t-elle.

Avec l'offre en CPE et dans les services de garde privés, les parents peuvent maintenant magasiner leur place, ce qui aurait été impensable il n'y a pas si longtemps.

Directrice générale du CPE L'Ensoleillé, Danielle Lavallée abonde dans le même sens que Stéphanie Vachon.

« Avant, on faisait un appel et le parent acceptait. Maintenant, on peut faire cinq ou six appels... Les parents ont beaucoup plus de choix qu'ils en avaient. »

Différents facteurs pourraient expliquer ce renversement de situation, le premier étant la modulation des tarifs mise en place par le gouvernement Couillard.

« Un parent ayant un salaire moyen, peut-être que ça va lui coûter moins cher en garderie privée (...) J'ai des parents qui ont trois enfants, dont la mère travaille au salaire minimum; ils ont retiré les enfants », dit-elle en indiquant que la mère s'est mise à « travailler pour rien » compte tenu des changements apportés à la tarification. « Quand on dit que ça n'a pas d'impact sur le travail des femmes... » avance Mme Lavallée.

L'implantation de la maternelle quatre ans pourrait également influencer les places disponibles en CPE. La démographie a-t-elle aussi un rôle à jouer? « Probablement », avance Mme Lavallée.

La question peut être soulevée lorsqu'on sait que l'indice de fécondité (le nombre d'enfants par femme) a légèrement diminué dans la région estrienne depuis 2011, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Mme Lavallée indique que pour les pouponnières, il est encore facile de recruter les poupons. « Le groupe où c'est le plus difficile, ce sont avec les enfants de quatre ans. La maternelle quatre ans, ça a un impact sur nous », estime Mme Lavallée.

L'Ensoleillé compte 76 places et aura bientôt une deuxième installation de 50 places. « J'attends que l'entrepreneur me remette les clés. D'ici un mois, on devrait être ouvert. On est à combler les dernières places », souligne-t-elle en ajoutant que le bouche-à-oreille y fait pour beaucoup.

L'Alliance des intervenantes en milieu familial de l'Estrie (ADIM-Estrie) a dénoncé à plusieurs reprises la modulation des tarifs en arguant qu'un nombre important de parents se tournent vers le privé, laissant ainsi un nombre important de places inoccupées sur le territoire.

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